L’économiste Thomas Piketty veut un secteur public à 80 % du PIB !
Il nous semblait que, ton lugubre à l’appui, l’économiste communiste Thomas Piketty se lamentait, ouvrage après ouvrage, des inégalités croissantes des pays occidentaux. Nous l’avions, semble-t-il, mal compris à lire son long entretien dans Le Nouvel Obs (« Nous n’avons jamais été aussi riches », 28 août 2025). Le chapô nous l’explique : « A contre-courant de la morosité ambiante, l’économiste affiche son optimisme dans la lutte contre les inégalités. Pour y parvenir, il propose un remède : la ‘démarchandisation’ ».
Thomas Piketty explique d’abord qu’un « mouvement historique incomplet mais réel nous tend vers davantage d’égalité », même si « nous sommes dans une phase de régression relative ». Une philosophie de l’histoire encourageante qui jure avec les sombres analyses de ses ouvrages les plus connus. Aurait-il mis de l’eau dans son vin après le tombereau de reproches qu’il a dû essuyer au sujet du caractère fantaisiste de certaines de ses analyses ? Il n’en dit mot bien évidemment.
Pour Thomas Piketty, plus l’économie se socialise, mieux nous nous portons
Quoi qu’il en soit, voici un florilège des énormités relatives à la France que nous avons relevées dans l’entretien :
- La santé et l’éducation, « les deux grandes activités qui ont été démarchandisées en France au XXe siècle », sont des « succès » (tous les usagers des écoles et hôpitaux publics peuvent en témoigner !) ;
- Il n’existe aucun décrochage de la France par rapport à l’Allemagne ou aux Etats-Unis. La meilleure preuve en est que « si on avait poursuivi au même rythme (pour ce qui concerne l’investissement dans la formation, la santé et les infrastructures collectives), on aurait surclassé les Etats-Unis » (nos lecteurs auront relevé le caractère hautement scientifique des propos) ;
- « L’idée quasi-religieuse que le secteur privé finance le secteur public est absurde ».
Mais comment « continuer d’avoir un modèle à la fois égalitaire et prospère » ? Par une « démarchandisation plus élevée, y compris dans les transports, l’énergie, la culture ». Que doit dès lors faire la gauche ? « Combattre la mondialisation, mais dans une optique universaliste de réduction des inégalités » et ce, avec une hausse des droits de douane, des investissements massifs dans les infrastructures publiques de tous les territoires, « financés par une ponction radicale sur les plus riches ».
Il fut un temps où la « démarchandisation » s’appelait collectivisme. Le mot est moins élégant, mais, après les brillants succès du collectivisme au siècle dernier, il fait moins peur… On a bien compris que, pour Thomas Piketty, plus l’économie se socialise, mieux nous nous portons. Notre communiste plaide d’ailleurs pour un secteur public à 70 ou 80 % du PIB, alors que la France joue petit bras avec un premier rang mondial en termes de dépenses publiques, soit 56,7 % du PIB l’année dernière ! Mais il nous apparaît lui-même pusillanime : pourquoi ne pas viser un secteur public à hauteur de 100 % du PIB à partir du moment où il nous assure que « la socialisation des richesses a permis une prospérité inédite » ?
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