Quatre vérités sur les riches
François Bayrou, comme la plupart de ses prédécesseurs, mise sur une imposition des hauts patrimoines pour séduire les socialistes et obtenir leur confiance le 8 septembre, lors du vote de confiance à l’Assemblée. S’en prendre aux riches et/ou aux entreprises, les désigner comme boucs émissaires, vouloir les ponctionner toujours plus, est une maladie française. Pour guérir, quelques rappels à l’attention de nos politiques.
- Les riches d’aujourd’hui sont surtout des entrepreneurs qui ont réussi
La gauche et une partie des médias semblent avoir oublié que nous ne sommes plus au XVIIIe siècle. Les riches ne sont plus des nobles mais des individus qui ont réussi. Il suffit de se reporter aux classements Forbes et Challenges : plus de 70 % de ceux qui y figurent sont des entrepreneurs qui se sont enrichis grâce à leur travail. De plus, 90 des 100 plus riches changent de place tous les ans. Les 10 premiers dans le classement Challenges représentent (grâce à leurs sociétés), plus de 900 000 emplois.
- Les riches payent beaucoup d’impôts
Comme le montrent les derniers chiffres de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), de moins en moins de Français sont assujettis à l’impôt sur le revenu et les plus aisés sont de plus en plus matraqués : 76 % du total de l’IR sont payés par seulement 10% de contribuables et 40%, par les 1 % les plus riches. L’instauration de l’ISF (Impôt sur la fortune) en 1982 n’a fait qu’en chasser un grand nombre et n’a jamais rapporté beaucoup d’argent. Depuis, la dette et les dépenses publiques n’ont pas cessé d’augmenter. Avant sa suppression, l’ISF ne rapportait même pas 7 Mds d’euros par an. C’est moins de 0.2 % du total de la dette française (+3 300 Mds d’euros) actuelle.
- Le système français est très redistributif
Contrairement à un mythe tenace et complaisamment entretenu, les inégalités ne s’aggravent pas car la France est l’un des pays les plus redistributifs au monde. Après redistribution et transferts sociaux, l’écart de revenus entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres est divisé par 4. Ces transferts se montent à 500 milliards, entre contributeurs nets et bénéficiaires. Selon l’INSEE, grâce aux minima sociaux, aux allocations, à la progressivité des impôts, 57 % des Français reçoivent de l’Etat plus qu’ils ne versent.
- Le capital est très taxé
Autre mythe très répandu : le capital est moins taxé que le travail, En réalité, comme le montre une récente étude de l’IREF, les patrimoines sont assujettis à 4 fois plus d’impôts que les produits d’activité et de remplacement.
Au lieu de s’en prendre aux riches, c’est l’Etat qu’il faut bien dégraisser pour diminuer la dette et les dépenses publiques.
Illustration de couverture © Freepik IA
L’article Quatre vérités sur les riches est apparu en premier sur Contrepoints.