Le directeur général de la Maif, assureur (très) militant
Entretien lunaire sur RTL. Le directeur général de la Maif, « l’assureur militant », était l’invité de Thomas Sotto dans la matinale.
« Les entreprises doivent-elles payer plus pour contribuer au redressement des finances publiques ? », demande benoitement l’animateur. Réponse de l’énarque : « Il faut impérativement que tout le monde contribue »… comme si ce n’était pas déjà le cas ! Et le DG de la Maif de répéter l’un des arguments de Gabriel Zucman : « On ne peut pas demander un effort à l’ensemble des Français si ceux qui possèdent le plus, soit les grandes entreprises ne contribuent pas à cet effort ». Il faudrait donc répondre à la « colère sociale »… comme si ce type d’explication avait le moindre fondement scientifique !
Certes, a-t-il concédé, la « réduction des dépenses » est un sujet, mais c’est pour aussitôt viser les entreprises, « aidées » à hauteur de 211 milliards d’euros, notre assureur militant reprenant sans barguiner le chiffre trouvé par un rapport sénatorial mêlant des choux et des carottes ! La solution ? Il faut, estime-t-il en reprenant un souhait déjà exprimé par ses soins il y a deux ans (Le Monde, 14 octobre 2023), « fixer des conditions à l’attribution des aides ». Bref, reprendre comme un seul homme une idée, clamée à foison par la gauche et la gauche de la gauche, qui accroîtrait encore l’interventionnisme !
Pascal Demurger appelle à la hausse de la fiscalité des « plus riches » comme des entreprises !
Autre question : conviendrait-il d’augmenter l’impôt sur les sociétés ? Le DG de la Maif suggère de distinguer deux types de bénéfices. Pour ceux qui sont réinvestis, le taux pourrait être minoré ; pour ceux qui sont distribués en dividendes, il serait majoré.
En substance, le Président du Medef, Patrick Martin, aurait tort de s’opposer à une augmentation de la fiscalité des entreprises (Le Parisien, 14 septembre 2025) : on devrait au contraire répondre à la « colère sociale » en faisant montre de « solidarité ».
Evidemment, tous les auditeurs attendaient la réaction de notre mutualiste à la « taxe Zucman ». « Sur le principe, il est légitime d’avoir une taxation des patrimoines les plus importants », car, allègue-t-il, « les plus riches se trouvent moins fiscalisés (sic) que les autres ». Là encore, la doxa gauchiste est entérinée. Il faudrait simplement opérer des « ajustements » à la « taxe Zucman ».
Rappelons que le nom de Pascal Demurger avait circulé sur la liste des « Premiers ministrables » après les élections législatives (Ouest-France, 28 août 2024). Rassurons néanmoins nos lecteurs : le très militant DG de la Maif a démenti, sourire aux lèvres, sa volonté d’occuper prochainement le ministère des Finances.
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