Qu’est-ce que le mouvement du « blocage du 10 septembre » ?
Toutes les nuances de la gauche tentent d’instrumentaliser un mouvement populiste et confus.
Après Jean-Luc Mélenchon, avec son vieux fond léniniste, toujours prêt à « bordéliser » le pays pour arriver à ses fins, c’est l’ensemble des courants de la gauche et de l’extrême gauche, des socialistes aux communistes en passant par les Ecologistes, qui soutient le mouvement de blocage du pays lancé sur les réseaux sociaux sous le nom de « blocage du 10 septembre ». Les syndicats de salariés sont pour le moment en ordre dispersé, mais Sud-Rail, le spécialiste de la grève, est désormais en première ligne. C’est que l’ensemble de ces courants ne voudrait pas rater la « rentrée sociale » 2025 comme elle a globalement échoué à récupérer le mouvement nébuleux des « gilets jaunes » en 2018.
Mais qu’est ce mouvement du 10 septembre ? La plus grande confusion règne entre ceux qui craignent un mot d’ordre, ou plutôt de désordre, de l’extrême droite et ceux qui voient dans les slogans mis en avant une rhétorique de gauche, voire de gauche extrême ?
La France va-t-elle « se confiner par la volonté du peuple » ?
L’Humanité (22 août 2025) permet de faire le point, lui qui consacre sa une à « un baromètre de la colère sociale ». Il ressort des quatre pages consacrées à l’évènement qu’il est essentiellement « de gauche ». L’idée apparaît sur la plateforme TikTok le 14 juillet par une vidéo sous la forme d’une « lettre ouverte au peuple de France ». Dans la veine populiste, elle prétend que la France va se « confiner par la volonté d’un peuple qui dit stop à ce système qui broie les humains pour nourrir les profits ». L’auteur prétendu de la vidéo aurait ensuite été contacté par un groupe au « programme résolument souverainiste » de droite et de gauche, avec la défense des services publics, la dénonciation du système capitaliste, la baisse des charges sociales, le « Frexit », etc. Puis, le mot d’ordre se serait répandu sur les réseaux sociaux sous l’impulsion d’anciens « gilets jaunes », d’« antivax », d’extrémistes de gauche, Insoumis bien évidemment en tête, et d’extrémistes de droite. Bref, du beau monde ! Le fil rouge est de « tout bloquer », un programme hautement constructif et respectueux de la liberté d’autrui. Le groupe « Indignons-nous », qui renvoie à l’indignation du gauchiste disparu Stéphane Hessel, est le « fer de lance de la mobilisation » autour des slogans de l’arrêt « immédiat des cadeaux aux grosses fortunes » et de l’abrogation de la réforme des retraites ou de la « loi Duplomb ».
Dans un entretien au même quotidien, François Boulo (qui porte manifestement mal son nom…), présenté comme « une des voix du mouvement des gilets jaunes », se délecte, car « ce sont toujours les mêmes qui paient (les « riches » ?) » et « le peuple cherche désespérément un moyen de se faire entendre ».
De la lecture de L’Humanité, il ressort une grande indétermination sur le devenir du mouvement aux yeux de la gauche et de l’extrême gauche : soit il ne ressortira rien du « blocage du 10 septembre » et il ne faudra pas que ces dernières se soient brûlé les ailes ; soit nous subirons plus encore les conséquences délétères du populisme de gauche.
Illustration de couverture © capture d’écran d’une image de profil sur X, bloquonstout
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