Vote de confiance : les partis d’opposition prêts à faire tomber le gouvernement Bayrou
C’est un pari périlleux, qui semble se diriger vers la fin du gouvernement. Alors que François Bayrou va solliciter le 8 septembre la confiance de l’Assemblée nationale pour faire adopter son plan d’économies budgétaires, les partis d’opposition ont unanimement déclaré vouloir s’y opposer.
"François Bayrou n’a visiblement pas compris que les Français ont pleinement conscience de la crise économique et financière… Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou", a d’abord dégainé Marine Le Pen, la cheffe de file des députés RN, estimant sur le réseau social X que "seule la dissolution permettra désormais aux Français de choisir leur destin." Jordan Bardella, le président du parti, a également affirmé que le Rassemblement national "ne votera jamais la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir les Français".
François Bayrou vient d’annoncer la fin de son gouvernement, miné par son immobilisme satisfait.
— Jordan Bardella (@J_Bardella) August 25, 2025
Jamais le RN ne votera la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir le peuple français.
Nos compatriotes attendent une alternance et un retour aux urnes: nous y…
Une victoire de "la mobilisation populaire"
A gauche aussi, les critiques n’ont pas attendu. Si La France insoumise réclamait que François Bayrou se soumette au vote des députés depuis son arrivée à Matignon en décembre dernier, Jean-Luc Mélenchon se félicite aujourd’hui que le Premier ministre "accepte de se soumettre à la démocratie parlementaire, contrairement à Macron qui continue son coup de force en refusant de reconnaître le résultat des dernières élections", a-t-il écrit, avant d’affirmer que "la mobilisation populaire en cours aura gagné."
Le recours au vote de confiance "est déjà une première victoire de la puissance de la mobilisation qui se prépare pour le 10 septembre", a appuyé Manuel Bompard, en référence aux manifestations annoncées par un mouvement qui a pris corps sur les réseaux sociaux. "Désormais, chacun est au pied du mur et doit prendre position clairement. Les parlementaires insoumis voteront le 8 septembre pour faire tomber le gouvernement", a-t-il ajouté.
Une "autodissolution"
Dans un entretien au Monde, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure assure quant à lui qu'"il est inimaginable que les socialistes votent la confiance à François Bayrou". Décrivant une "autodissolution", il considère que "François Bayrou sait qu’il ne peut obtenir un vote de confiance des oppositions". Idem pour Marine Tondelier, la patronne des Ecologistes, pour qui "François Bayrou pense pouvoir partir en héros incompris". "Ce vote de confiance (qu’il n’a pas fait en arrivant) est de fait une démission", a-t-elle déclaré sur X.
Le secrétaire national du parti communiste, Fabien Roussel, estime enfin qu’il est inconcevable d'"accorder sa confiance à une majorité qui a un tel bilan, qui a fait tant de mal depuis 2017". "Nous voulons une politique capable de répondre aux urgences sociales, climatiques. Nous voulons un pacte d’avenir pour la France. Nous voulons un autre gouvernement", a-t-il conclu.