EN DIRECT. Vote de confiance : Bruno Retailleau met en garde contre un vote "contre les intérêts de la France"
Les jours de François Bayrou à Matignon sont-ils comptés ? Le Premier ministre a annoncé lundi 25 août, lors d’une conférence de presse, qu’il se soumettrait le 8 septembre prochain à un vote de confiance à l’Assemblée nationale, dans l’espoir de faire adopter ensuite son plan d’économies budgétaires. "Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe", a-t-il lui même expliqué après son annonce surprise. Les premières réactions ne laissent guère de place au doute : les oppositions, du RN à LFI en passant par les socialistes et les écologistes, ont unanimement fait savoir qu’elles comptaient voter contre la confiance.
Les infos à retenir
⇒ François Bayrou se soumettra à un vote de confiance le 8 septembre
⇒ Les oppositions prévoient de voter contre la confiance
⇒ "Il ne faut pas écarter" l'hypothèse d'une dissolution, dit Gérald Darmanin
11h30
Voter contre François Bayrou, "ce serait voter contre les intérêts de la France", avertit Bruno Retailleau
Le ministre LR de l'Intérieur Bruno Retailleau a mis en garde mardi contre un vote le 8 septembre qui ferait chuter le gouvernement de François Bayrou et serait contraire "aux intérêts de la France", portant notamment le risque d'"une crise financière majeure". "Nous sommes entrés au gouvernement pour éviter le chaos et l'extrême gauche, il serait irresponsable de précipiter le pays dans une crise financière majeure dont les conséquences atteindraient d'abord les plus fragiles. Voter pour la chute du gouvernement, ce serait voter contre les intérêts de la France", a-t-il dit dans un communiqué publié en sa qualité de président du parti Les Républicains.
11h00
Le RN veut une dissolution pour "donner une majorité au pays"
Le vote de confiance convoqué le 8 septembre par François Bayrou sera son "ultime échec", a prédit ce mardi le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu, disant espérer une dissolution pour "donner une majorité au pays". "François Bayrou tente une ultime manoeuvre, il rencontrera un ultime échec", a déclaré sur Cnews et Europe 1 le député du Nord, anticipant déjà l'étape d'après et une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron.
"S'il est un président responsable, il se tourne vers les Français, il dissout l'Assemblée et il leur dit 'donnez une majorité'", a estimé Sébastien Chenu, soulignant que "les Français ont vu ce que ça donnait, un pays sans majorité". Un argument-clé pour le RN, qui "fera campagne (...) pour gouverner le pays non seulement sur un programme, mais sur l'idée de donner une majorité à ce pays", a assuré le vice-président du parti d'extrême droite.
10h00
François Bayrou "soigne plus sa sortie que le pays", tacle Boris Vallaud
Le Premier ministre "a plus soigné sa sortie que le pays", a jugé ce matin sur RMC-BFMTV le chef des députés socialistes Boris Vallaud, confirmant que son groupe voterait "contre la confiance" à François Bayrou le 8 septembre. "Il faut changer de politique, et ce que je constate aujourd'hui, c'est que pour changer de politique, il faut manifestement changer de Premier ministre puisqu'il n'entend pas changer de politique", a déclaré Boris Vallaud.
Boris Vallaud (PS): "François Bayrou soigne plus sa sortie que le pays" pic.twitter.com/4BKUBQaaF5
— BFMTV (@BFMTV) August 26, 2025
Celui-ci a précisé avoir réuni les députés PS lundi soir : "Nous voterons contre la confiance de ce gouvernement", a-t-il expliqué, face à un budget "qui est d'une telle violence, d'une telle injustice", et "qui mécontente les Français, les organisations syndicales, et celles et ceux avec lesquels il pourrait éventuellement dialoguer".
Boris Vallaud a ajouté que son parti allait faire des propositions de budget "pour montrer qu'il existe un autre chemin", que celui présenté par François Bayrou, qui prévoyait de trouver 44 milliards d'euros d'économies. François Bayrou "ne préparait pas la rentrée et le budget, il préparait sa sortie", a-t-il encore dénoncé. "Il ne choisit pas le dialogue, il choisit la liquidation. La responsabilité est la sienne, elle n'est que la sienne".
09h10
La Bourse de Paris ouvre en net recul
La Bourse de Paris a ouvert en net recul mardi, plombée par les incertitudes liées à la situation politique et budgétaire en France, au lendemain de l'annonce par François Bayrou de sa volonté de solliciter la confiance de l'Assemblée Nationale le 8 septembre. Vers 09h05, dans les premiers échanges, le CAC 40 - qui avait déjà terminé en baisse de 1,59 % lundi - perdait 1,36 %, davantage que les autres places européennes : Francfort cédait 0,63 %, Londres 0,58 % et Milan 0,80 %.
09h05
"Il ne faut pas écarter" l'hypothèse d'une dissolution, dit Gérald Darmanin
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé mardi qu'il ne fallait pas écarter la possibilité d'une dissolution de l'Assemblée nationale en cas de chute du gouvernement le 8 septembre, après le vote de confiance demandé par le Premier ministre François Bayrou. "Il vaut mieux pouvoir trouver un compromis avec les groupes politiques à l'Assemblée. La dissolution coûte cher à la France bien sûr, mais il ne faut pas écarter cette hypothèse", a dit Gérald Darmanin sur France 2, rappelant qu'il revenait "au président de la République de décider".
???? E. Macron pourrait-il dissoudre l'Assemblée nationale ?
— Telematin (@telematin) August 26, 2025
????️ "Il vaut mieux pouvoir trouver un compromis, mais il ne faut pas écarter cette hypothèse. Il appartient au président de la République de le faire" indique @GDarmanin, garde des Sceaux. #Les4V pic.twitter.com/CuIQG4ELCF
08h55
Jean-Luc Mélenchon appelle au départ d'Emmanuel Macron si François Bayrou n'obtient pas la confiance
Emmanuel Macron "doit partir" si François Bayrou n'obtient pas la confiance de l'Assemblée nationale le 8 septembre, a estimé mardi le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon qui a annoncé le dépôt à l'Assemblée d'une nouvelle motion de destitution contre le chef de l'Etat.
"Il faut empêcher Emmanuel Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c'est Macron", a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur France inter.
08h50
Le gouvernement "à la bataille pour avoir une majorité le 8 septembre", assure Eric Lombard
Le ministre de l'Economie Eric Lombard a assuré être "à la bataille" pour que le gouvernement emporte une majorité lors du vote de confiance du 8 septembre à l'Assemblée nationale grâce à un travail de "conviction".
Le ministre a affirmé sur France inter qu'il n'anticipait "absolument pas" une chute du gouvernement lors de ce vote, en dépit des annonces faites par les principaux partis d'opposition lundi soir, en remarquant que "la vie politique est pleine de surprises" : "Nous sommes à la bataille dans un travail de conviction pour avoir cette majorité le 8 septembre", a-t-il déclaré.
08h15
Place publique n’accorde pas sa confiance au gouvernement Bayrou
Le parti de Raphaël Glucksmann, Place publique, n’accordera "pas sa confiance a priori" à François Bayrou le 8 septembre, estimant que le Premier ministre "fait le choix de la crise", en décidant d’un "passage en force" pour trouver 44 milliards d’économie, annonce le parti dans un communiqué. "Comme pour la dissolution voulue l’an dernier par le Président de la République, la précipitation des échéances va conduire à une impasse démocratique", déplore Place Publique, qui dispose de deux députés à l’Assemblée.
Le parti de Raphaël Glucksmann, vu comme un candidat sérieux à gauche à la présidentielle de 2027, estime, "avec gravité et lucidité sur les conséquences de cette nouvelle crise politique", qu’il "ne peut que refuser sa confiance a priori à un gouvernement qui s’exonère du dialogue républicain et sincère qui seul permet de construire un chemin". Place publique, qui revendique plus de 11 000 adhérents, considère que François Bayrou a pris "une décision grave" lundi en sollicitant la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain, ce qui inaugure une nouvelle période d’incertitude politique.
08h05
Le gouverneur de la Banque de France appelle à "un vrai débat public" sur la dette
Dans une interview à Sud 0uest, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau appelle ce mardi à "un vrai débat public" sur la dette et "les mesures à prendre" pour en sortir. "Nous ne pourrons pas sortir sans effort de cette situation difficile", estime-t-il. "L’important, c’est que cet effort soit le plus juste et partagé possible".
Il refuse néanmoins de se prononcer sur l’annonce par le Premier ministre François Bayrou, lundi, qu’il engagerait le 8 septembre la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, ou sur le mouvement "Bloquons tout" annoncé pour le 10 septembre. "La Banque de France n’a pas à se prononcer sur un vote politique, ni sur un mouvement social. Elle peut juste rappeler une réalité économique […] : la solution à nos divers défis passe d’abord par notre travail et sa qualité, […] notre destin économique est entre nos mains".
08h00
La chute de François Bayrou plus probable que jamais
Après avoir annoncé hier qu’il se soumettrait à un vote de confiance face aux députés le 8 septembre, François Bayrou entame ce mardi devant la CFDT une opération de la dernière chance pour tenter d’arracher la survie de son gouvernement. Le Premier ministre sera en déplacement à l’université syndicale d’été de la CFDT, où il devrait prendre la parole.
Le locataire de Matignon est plus que jamais menacé d’être renversé. A gauche, le Parti socialiste, La France insoumise, Les Ecologistes, le Parti communiste français, ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre la confiance à François Bayrou. Il en est de même du Rassemblement national.