La surprenante résilience de l’économie israélienne
La guerre que mène Israël contre les terroristes du Hamas et du Hezbollah lui coûte cher en dépenses militaires. Les finances publiques en souffrent nécessairement. La banque américaine JP Morgan prévoit un déficit de 6,2% du PIB cette année, conforme aux prévisions du ministère israélien des Finances (6%). Un chiffre élevé certes, mais finalement pas si éloigné du déficit français qui était, faut-il le rappeler, de 5,8% du PIB en 2024.
Si Israël connaît un déficit relativement faible après deux années de guerre, c’est essentiellement parce que le pays avait d’excellents ratios avant le conflit. En 2022, il avait un excédent budgétaire de 0,4% du PIB. Au début de la guerre, le ratio dette/PIB était d’environ 60% et le taux de chômage d’environ 3%.
Aujourd’hui, la bourse de Tel Aviv figure parmi les marchés les plus performants au monde, et les indices TA-125 et TA-35 ont bondi de plus de 28% depuis le début de l’année, dépassant de loin le S&P 500 (+12%), le Nikkei (+11%) ou le CAC 40 (+7%). La Banque d’Israël table sur une croissance de 3,3% cette année.
La confiance des investisseurs internationaux
Depuis trois décennies, le secteur des hautes technologies est le moteur de la croissance d’Israël, et il le reste aujourd’hui. Les tirs de roquettes n’ont pas empêché les entrepreneurs de conclure des accords de fusion-acquisition. Les ventes récentes de Wiz à Alphabet, la maison-mère de Google, pour 32 milliards de dollars (Md$) et de CyberArk par Palo Alto Networks pour 25 Md$, reflètent la confiance des investisseurs internationaux. Ceux-ci sont également conscients que les derniers succès militaires d’Israël ont permis de réduire les menaces en provenance de l’Iran et de ses affidés et rendent le paysage géopolitique finalement plus sûr.
Si le tourisme a diminué, les exportations restent solides. Et la demande mondiale croissante pour des systèmes de défense ouvre de nouvelles perspectives, Israël étant, comme chacun le sait, un des leaders en la matière.
La remarquable résilience de l’économie israélienne est en grande partie due à son potentiel de croissance et à ses fondamentaux solides. Dans quel état serait la France si elle avait connu deux ans de guerre ?
Ce n’est sûrement pas en négociant avec la gauche de nouvelles dépenses que le Premier ministre risque d’améliorer la situation de la France. S’engager sur la voie des réformes n’est plus une option si l’on veut retrouver une économie solide capable de faire face aux coups durs.
Illustration de couverture, Azrieliflag ©Fipplet via Wikimedia Commons
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