Le FBI sous influence ? La nomination d’un partisan de Donald Trump suscite l’interrogation
C’est une nomination qualifiée de "surprenante" par de nombreux observateurs de la politique américaine. Lundi 18 août, l’administration Trump a annoncé avoir choisi le procureur général du Missouri, Andrew Bailey, au poste de co-directeur adjoint du FBI, un soutien du président qui n’a aucune expérience connue au sein de ce prestigieux service gouvernemental.
Il faut dire que ce vétéran de l’armée, en tant que procureur général du Missouri, a mené des batailles juridiques alignées sur le programme de Donald Trump : poursuite de Starbucks pour ses politiques de diversité et d’inclusion, opposition aux soins accordés aux personnes transgenres ou encore procédures judiciaires contre les politiques des villes sanctuaires, ces communes américaines qui protègent les populations immigrées en situation irrégulière. Andrew Bailey avait également soutenu les allégations démenties selon laquelle l’élection présidentielle de 2020 avait été "volée", privant Donald Trump d’un second mandat.
Une situation inédite
Cette nomination est d’autant plus inhabituelle que jusqu’à présent, le FBI n’avait qu’un seul directeur adjoint, placé sous la direction du directeur nommé politiquement. Ce poste, généralement occupé par un vétéran respecté et doté d’une solide expérience au FBI, vise à superviser les opérations quotidiennes de l’agence. Mais le président Donald Trump avait déjà bouleversé cette règle en février dernier, en nommant à cette fonction Dan Bongino, un ancien fonctionnaire des services secrets chargé de la protection de personnalités publiques, aussi podcasteur partisan de théories complotistes et critique par le passé du FBI.
Dès la rentrée, Andrew Bailey travaillera donc en binôme avec ce dernier, une nomination saluée par la procureure générale Pam Bondi et le procureur général adjoint Todd Blanche, tous deux proches de Donald Trump. "J’exprime ma plus profonde gratitude au président Trump et au procureur général des Etats-Unis, Mme Bondi, pour le privilège de les rejoindre dans leur mission déclarée : rendre l’Amérique sûre à nouveau", a de son côté déclaré Andrew Bailey, dans un communiqué.
Des critiques sur l’affaire Epstein
Mais la charge ne sera pas de tout repos. L’ancien procureur général du Missouri arrive en effet à un moment où le Bureau est vivement critiqué par les partisans de Donald Trump concernant sa gestion de l’enquête sur le trafic sexuel de Jeffrey Epstein. Avant leur arrivée, Kash Patel, directeur du FBI, et Dan Bongino avaient propagé des théories du complot sur cette affaire, suggérant que le FBI, sous l’administration Biden, avait dissimulé des détails clés de l’enquête afin de protéger des personnalités influentes susceptibles d’avoir participé à des crimes sexuels aux côtés d’Epstein.
Mais depuis leur nomination, les deux dirigeants ont déclaré que les dossiers liés à l’affaire Epstein ne contenaient pas de "liste de clients", et que les responsables ne divulgueraient aucun autre dossier d’enquête, ce qui a suscité de vives critiques au sein de l’aile droite des républicains. Plusieurs sources ont également évoqué que Dan Bongino envisageait de démissionner en raison de la gestion de l’affaire, ce qu’il n’a pas souhaité commenter.