Le Front économique bute sur la remise en cause de notre « modèle social »
Alors que la préparation du budget pour 2026 s’annonce plus chaotique que jamais, le Front économique, lancé par le Medef en novembre 2024, a dévoilé ses propositions.
D’emblée, il est proposé de réduire certaines aides aux entreprises (et non pas de les supprimer toutes) et de baisser d’autant la fiscalité, en se concentrant sur les impôts de production ; de simplifier les normes ; de promouvoir les accords de libre-échange (Mercosur, Australie, Canada, Inde, Asean) ; de mettre en place des baux libres pour faciliter l’accès au logement, etc.
La fonction publique est particulièrement visée puisqu’il est recommandé d’aligner la structure des dépenses publiques, le nombre d’agents, de fonctions gouvernementales et de collectivités sur les moyennes européennes. Ainsi, 1,5 million d’agents publics et plus de 20 000 collectivités (essentiellement des communes) pourraient être supprimés.
Il est aussi préconisé de réformer le statut de la fonction publique en « concentrant la garantie de l’emploi à vie sur les missions régaliennes » et d’introduire « davantage de flexibilité par l’embauche en CDD ou en CDI de droit privé ». La rémunération des agents est également ciblée : reconduction du gel de la valeur du point d’indice, non‑versement de la prime de pouvoir d’achat des agents publics (GIPA), moratoire sur les avancements et promotions automatiques de carrières, etc.
Le Front économique espère par-là « des gains d’efficience permettant de maintenir la production de services publics inchangés ». En diminuant les effectifs de 10%, 25 milliards d’euros (Md€) pourraient être économisés et 600 000 emplois créés dans le privé.
Des propositions timorées sur les retraites
Sur les retraites, les propositions sont plus timorées. Si l’introduction d’un âge pivot de départ à la retraite à 64 ans augmentant en fonction de l’espérance de vie et des besoins financiers, la suppression de l’abattement de 10%, le gel des pensions… peuvent s’entendre étant donnée la situation actuelle, il est regrettable qu’il ne soit question que d’introduire une « dose de capitalisation » qui ne remette pas fondamentalement en cause un système voué à la faillite.
Il semble que le Medef ait quelques réticences à remettre en cause notre « modèle social ». C’est pourtant bien lui qui est la principale cause de nos difficultés.
Nombre des propositions vont dans le bon sens et sont à même de contribuer au redressement du pays, mais le Front économique a encore quelques progrès à faire pour être vraiment libéral !
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