La régression constitutionnelle de Gabriel Attal
Gabriel Attal fait peine à voir. Toujours furieux de n’avoir occupé Matignon qu’a peine plus de sept mois, le « bébé Macron » en veut à son Mentor d’avoir prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale. Depuis lors et en dépit de son cumul de fonctions (président du groupe macroniste au Palais-Bourbon et Secrétaire général du parti), il erre sans fin en tentant d’attirer l’attention sur lui dans la perspective de 2027.
C’est ainsi qu’il a clôturé la rentrée politique de son parti en s’exclamant entre autres : « De la même manière que dans notre Constitution il y a un principe de non régression environnementale, inscrivons un principe de non régression sociétale ! ». Il a ajouté que, « face aux conservateurs et aux réactionnaires », il faudrait « qu’aucune loi ne puisse revenir sur des droits, des principes, des conquêtes obtenues de haute lutte ». Pour l’égalité, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité selon les orientations sexuelles, selon les choix de chacun ».
On savait l’ancien Premier ministre inconsistant ; on le découvre farfelu.
On dit souvent que comparaison n’est pas raison. Ici, Gabriel Attal se trompe gravement. En effet, il n’existe aucune consécration constitutionnelle d’un principe de non régression environnementale ! Celui-ci n’existe que dans la loi, précisément le code de l’environnement, et il signifie (de manière plus que controversée !) que la réglementation en la matière doit toujours être en amélioration constante. Autrement dit, ce principe appelle à un normativisme débridé. C’est un premier point d’inquiétude.
Quant au fond, les propos du candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle sont à son image : flous et vaporeux, bref macroniens. S’agit-il uniquement du féminisme et des droits pour les personnes dites de minorités sexuelles ou de genre, comme le suggère la dernière phrase, ou de toutes les questions dites sociales ou sociétales ? Quant aux conquêtes qui n’auraient pas été « obtenues de haute lutte », en feraient-elles partie ?… Ces propos sont d’autant plus stupéfiants que non seulement ils masquent mal un fort conservatisme sous couvert de prétendu progressisme (la retraite à 60 ans et les 35 heures gravés dans le marbre ?), mais encore ils donneraient un pouvoir d’interprétation accru au Conseil constitutionnel au moment même où l’institution se trouve sous les feux d’une critique renouvelée du fait de ses décisions.
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