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"Emmanuel Macron doit démissionner, sinon les marchés l’y contraindront" : l’avertissement d’un ex-économiste du FMI

Ancien directeur adjoint du FMI, Desmond Lachman a analysé avec l’œil d’un lynx la gravité des crises de la dette grecque et de la zone euro. Aujourd’hui, il scrute de près l’état des finances françaises. Il y a tout juste une semaine, ce chercheur à l’American Enterprise Institute s’alarmait de la situation économique de la France dans un billet publié sur le site de ce think tank libéral, estimant que ses finances publiques, "devenues intenables", et sa politique "dysfonctionnelle" pourraient représenter "une menace existentielle pour l’euro". Autant dire qu’après le séisme provoqué par la démission surprise de Sébastien Lecornu du poste de Premier ministre, cet économiste américain d’origine sud-africaine ne semble pas près de revoir son jugement, lui qui écrivait récemment qu’il serait difficile pour la France d’éviter une crise économique en 2026. Une crise "qui pourrait se propager au reste de la zone euro et même ébranler les marchés mondiaux".

D’après Desmond Lachman, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait intervenir si la France venait à subir une forte pression des marchés, mais "cela ne se fera pas sans contreparties". Quant au président Emmanuel Macron, désormais seul face à la crise, "la meilleure chose qu’il pourrait faire serait de convoquer une présidentielle anticipée, plutôt que de maintenir tout le monde dans l’incertitude pendant un an et demi". Mais si la situation devient critique, "ce seront les marchés qui l’y contraindront", prévient-il. Entretien.

L’Express : En tant qu’observateur avisé, que vous inspire la nouvelle crise politique que traverse la France ?

Desmond Lachman : La crise s’accélère. D’un point de vue strictement économique, la France est dans un grand désordre budgétaire. Elle affiche un important déficit public, un niveau d’endettement très élevé et ce qui semble évident depuis un an ou deux, c’est qu’elle n’a pas la volonté politique de s’attaquer à ce problème. Les récents événements confirment qu’aucune solution rapide n’est en vue. Si Sébastien Lecornu n’a pas réussi à constituer un gouvernement capable de faire adopter un budget, pourquoi penser que son successeur y parviendrait ?

La piste la plus probable semble être une dissolution de l’Assemblée nationale. Or, du point de vue des marchés, cela crée une incertitude majeure, car nul ne sait quel sera le résultat de ces élections. Les marchés demeurent dans l’expectative. Et dans ce genre de contexte, ils ne seront pas disposés à prêter de l’argent à la France aux taux d’intérêt actuels. On l’a vu ce lundi : ces taux ont atteint leur plus haut niveau depuis 2011. Je m’attends d’ailleurs à ce que les écarts de taux continuent de se creuser dans les semaines à venir.

En quoi la situation économique vous semble-t-elle si alarmante ? La France peut-elle encore éviter le pire ? Et à quoi ressemblerait cette crise ?

Il suffit de se replonger dans ce qui s’est passé il y a une quinzaine d’années, lors de la crise de la dette dans la zone euro. C’est le même scénario : un pays dépense beaucoup plus d’argent qu’il n’en gagne et l’État doit emprunter pour se financer. Or, les prêteurs deviennent réticents à continuer de prêter si le pays ne donne aucun signe de pouvoir rembourser un jour, ou du moins s’il continue à vouloir emprunter toujours plus. C’est ainsi qu’une crise se déclenche : les prêteurs ne sont plus disposés à financer le gouvernement. Cela fait augmenter les taux d’intérêt auxquels l’État doit emprunter, ce qui creuse encore plus le déficit budgétaire. Ce genre de dynamique peut rapidement devenir incontrôlable. La vraie question, c’est de savoir si la Banque centrale européenne interviendra - il est, selon moi, très peu probable que le FMI soit impliqué - pour stabiliser la situation en rachetant de la dette française. Car cela tombe au mauvais moment.

La crise se propagera au reste de la zone euro, et elle pourra même atteindre les marchés mondiaux

L’Allemagne, compte tenu de la montée de l’AfD, ne voudra jamais que de l’argent soit dépensé pour la France, de l’argent dont ils penseront qu’ils ne reverront jamais la couleur. Ils percevront cela comme du gaspillage. Il y aura donc une résistance à ce que la BCE intervienne. Celle-ci devra alors probablement conditionner toute aide à la France à la mise en place d’un programme crédible pour remettre ses finances en ordre.

L’avantage de la France toutefois, c’est qu’en tant que deuxième plus grande économie de la zone euro, il est inconcevable que les autres pays la laissent tomber. Cela ferait exploser toute la monnaie unique. Et là, on entre dans le vrai processus de crise car les Français diront : "Nous ne sommes pas un petit pays, qui êtes-vous pour nous dire quoi faire ?". C’est ce genre de tension qui se profile. Mais à la fin, la crise va vraiment venir des marchés. Les marchés ne vont plus financer la France, laquelle devra alors se tourner vers la Banque centrale européenne en disant : "Vous devez vraiment nous aider, la situation devient chaotique."

"La France n’a guère d’autre choix réaliste que de réduire ses dépenses publiques si elle veut retrouver une trajectoire soutenable pour sa dette", estimez-vous. Est-ce vraiment la seule marge de manœuvre ?

Il me semble évident que si le niveau de dépenses publiques d’un pays représente 57 % du PIB et que les recettes fiscales atteignent 51 %, alors la majeure partie de l’ajustement doit venir du côté des dépenses. Sinon, l’économie ne peut tout simplement pas fonctionner. On ne peut pas continuer à augmenter les impôts indéfiniment et s’attendre à ce que l’économie croisse. Et c’est là tout le problème : l’économie française croît très lentement. Il faudrait mettre en place un programme qui favorise la croissance. Mais la France est dans la zone euro. Cela signifie qu’elle n’a pas sa propre monnaie. Elle ne contrôle plus sa politique monétaire. Un pays comme les États-Unis, par exemple, peut en théorie resserrer les cordons de la bourse tout en baissant les taux d’intérêt ou en laissant le dollar se déprécier. Mais la France est dans une situation où l’euro s’apprécie, donc cela va dans la mauvaise direction. Et là réside le danger - comme on l’a vu pendant la crise de la zone euro : les pays qui procèdent à une rigueur budgétaire sans avoir la possibilité d’agir sur la monnaie ou la politique monétaire entrent en récession. C’est exactement la situation difficile dans laquelle se trouve la France.

Lorsqu’on est dans un système de taux de change fixe - et c’est pour cela que les critères de Maastricht ou le traité de Lisbonne existent - il est essentiel que les pays maintiennent leur déficit budgétaire en dessous de 3 % du PIB et leur dette publique à 60 % du PIB. Or, la France affiche aujourd’hui un déficit budgétaire d’environ 6 % du PIB et une dette publique à 116 %. Ces niveaux sont donc deux fois supérieurs aux règles fixées. En somme, la France n’a pas respecté les règles du jeu, et maintenant, cela pose un sérieux problème.

La France a-t-elle, selon vous, besoin d’un traitement de choc comparable à celui qu’a connu la Grèce il y a quinze ans ?

Non. Ce qui a déclenché la crise de la Grèce, c’est que ses dirigeants avaient maquillé les chiffres. Tout le monde pensait que le déficit était autour de 6 % du PIB, puis ils ont annoncé qu’en réalité, il était plutôt de 15 %. La France n’est pas dans une situation aussi grave. Mais d’un autre côté, sa situation est plus sérieuse que celle de la Grèce, car la France est bien plus grande. Donc, si une crise éclate, ce sera une crise systémique. Elle ne sera pas confinée à la France : elle se propagera au reste de la zone euro, et elle pourrait même ébranler les marchés mondiaux.

C’est souvent la pression des marchés qui provoque un changement politique nécessaire

Sommes-nous en train d’assister à l’effondrement du modèle étatiste français tel que nous l’avons connu jusqu’ici ?

Probablement. Si une économie est dynamique - comme celle de la Chine, par exemple -, elle peut absorber un fort endettement. Lorsque la Chine s’est retrouvée lourdement endettée par le passé, elle s’en est sortie simplement en continuant à croître à un rythme soutenu de 7 à 8 % par an. Cette croissance lui a permis de se libérer de ses problèmes de dette. Mais lorsqu’on observe la France depuis l’étranger, que voit-on ? Une économie avec des impôts extrêmement élevés. Ce n’est pas un environnement très favorable aux entreprises. Les dépenses publiques y sont très importantes. Une économie à faible croissance, un chaos politique, un niveau d’endettement très élevé, un déficit budgétaire majeur… Cela n’inspire pas confiance. Pourquoi irais-je investir mon argent là-dedans ? C’est d’ailleurs ce qui explique - petite parenthèse - que le prix de l’or ait bondi de 50 % cette année. Parce que les gens observent non seulement la France, mais aussi les États-Unis, et se disent : ces pays-là ne rembourseront jamais leur dette. Ils vont soit la faire disparaître par l’inflation, soit faire défaut d’une manière ou d’une autre. D’où cet engouement croissant pour l’or.

Certains économistes et politiques relativisent le niveau d’endettement en expliquant que la France n’est pas au bord de la faillite. Que leur répondez-vous ?

S’ils pensent qu’ils n’ont pas de problème de dette, alors ils ne prêtent vraiment pas attention, car les chiffres font peur. Selon le FMI, le déficit budgétaire de la France devrait rester aux alentours de 6 % du PIB pour une période indéterminée. Cela devrait porter le ratio dette publique/PIB du pays à environ 128 % d’ici 2030, un niveau comparable à celui de la Grèce. Ce sont déjà des niveaux très élevés. Et comme je vous le disais, une dette élevée signifie qu’il faut la refinancer chaque année : à mesure que les obligations arrivent à échéance, il faut trouver de nouveaux investisseurs prêts à les reprendre. En plus de cela, il faut encore emprunter l’équivalent de 6 % du PIB supplémentaire. Autrement dit, les besoins de financement bruts sont énormes et il est très difficile de les couvrir.

Certains défendent l’idée d’une contribution exceptionnelle des grandes fortunes. Vous avez sans doute suivi les débats autour de la "taxe Zucman", soutenue par 86 % des Français. Qu’en pensez-vous ?

Ce qu’ils doivent faire, c’est réfléchir au message qu’ils envoient à ceux auprès de qui la France veut emprunter de l’argent. Par exemple, si vous augmentez les impôts des plus riches, le message implicite que vous envoyez, c’est que les détenteurs d’obligations, qui possèdent aussi beaucoup d’argent, pourraient être les prochains à être mis à contribution. Cela donne donc l’impression que le gouvernement pourrait gérer le problème en faisant défaut sur sa dette, d’une manière ou d’une autre, soit en imposant davantage, soit en restreignant les capitaux. Dès lors, pourquoi prêter à un pays qui donne ce signal ? Si les choses devenaient sérieuses, c’est exactement ce qu’on verrait : le gouvernement voudrait récupérer de l’argent, mais en faisant cela, il risquerait de provoquer une grave crise. Une fuite massive de capitaux pourrait frapper la France.

La solution peut-elle être politique ? Quelle est la part de responsabilité d’Emmanuel Macron dans la crise que traverse la France ?

On pourrait imaginer un scénario où de nouvelles élections législatives apportent un résultat favorable, mais cela semble hautement incertain. À mon sens, la meilleure chose qu’Emmanuel Macron pourrait faire serait de convoquer une élection présidentielle anticipée, plutôt que de maintenir le pays dans l’incertitude pendant encore un an et demi. Mais si la situation devient suffisamment critique, ce seront les marchés qui l’y contraindront.

Il y a une citation célèbre de James Carville, l’ancien conseiller de Bill Clinton : il disait que, s’il devait se réincarner, il voudrait revenir en tant que marché obligataire, parce que dans ce rôle-là, on peut dire aux gouvernements ce qu’ils doivent faire. C’est exactement ça. On l’a vu au Royaume-Uni avec l’ex-Première ministre Liz Truss : elle voulait prendre une certaine direction, et les marchés ont dit "stop". Ils n’ont pas financé ses mesures, et peu après, elle était évincée. Quelque chose de similaire pourrait arriver en France. Il suffirait que les obligations françaises prennent un coup, et que la BCE dise à la France : "Écoutez, on ne peut pas vous soutenir à moins que vous ne vous repreniez sérieusement." C’est souvent ce genre de pression des marchés qui provoque un changement politique nécessaire. À mon avis, c’est la direction dans laquelle nous allons, peut-être dans six mois, mais c’est là que nous nous dirigeons.

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