Vote de confiance : vu de l’étranger, "François Bayrou n’a pratiquement aucune chance de gagner"
Un pays qui serait "au bord du surendettement", et une volonté de "clarification". Ce lundi 25 août, à l’occasion d’une conférence de presse, François Bayrou a annoncé la tenue d’un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre, suscitant de vives réactions chez les partis d’opposition. "Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement de François Bayrou", a annoncé Marine Le Pen, tandis qu’Oliver Faure voit dans cette annonce une "autodissolution".
Du côté de la presse étrangère, le regard sur la situation n’est pas moins sévère. "François Bayrou n’a pratiquement aucune chance de gagner", affirme sans ambages le quotidien belge Le Soir, tandis que le Financial Times évoque un pari politique "risqué", avec une "opposition qui se durcit". "Si Bayrou perd le vote, l’instabilité politique qui frappe la France depuis la défaite du président Emmanuel Macron aux élections anticipées l’an dernier pourrait s’aggraver, augmentant le risque d’effrayer les marchés de la dette", écrit le quotidien britannique.
Une crise politique
Reuters, aussi, évoque "la chute" des actions européennes, alors que "le gouvernement minoritaire du pays semble de plus en plus susceptible d’être renversé le mois prochain", précise l’agence de presse. Et d’ajouter que le précédent gouvernement, dirigé par le Premier ministre Michel Barnier, avait également été rejeté par un vote de défiance en décembre, soulignant "l’instabilité politique persistante de la deuxième économie de la zone euro."
Pour le Times, ce vote de confiance est perçu comme une tactique pour reprendre la main face à "la crise politique" que connaît le pays. "La survie [du Premier ministre] dépend désormais du faible espoir de convaincre ses opposants de changer d’avis, ou de la perspective, tout aussi difficile, de convaincre le Parti socialiste de le soutenir", note toutefois le journal. Une hypothèse qu’Olivier Faure a évacué dans un entretien au Monde : "Il est évidemment inimaginable que les socialistes votent la confiance au premier ministre. Comment peut-il croire un seul instant que des opposants à tout ce qui a été fait par ce gouvernement entreraient maintenant dans sa majorité ?", a-t-il déclaré.
El Pais, enfin, parle d’un "vote très risqué", tandis qu'un autre journal espagnol, El Mundo, écrit que la France doit s’attendre à un "automne très chaud" sur le plan politique avec cette annonce.