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Lonni Besançon, le détective de la science qui traque les dérives : "Le système pousse à tricher"

À 34 ans, Lonni Besançon mène une double vie. Le jour, ce chercheur français installé en Suède développe des techniques de visualisation de données à l’université de Linköping. Le soir et les week-ends, il enquête sur les fraudes scientifiques avec l’acharnement d’un détective privé, qu’on surnomme "sleuth" (limier). Cette activité, commencée pendant la pandémie de Covid-19, vient d’être couronnée par un Best Paper Award 2025 attribué par la revue scientifique Jasist (Journal of the Association for Information Science and Technology). Ce prix, qui récompense le meilleur article évalué par les pairs et publié dans la revue au cours de l’année précédente, a été décerné à ses collègues et lui pour leur publication sur les "références fantômes", une nouvelle forme de manipulation des études scientifiques. Une découverte "fascinante" qui "se lit comme une enquête policière", selon les jurés de Jasist.

Quelques semaines plus tôt, la prestigieuse revue Nature publiait son portrait, le consacrant comme l’un des plus jeunes "nettoyeurs" de la science. De quoi récompenser son combat qui a commencé en 2020. Depuis, Lonni Besançon a co-publié une dizaine d’études révélant les dérives du système académique : de l’affaire Raoult aux "usines à papiers (paper mills)" - ces sociétés fantômes qui produisent de faux articles en masse - en passant par l’analyse des publications Covid-19 bâclées. Un travail qui lui a valu une reconnaissance internationale, mais aussi un harcèlement en ligne persistant.

L’Express : Vous venez d’être récompensé par le Best Paper Award pour votre enquête sur les "références fantômes". Comment avez-vous découvert cette immense fraude ?

Lonni Besançon : Un peu par hasard ! A l’origine, mon collègue Guillaume Cabanac, chercheur en informatique à l’université de Toulouse et spécialiste de l’analyse des corpus scientifiques, découvre une étrange étude scientifique. L’article, publié en 2022 dans la revue Hindawi, de l’éditeur indien Technoscience Academy, était cité 107 fois par d’autres articles alors qu’il avait été lu 107 fois (et téléchargé qu’à 62 reprises)… Un ratio très inhabituel, surtout pour un article publié depuis deux mois.

Curieux, je me suis à mon tour penché sur cette anomalie. Et nous avons finalement découvert la manipulation : les auteurs avaient ajouté des citations fantômes dans les métadonnées de leur article avant de l’envoyer à Crossref, l’organisme qui centralise les métadonnées de plus de 130 millions de publications scientifiques mondiales. Cette technique est particulièrement vicieuse puisque les références n’apparaissent pas dans le texte réel de l’article : le PDF reste intact, mais les citations, elles, sont présentes dans les registres de métadonnées et se propagent aux outils bibliométriques.

Nous avons alors poussé notre enquête en analysant 3 500 articles de trois revues éditées par Technoscience Academy. C’était un travail de fourmi largement manuel. Cela m’a pris des heures. Et finalement, nous avons trouvé 5 978 fausses citations sur les 65 836 références enregistrées, soit environ 9 %.

Mais pourquoi avoir procédé à de telles manipulations et à qui cela profite-t-il ?

Notre analyse révèle que cela a bénéficié principalement à deux auteurs : l’un avait reçu 3 103 citations supplémentaires, l’autre 1 564. Plusieurs journaux se sont également entre-cités artificiellement. Par exemple, la revue International Journal of Scientific Research in Science, Engineering and Technology a gagné 826 citations factices.

Pour les fraudeurs, cela permet d’augmenter artificiellement les métriques de citation des auteurs (le H-Index) et des revues (l’impact factor), qui sont cruciaux pour les carrières académiques et l’obtention de financements. Heureusement, notre découverte a eu un impact positif : Crossref a mené sa propre investigation et confirmé notre enquête. C’était la première fois qu’ils découvraient ce type de manipulation. Et l’éditeur des trois revues a finalement été forcé de corriger toutes les métadonnées manipulées.

Vous avez mené cette enquête avec trois chercheurs, dont Guillaume Cabanac. Mais vous collaborez aussi avec une grande partie de la communauté de "sleuths". Comment vous organisez-vous ?

Nous formons un réseau informel mais très soudé. Certains communiquent sur la messagerie Slack, où chacun a sa spécialité. La microbiologiste néerlandaise Elisabeth Bik excelle par exemple dans la détection d’images dupliquées. Elle est un peu notre figure de proue puisqu’elle a découvert des manipulations dans plus de 8 000 articles. Alexander Samuel, un professeur de maths à Nice, apporte son expertise en biologie moléculaire. Guillaume Cabanac, lui, développe les outils de détection automatique, par exemple le "Problematic Paper Screener", un logiciel qui repère les "tortellinis", ces expressions tordues ou mots inventés qui résultent de tentatives automatisées de masquer un plagiat. Moi, je me concentre plutôt sur les problèmes statistiques et méthodologiques.

Quand l’un d’entre nous suspecte quelque chose, nous alertons les autres afin d’obtenir des regards croisés. Si nous découvrons quelque chose de gros, les autres nous aident à analyser les problèmes. C’est ce qui s’est passé pour notre enquête sur les 456 études scientifiques problématiques de l’IHU de Marseille. Fabrice Frank, docteur en biologie et informaticien, a fait l’essentiel du travail, mais nous étions plusieurs à contribuer à l’analyse [NDLR : et les résultats ont été publiés dans L’Express].

Avant la pandémie, vous étiez encore un jeune chercheur inconnu. Aujourd’hui, vous êtes un "sleuth" récompensé. Comment en êtes-vous arrivé là ?

J’étais en post-doc à Linköping quand la pandémie a éclaté. Je me suis dit que je pouvais utiliser mon temps et mes compétences en statistiques pour analyser les publications en lien avec le Covid-19. Puis il y a eu la communication de Didier Raoult, qui affirmait avoir découvert le traitement miracle avec l’hydroxychloroquine.

J’ai lu la première étude de l’IHU sur le sujet et j’ai constaté que rien n’allait. La méthodologie était défaillante, l’article avait été accepté par la revue en une seule journée - alors que même en cas d’urgence, le processus de relecture prend des semaines, voire des mois - et l’éditeur en chef de la revue était l’un des coauteurs de l’étude de Didier Raoult… Ce qui m’a également frappé est que six des vingt-six patients traités à l’hydroxychloroquine avaient été exclus de l’analyse, dont un décédé et trois transférés en réanimation.

Je me suis alors dit qu’il fallait regarder un peu plus en détail les publications de l’IHU de Marseille. J’ai fait une liste d’une douzaine d’articles et je découvre que dix d’entre eux présentaient des conflits d’intérêts éditoriaux - un membre de l’IHU était à la fois auteur et membre de la revue -, que trois ou quatre articles avaient été acceptés le jour de leur réception - le plus long délai de relecture était de 13 jours, révisions incluses -, etc. C’était affolant. J’ai publié mes résultats sur Twitter à cinq heure du matin, et au réveil j’avais des centaines de notifications de chercheurs proposant leur aide. C’est comme ça que j’ai commencé à analyser systématiquement tous les papiers de l’IHU sur le Covid.

Quel bilan faites-vous de votre action ?

Personnellement, j’ai mentionné plus de 1 000 articles problématiques sur PubPeer [NDLR : site qui recense les publications scientifiques et permet des discussions entre chercheurs]. Et notre groupe a contribué à faire rétracter plusieurs dizaines d’études [NDLR : la rétractation est la plus haute sanction dans le domaine scientifique, elle indique qu’une étude est frauduleuse et que ses résultats ne doivent pas être pris en compte]. Mais c’est encore insuffisant.

Sur l’IHU, notre travail a eu un impact significatif. L’analyse des 456 essais cliniques problématiques de l’IHU a révélé des violations éthiques majeures et notamment l’utilisation d’un seul numéro d’approbation pour 200 études différentes - alors qu'il est censé être unique à chaque protocole - alors que certaines recherches portaient sur des enfants en Afrique. Le rapport de l’Igas de 2022 a confirmé nos découvertes, et a rapporté une atmosphère "contentieuse et parfois vindicative" au sein de l'IHU, une culture de publication rapide mettant la pression sur les chercheurs, des manipulations de données. Didier Raoult a finalement été expulsé de l’IHU de Marseille, et interdit d’exercer la médecine pendant deux ans en 2025. Aujourd’hui, plus de 260 de ses articles ont été rétractés, corrigés ou marqués d’une expression de préoccupation.

Ce travail vous a valu des attaques personnelles notamment sur les réseaux, ou vous n’avez pas non plus votre langue dans la poche…

Dès que j’ai critiqué l’IHU, ça a été l’escalade. Les accusations de nazisme ou d’antisémitisme, de harcèlement sexuel, les menaces de mort, les mails aux employeurs, les SMS ou les appels anonymes, tout y est passé… Certains "sleuths" ont été accusés de viol ou de pédophilie. A un moment, c’est devenu systématique. Et c’est parfois dur de garder son calme et de laisser passer sans rien dire.

Éric Chabrière, l’ex-bras droit de Didier Raoult, a même utilisé le logo de l’Inserm - alors qu’il n’est pas un chercheur de cet institut - dans des mails qu’il a envoyés à mes employeurs et dans lesquels il me diffame. Malheureusement, lorsque j’ai alerté l’Inserm, leur réponse a été qu’ils ne voulaient "pas prendre parti". J’ai porté plainte contre M. Chabrière. J’avais aussi porté plainte contre Didier Raoult, qui m’avait accusé de vouloir perpétrer un acte terroriste, mais la plainte a été classée pour prescription.

Comment conciliez-vous cette activité avec votre travail de chercheur ?

C’est compliqué. Officiellement, je peux consacrer 5-10 % de mon temps pour des projets créatifs. Mais je pratique le sleuthing principalement sur mon temps personnel. J’essaie de convaincre mon université de m’allouer officiellement 10 % de mon temps, mais pour eux, ce sont surtout des ennuis. Ils adorent quand Nature m’interviewe, beaucoup moins quand ils reçoivent des mails de harcèlement !

Quels sont les principaux problèmes que vous observez dans la recherche actuelle ?

Le système récompense uniquement le nombre d’articles publiés, de citations et le prestige des journaux dans lesquels les chercheurs publient. Cela pousse à tricher, à cacher les résultats négatifs, à manipuler les statistiques ou à retirer des patients d’un essai pour obtenir des résultats positifs. On trouve partout des images dupliquées ou des "tortellinis". C’est désolant.

Que faudrait-il changer dans le système académique ?

Le premier point serait sans doute d’étendre le principe de relecture par les pairs après la publication d’un article scientifique. Le fait d’enquêter sur des études frauduleuses devrait également être reconnu comme du travail scientifique. Il faut aussi réduire la compétition. La recherche devrait être collaborative. J’aimerais que mes collègues qui travaillent sur les mêmes sujets soient mes amis, pas mes concurrents !

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