Poussière dans le vent, par Leonardo Padura
Ils sont huit amis cubains, tous différents les uns des autres mais unis par des liens indéfectibles, heureux de se retrouver, sous n’importe quel prétexte réel ou inventé, à Fontanar, leur refuge qui n’est autre que la maison de Clara. Malheureusement leur gaieté est celle du clown triste : non seulement l’alimentation se fait rare à Cuba, mais même la vaisselle en plastique et les couvertures doivent être dérobées à la compagnie d’aviation. Ils ont faim mais résistent, ils sont médecin, physicien, informaticien, artiste peintre, vétérinaire…en un mot ils travaillent même si ça leur coûte plus cher que de ne rien faire, ils volent car ils sont volés par l’Etat, mais ils savent encore rire et aimer. Les uns étouffent et rêvent d’Amérique, de Porto Rico ou d’Espagne, prêts pour un nouveau départ jusqu’à risquer leur vie, laisser derrière eux leur progéniture ou changer d’identité. D’autres se sentent surveillés voire même prisonniers, avec parmi eux une belle espionne suspecte.
Ainsi deux mondes se déchirent : celui dont ils rêvent et celui qu’ils subissent. C’est un demi-siècle de l’histoire cubaine qui se déroule et qui va faire exploser les plus beaux souvenirs familiaux. Certains seront poursuivis par un sentiment de responsabilité, d’autres par une sempiternelle culpabilité. Le style alterne entre érotisme et romantisme. « Poussière dans le vent », le Clan se disperse, mais l’esprit de fraternité subsiste , les survivants reviendront au chevet de Bernardo, conscients plus que jamais que la misère économique est à l’origine de la plus mesquine trahison. Et si la victoire finale tant souhaitée était dans ces allers-retours nostalgiques au pays des palmiers, des cigares et du rhum que l’auteur lui-même ne cesse de chanter ?
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