"Atteindre des objectifs plus ambitieux" : ce qui pousse les jeunes à devenir managers
Silouane, devenu cadre de santé à l’hôpital public à 26 ans, le reconnaît bien volontiers : "Mon envie de progresser s’est manifestée plus tôt que mes collègues". Et il est loin d’être le seul. D’après une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée en novembre 2023, 56 % des cadres de moins de 35 ans souhaitent devenir managers dans les mois et années à venir. Cet intérêt pour la fonction managériale est moindre chez leurs aînés : 33 % des 35-54 ans et seuls 28 % des 55 ans et plus désirent exercer des responsabilités hiérarchiques à court terme, précise le rapport.
"Ils m’ont dit que la personne que je remplaçais allait leur manquer"
Un chiffre qui s’explique, selon Caroline Diard, par la liberté que possèdent les nouveaux actifs dans leur rapport à la prise de responsabilités, la charge de travail ou encore la mobilité. "Ils sont en pleine construction de leur avenir professionnel et familial", complète la professeur en droit des affaires et management des ressources humaines à TBS Education.
Pour Bénédicte, directrice de la transformation digitale finance dans le secteur de l’énergie depuis un an et demi, ce passage à l’échelon supérieur ne s’est pas déroulé sans encombre. "La première chose qu’on m’ait dite en arrivant, c’est que la personne que je remplaçais, un homme de dix ans mon aîné, allait leur manquer", déplore la Grenobloise de 38 ans, avant de souligner les bénéfices tirés de sa différence d’âge avec ses subordonnés. "Ils m’ont transmis leurs connaissances et compétences techniques très rapidement", admet-elle.
Afin de devenir des leaders reconnus, l’experte en management conseille aux jeunes promus de "déclencher l’acceptation de leurs collaborateurs avec, par exemple, une spécificité technique dont ils disposent, une approche neuve d’un sujet, une expérience au sein d’une entreprise notoire du secteur…"
"Cela nous permet d’atteindre des objectifs plus ambitieux"
La prise de responsabilités s’accompagne de nouvelles exigences pour le manager, sommé de favoriser le dialogue entre l’ensemble des générations. Concernée par cette situation, Mathilde, bras droit de la CEO dans une jeune entreprise de technologie à 25 ans, indique apprécier les résultats : "Cela nous permet d’atteindre des objectifs plus ambitieux."
Face à la difficulté de cette demande, à laquelle tous n’arrivent pas à répondre, Caroline Diard ajoute : "Les jeunes managers rencontrent aussi bien des succès que des échecs, souvent liés à la fougue et l’impulsivité, propres à leur âge. Ils ne doivent pas oublier de tirer profit de cette expérience, très formatrice pour la suite !"