The Ocean Race Europe : Biotherm intouchable à Nice, Holcim-PRB résiste
Ce vendredi matin, la baie de Nice a offert un décor unique pour l’arrivée de la troisième étape de The Ocean Race Europe 2025. Après 2 jours et 16 heures de navigation éprouvante, l'IMOCA Biotherm skippé par Paul Meilhat s’est imposé, signant une troisième victoire consécutive depuis le départ de la course.
Holcim PRB termine 27 minutes plus tard...
L’équipage a franchi la ligne d’arrivée devant Holcim-PRB, arrivé 27 minutes plus tard, au terme d’un duel haletant qui a tenu en haleine les spectateurs massés face à la Promenade des Anglais. Allagrande Mapei Racing complète le podium de cette 3e étape, devant Paprec Arkéa et Team Malizia.
Les conditions de navigation ont donné lieu à une étape imprévisible et exigeante. « C’était la Méditerranée dans toute sa splendeur, sourit Paul Meilhat. On a eu du mal à se reposer, on a eu 35 à 40°, on a beaucoup manœuvré… Le rythme était très intense ». Une impression partagée par Franck Cammas, co-skipper de Holcim-PRB : « La Méditerranée nous a réservé des conditions très changeantes avec parfois beaucoup de vents, de vagues, des orages. C’était probablement l’étape la plus intense. »
Les changements rapides de conditions n’ont laissé aucun répit aux navigateurs. « Souvent, les fichiers météos disent l’inverse de la réalité, poursuit Nicolas Lunven. Tu as l’impression de jouer plus aux échecs que d’étudier la météo. » Sa coéquipière Amélie Grassi confirme : « Tu as l’impression que tu ne sais jamais ce qu’il va se passer. C’était super dur de caler une stratégie là-dessus. »
Biotherm, pourtant dominateur depuis le début de la course, a lui aussi dû composer avec quelques incidents techniques. « Pour la première fois depuis le début de la course, on a dû faire face à la casse d’un taquet et d’un boîtier de lattes. Ça montre que les étapes sont engagées et qu’on est parti depuis longtemps déjà », explique Paul Meilhat. Malgré ces aléas, le bateau de 2022 dessiné par Verdier a confirmé sa fiabilité et sa polyvalence.
La domination de Biotherm
Avec trois étapes remportées, les trois « scoring gate » franchis en tête et le « fly-by » de Porto à son actif, Biotherm affiche un parcours parfait et conforte son avance au classement général. « On a renforcé notre ascendant psychologique », analyse Paul Meilhat, qui insiste sur « l’importance des Scoring Gate » et la qualité de la préparation de son équipe. « On a une bonne énergie à bord, un peu de réussite c’est sûr mais on la provoque », ajoute Amélie Grassi.
Les concurrents reconnaissent unanimement la supériorité actuelle du bateau et de son équipage. « Pour l’instant, Paul et son équipe rendent une copie parfaite, explique Thomas Ruyant (Allagrande Mapei Racing). Ils ont un bateau très polyvalent et parfaitement adapté à ce parcours. » « Ils méritent d’être à leur place, assure Franck Cammas. Ils font les bons choix, réalisent les bons réglages et sont toujours un peu plus rapides dans chaque transition. » « Ils sont en totale maîtrise de leur sujet », confirme Nicolas Lunven.
Si Biotherm semble intouchable, Holcim-PRB s’impose comme son plus sérieux rival. « Finalement, nos bateaux sont un peu de la même famille, ils sont cousins, sourit Nicolas Lunven. On a eu un bon petit mano-à-mano mais ils sont un peu plus faciles que nous, notamment dans les zones de transition. »
Pour Ambrogio Beccaria, skipper d’Allagrande Mapei Racing, la hiérarchie se dessine clairement : « Dans le petit temps et au près, Biotherm et Holcim-PRB sont à l’aise et très rapide. » L’équipage italien a tout de même de quoi se réjouir avec cette troisième place, qui confirme sa progression. « On a terminé 4e de l’étape précédente, 3e ici… Cette évolution, on la ressent dans l’équipage et on espère que cela va continuer ! » commente Ambrogio Beccaria.
Derrière, Paprec Arkéa a pris la 4e place malgré un problème de J0. « C’était compliqué, mentalement dur mais on a tenu bon », explique Corentin Horeau. Team Malizia complète le top 5, après une régate serrée avec ses poursuivants. « Ce n’était pas facile mais on a fait une vraie régate, proche et intense, c’était cool », se satisfait Loïs Berrehar.
Dès dimanche, la flotte repartira vers Gênes pour une étape qui s’annonce tout aussi disputée. Les skippers savent que l’intensité restera la même. « C’est ce qu’on vient chercher en participant à The Ocean Race Europe, assure Franck Cammas. On veut de la bagarre, du haut niveau et des équipages qui donnent tout ! »
Sources Communiqué de presse The Ocean Race Europe.