Mort de "Jean Pormanove" sur Kick : le gouvernement attaque en justice la plateforme en ligne
La mort, dans la nuit du 17 au 18 août dernier, du streamer appelé Jean Pormanove avait révélé au grand public l’existence de la plateforme en ligne Kick. C’est en direct sur ce site que l’homme est décédé, après 12 jours de diffusion le montrant subissant des violences. Plusieurs actions judiciaires ont été lancées à la suite de cet épisode.
La ministre déléguée au Numérique, Clara Chappaz, a annoncé ce mardi 26 août son intention d’attaquer en justice la plateforme australienne pour "manquement". Elle s’est exprimée à l’issue d’une réunion convoquée à Bercy avec les services de plusieurs ministères (Justice, Intérieur, Economie) et deux autorités indépendantes, reprochant à Kick d’avoir enfreint la loi sur la confiance numérique de 2004. "Kick n’a pas fait tout ce qui était possible pour pouvoir mettre fin à la diffusion de contenu qui était dangereux", a justifié la ministre.
Ouverture d’une enquête par le parquet de Paris
De son côté, le parquet de Paris a également annoncé ce mardi l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Kick, en plus de celle déjà menée par le parquet de Nice pour éclaircir les circonstances du décès en direct du vidéaste Jean Pormanove.
Cette nouvelle enquête a été ouverte lundi "du chef de fourniture en bande organisée de plateforme en ligne illicite", pour déterminer notamment si Kick a diffusé "en connaissance de cause" des "vidéos d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne", a annoncé la procureure Laure Beccuau dans un communiqué.
Les enquêteurs chercheront également à déterminer si la plateforme australienne respecte la réglementation européenne sur les services numériques (DSA). Les responsables encourent une peine de 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende.
Des violences montrées pendant des mois
Raphaël Graven, 46 ans, connu sous le pseudo Jean Pormanove, est décédé près de Nice lors d’une diffusion en direct le 18 août sur la plateforme de vidéos australienne Kick après plus de 12 jours de direct le montrant, ainsi qu’un autre homme, violenté et humilié par deux personnes.
Suivie par près de 200 000 personnes, la chaîne "Jeanpormanove" montrait depuis des mois Raphaël Graven se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. Des contenus scénarisés, selon les promoteurs de la chaîne.