TikTok lance un système collaboratif pour lutter contre la désinformation aux Etats-Unis
Le réseau social TikTok a lancé ce mercredi 30 juillet un système collaboratif de lutte contre la désinformation pour ses utilisateurs américains. Il permettra à ces derniers de partager leurs doutes sur la véracité des contenus, en contextualisant des vidéos partagées sur l’application grâce à des "Footnotes" - des notes ajoutées directement par les utilisateurs. Ce modèle se base sur un système déjà utilisé entre autres par le groupe Meta et par X.
"Footnotes s’appuie sur les connaissances collectives de la communauté TikTok, permettant aux utilisateurs d’ajouter des informations pertinentes au contenu de notre plateforme", a déclaré Adam Presser, le patron de la sécurité du réseau social.
Un groupe restreint de contributeurs
La possibilité d’ajouter du contexte et des informations de fond aux courtes vidéos, ainsi que des liens vers les sources de ces informations, sera réservée à un groupe sélectionné d’utilisateurs, précise le New York Times. Ainsi, pour pouvoir publier ces notes, les utilisateurs doivent avoir un compte certifié et actif depuis au moins six mois et être basés aux Etats-Unis.
Parmi les 170 millions de comptes répertoriés dans le pays, selon la plateforme, seuls près de 80 000 utilisateurs ont finalement été retenus pour publier ces notes. Ces derniers pourront aussi en évaluer l’utilité, de sorte que celles ayant les meilleures évaluations seront affichées en bas de l’écran de tous les utilisateurs américains.
Contrairement à Meta et X, TikTok a affirmé que le lancement des "Footnotes" n’implique pas la fin de ses programmes de vérification des faits. Cela "ne remplace pas la modération de contenu. Au contraire, cela ajoute du contexte au contenu sur TikTok", a déclaré une porte-parole de l’entreprise par courriel au New York Times.
Méthode critiquée par les professionnels
Bien que l’application estime que la fonctionnalité renforcera la lutte contre la désinformation, sur le modèle du réseau social X, nombre de chercheurs s’interrogent sur son efficacité réelle face au flot de fausses informations sur Internet. Une étude a récemment révélé que plus de 90 % des notes contextuelles écrites sur X n’ont jamais été publiées, limitant donc leur impact sur les utilisateurs.
Meta a aussi supprimé en avril son programme de fact-checking aux Etats-Unis et a assoupli la modération sur ses plateformes. Son patron Mark Zuckerberg avait estimé que ces politiques menaient à "trop de censure". Une décision largement décriée par les professionnels de lutte contre la désinformation. Elle était aussi vue comme un moyen de s’aligner avec la politique de Donald Trump, dont la base estime que la vérification des faits sur les plateformes constitue une atteinte à la liberté d’expression.
Comme alternative, Mark Zuckerberg a lancé les notes collaboratives sur les applications Facebook et Instagram. Ces dernières peuvent être efficaces pour des sujets sur lesquels il existe un large consensus, mais, selon des chercheurs, elles peuvent aussi être utilisées pour, par exemple, critiquer un opposant politique.