Budget 2026 : le FMI demande à la France de baisser ses dépenses dans « l’administration » et la « sécurité sociale »
Le dernier rapport du FMI montre la trajectoire budgétaire pour 2026. Pour tenter d’enrayer la dérive, l’exécutif promet plus de 40 milliards d’euros d’ajustement, afin de réduire le déficit et ralentir l’envolée de la dette publique.
Ce plan vise à ramener le déficit à 4,6 % du PIB en 2026, après un record de 5,8 % en 2024, très au-dessus des 4,4 % initialement prévus. Les dépassements au niveau des collectivités locales (0,3 % du PIB) et de la Sécurité sociale (0,5 % du PIB) font partie, selon ce rapport du FMI, des causes du problème. À cela s’ajoute une charge de la dette toujours plus lourde. Sans les économies d’urgence décidées en février et avril 2025, pour près de 0,5 % du PIB, le déficit aurait même été plus élevé.
Le FMI recommande un ajustement structurel « important » de 1,1 % du PIB en 2026. L’objectif : contenir la dette publique, qui s’établissait déjà à 113,1 % du PIB en 2024 et pourrait dépasser les 120 % d’ici la fin de la décennie (119,1 % attendus en 2026, puis 121,5 % en 2027).
Le FMI alerte aussi sur un modèle fondé sur une dépense publique structurellement élevée (57,2 % du PIB en 2024), financée par des recettes fiscales déjà parmi les plus fortes d’Europe (51,4 % du PIB). Malgré ce niveau record que l’on connaît tous, l’efficacité reste faible : la productivité du travail n’a progressé que de 0,2 % sur deux ans, accusant un retard par rapport à l’évolution observée dans les pays comparables, toujours selon ce rapport.
À cela s’ajoute un marché du travail qui pourrait s’essouffler : après 7,4 % en 2024, le chômage devrait remonter à 7,7 % en 2025, tandis que le taux d’emploi reculerait de -0,3 %. Côté croissance, les prévisions restent timides : 0,6 % en 2025 et 1 % en 2026, ainsi qu’une inflation d’1,1 % en 2025 puis 1,5 % en 2026.
Le constat du FMI est clair : il faut prioriser la réduction des dépenses, notamment au sein de l’administration et de la Sécurité sociale, plutôt que de relever encore la fiscalité. Le budget 2026 acte donc un freinage, mais sans réformes courageuses, la France risque de continuer sa fuite en avant vers une dette hors de contrôle. Alors que certaines pistes commencent à émerger, les propositions révélées par M Bayrou mardi 15 juillet sont loin du compte.
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