La France gèle les évacuations de Gazaouis le temps d'enquêter sur une étudiante accusée de propos antisémites
La France n'acceptera plus de Gazaouis évacués sur son territoire avant les conclusions d'une enquête sur les failles ayant permis l'accueil d'une étudiante accusée de propos antisémites, a déclaré ce vendredi 1 août le ministre français des Affaires étrangères.
"Aucune opération de ce type, aucune évacuation d'aucune sorte ne se tiendra tant que nous n'aurons pas tiré les conséquences de cette enquête", a déclaré Jean-Noël Barrot sur Franceinfo. De même, "tous les profils qui sont entrés en France vont faire l'objet d'une nouvelle vérification", a ajouté le ministre.
Expulsée pour "apologie du terrorisme"
La jeune femme devait intégrer Sciences Po Lille à la rentrée dans le cadre d'un programme destinés aux étudiants gazaouis, créé il y a un an. La découverte de publications sur ses réseaux sociaux appelant à tuer les juifs, supprimées depuis, a entraîné sa désinscription et son expulsion de l'école.
"Après concertation avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le Rectorat de Région académique et la Préfecture, la direction de Sciences Po Lille a pris la décision d'annuler l'inscription prévue de cette étudiante dans notre établissement", avait écrit l'établissement sur son compte X. Le contenu de certaines publications de cette étudiante sur les réseaux sociaux "entre en contradiction frontale avec les valeurs portées par Sciences Po Lille, qui lutte contre toute forme de racisme, antisémitisme et discrimination, ainsi que contre tout type d'appel à la haine, contre quelque population que ce soit", avait souligné l'école.
Sollicité par l'AFP, Sciences Po Lille a expliqué avoir "accueilli cette étudiante sur proposition du consulat général de France à Jérusalem". "Elle est venue en France via la diplomatie française", a précisé une source auprès de l'AFP.
La justice saisie de l'affaire
Une enquête judiciaire pour apologie du terrorisme, ainsi qu'une enquête pour déterminer pourquoi cela n'avait pas été détecté en amont sont ouvertes.
"Les contrôles sécuritaires qui ont été menés par les services de l'État compétents, ainsi que par les autorités israéliennes, n'ont pas permis de détecter ces propos antisémites et inacceptables", a déclaré le ministre. La jeune fille "n'a pas sa place en France. Elle doit quitter le territoire national", a-t-il ajouté. Des discussions quant à sa destination sont "en cours", précise aussi le ministre.
La France a accueilli des centaines de Gazaouis depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, en représailles à des attaques de ce dernier contre Israël le 7 octobre 2023.