Le député Benjamin Lucas veut mettre les patrons au garde-à-vous devant les députés
Lorsque vous n’avez pas terminé vos études, que vous n’avez aucune expérience du monde de l’entreprise, que vous êtes encarté depuis votre plus jeune âge, que vous devenez rapidement un homme politique professionnel, que vous êtes élu député à seulement 31 ans, quelle est votre activité favorite ? Donner des leçons aux entrepreneurs.
En effet, c’est un entretien lunaire que Benjamin Lucas a donné à L’Humanité. Ancien président du Mouvement des jeunes socialistes, proche de Benoît Hamon, député Génération·s issu d’une scission avec le Parti socialiste (un parti trop modéré pour lui sans doute), membre du Groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Benjamin Lucas a été désigné le 5 mars dernier rapporteur de la commission d’enquête sur les défaillances des pouvoirs publics face à la multiplication des plans de licenciements. Un objet qui dit bien où les députés concernés veulent en venir…
Dans son entretien, notre député vert-rouge veut :
- rendre plus difficiles les licenciements pour motif économique ;
- créer une haute autorité de contrôle des aides publiques ;
- mettre en place une commission permanente sur les aides publiques aux entreprises ;
- et permettre les nationalisations temporaires dans des secteurs stratégiques.
Autrement dit, il ne supporte pas que des entreprises puissent toucher des aides de l’État sans contrepartie, mais il ne dit mot du tombereau de charges, d’impôts et de taxes qui pèse sur elles. Et pour résoudre les problèmes qu’il pose, il entend accroître le capitalisme de connivence par le truchement de l’interventionnisme !
Il faut surtout relever les perles qu’enfile Benjamin Lucas, dont on se demande s’il fait preuve de démagogie, d’une ignorance crasse du monde de l’entreprise ou des deux :
- Les syndicalistes? Ils ont un « grand courage », et « une très grande expertise de la situation et de l’économie en général » ;
- La gauche ? Son rôle « est d’encadrer et d’affronter le capitalisme français quand c’est nécessaire. Sinon à quoi sert la gauche ? » ;
- Les patrons ? « Des gens qui font preuve de nonchalance ». « Je distingue les grands capitalistes, actionnaires, des vrais (sic) chefs d’entreprise qui se battent au côté des salariés ».
Dans le prolongement de ce dernier point, nous ne saurions conclure sans citer (sans avoir besoin de les commenter) ces deux phrases condescendantes de notre étatiste distingué : « Quand vous êtes patron, il est normal de venir de temps en temps devant le Parlement » ; « Les directions d’entreprise doivent apprendre à être redevables devant la puissance publique et les Français ».
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