EN DIRECT. Démission du gouvernement : Sébastien Lecornu estime que "les perspectives d’une dissolution" s’éloignent
Une fois encore, la France est plongée dans une période d’instabilité institutionnelle. Alors que la démission surprise de Sébastien Lecornu, lundi matin, a provoqué une déflagration, le Premier ministre a entamé des consultations avec les principaux partis - seuls le RN et LFI refusant cette rencontre à Matignon. Ce mercredi, sont attendus dans la matinée le Parti socialiste et les Ecologistes. Avant de les recevoir, Sébastien Lecornu s’est dit favorable à une "suspension" de la réforme des retraites, pour arracher un accord d’ici mercredi soir comme demandé par Emmanuel Macron. En cas d’échec, le président de la République "prendra ses responsabilités", a déjà fait savoir l’Elysée.
Les infos à retenir
⇒ Sébastien Lecornu reçoit le Parti socialiste pour le dernier jour de consultations
⇒ Le Premier ministre a ouvert la porte à une "suspension" de la réforme des retraites
⇒ Yaël Braun-Pivet dit ne pas avoir évoqué la dissolution avec Emmanuel Macron
10h40
LFI censurera "tout gouvernement qui continue la politique macroniste", dit Mathilde Panot
La cheffe des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a assuré mercredi que son groupe censurerait "tout gouvernement qui continuerait la politique macroniste", estimant que le patron du PS Olivier Faure n'obtiendra "que des miettes" en négociant avec Sébastien Lecornu.
"S'il y a une alliance de bric et de brac qui se fait d'une quelconque manière pour continuer la politique macroniste, nous ne participerons pas à un sauvetage d'Emmanuel Macron", a martelé la responsable insoumise sur RMC-BFMTV, assurant par ailleurs qu'elle ne croyait "pas" à la nomination d'un gouvernement de gauche.
"Je n'ai pas dit que nous censurerions un gouvernement uniquement composé de socialistes, d'écologistes et de communistes", s'est-elle repris juste après, "à ce moment-là, nous verrions ce qui se fait". "Mais il n'y a qu'à voir les mathématiques, c'est impossible", en raison de la composition de l'Assemblée nationale, a-t-elle ajouté.
09h48
Les ministres de "quelques heures" n'auront pas le droit aux indemnités
Le Premier ministre démissionnaire n'a pas évoqué la réforme des retraites lors de sa déclaration depuis Matignon. Il s'exprimera en fin de journée après les consultations avec la gauche.
Sébastien Lecornu a néanmoins annoncé que, conscient des économies demandées aux Français, "les ministres qui auront été ministres seulement quelques heures, n'auront pas le droit à aux indemnités" de trois mois auxquelles ils auraient pu prétendre. "J'ai décidé de les suspendre. On ne peut pas vouloir faire des économies si on ne maintient pas par ailleurs une règle d'exemplarité et de rigueur", a-t-il jugé.
09h35
Sébastien Lecornu estime que "les perspectives d’une dissolution" s’éloignent
Le Premier ministre démissionnaire a déclaré que "l’ensemble des consultations" qu’il a jusqu’à présent menées avec l’ensemble des forces politiques a fait émerger une volonté "d’avoir un budget avant le 31 décembre", "une convergence évidemment qui éloigne les perspectives de dissolution".
Sébastien Lecornu a aussi affirmé que "la cible de déficit public doit être tenue en dessous de 5 % du déficit" dans le prochain budget, soit "entre 4,7 et 5 % de manière définitive".
09h07
Olivier Faure revendique toujours un Premier ministre de gauche
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure revendique toujours mercredi matin la nomination d’un Premier ministre de gauche et s’est dit hostile à une "plateforme commune même minimale" avec les macronistes, comme le propose notamment Gabriel Attal. "Nous ne serons pas dans la confusion. Le débat (parlementaire) doit avoir lieu sur tous les sujets", a déclaré M. Faure avant sa rencontre avec Sébastien Lecornu à 10h00 pendant laquelle il voudra "vérifier" que la suspension de la réforme des retraites, qui serait "un geste important et une avancée pour les salariés", n’est pas "un écran de fumée".
09h02
Sébastien Lecornu fera une déclaration depuis Matignon à 09h30
Sébastien Lecornu fera une déclaration depuis la cour de Matignon à 09h30 juste avant de recevoir les représentants du Parti socialiste, dans le cadre de ses consultations pour tenter de trouver une issue à la crise politique, a annoncé son entourage.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dit sur FranceInfo peu avant avoir reçu un appel de Sébastien Lecornu pour l’en informer. Le Premier ministre démissionnaire "m’a simplement dit qu’il ferait un point d’étape à 09h30 avant de nous recevoir". Le président Emmanuel Macron a chargé lundi soir le chef de gouvernement de mener d'"ultimes négociations" d’ici mercredi soir pour "définir une plateforme d’action et de stabilité".
08h23
Roland Lescure pas opposé à un Premier ministre de gauche s’il trouve "une majorité absolue capable de voter un budget"
Le ministre de l’Economie démissionnaire, Roland Lescure, a indiqué mercredi qu’il n’était pas opposé à la nomination d’un Premier ministre de gauche à la condition qu’il puisse "trouver une majorité absolue capable de voter un budget". A la question de savoir si un Premier ministre de gauche lui poserait problème, Roland Lescure a répondu sur France Inter : "Non. A une condition quand même, c’est qu’il puisse faire ce qu’on n’a pas réussi à faire depuis un an, c’est-à-dire à trouver une majorité capable de voter un budget".
08h12
"Modifier la réforme des retraites" coûtera "des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027", selon Roland Lescure
Une suspension de la réforme des retraites, une concession possible pour convaincre les socialistes de trouver un compromis sur le budget, coûtera "des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027", a déclaré mercredi le ministre de l’Economie démissionnaire, Roland Lescure. "On a besoin qu’une majorité de l’Assemblée nationale se mette d’accord pour ne pas censurer un gouvernement et faire passer un budget. Il faut que tout le monde fasse des concessions", a indiqué Roland Lescure sur France Inter. "Moi, je suis prêt à en faire, mais pas à n’importe quel prix", a-t-il ajouté : "face à des plus, il va falloir des moins, et ça, c’est des choses qu’on va devoir négocier".
Roland Lescure : "Modifier la réforme des retraites, ça va coûter des centaines de millions en 2026, des milliards en 2027" #LaGrandeMatinale pic.twitter.com/F1qA54tD2z
— France Inter (@franceinter) October 8, 2025
08h03
Yaël Braun-Pivet dit ne pas avoir évoqué la dissolution avec Emmanuel Macron
Reçue par Emmanuel Macron hier en même temps que le président du Sénat Gérard Larcher, la présidente de l’Assemblée nationale a assuré ce matin sur RTL que le chef de l’Etat n’avait pas évoqué la dissolution avec eux, alors que leur consultation préalable est obligatoire avant une telle décision. "Elle serait coûteuse, mettrait un coup d’arrêt total à notre pays et ne résoudrait pas grand chose", a-t-elle estimé à propos d’une telle dissolution.
"Nous n'avons pas évoqué la dissolution hier avec le président : elle serait coûteuse, mettrait un coup d'arrêt total à notre pays et ne résoudrait pas grand chose"@YaelBRAUNPIVET, présidente de l'Assemblée nationale française, invitée de @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/p7kWUeJP3O
— RTL France (@RTLFrance) October 8, 2025
Yaël Braun-Pivet a par ailleurs exprimé sa "gêne" de voir Sébastien Lecornu prêt à suspendre la réforme des retraites pour convaincre les socialistes de trouver un compromis sur le budget, lui préférant "un deal global". "Ça me gêne et je considère que si on devait aller dans cette direction, c’est dans le cadre d’un deal global", a déclaré la macroniste sur RTL, estimant qu'"il ne faut pas lâcher des trucs comme ça, quelque chose tous les jours".
Elle s’est également dite "absolument pas d’accord" avec la proposition d’Edouard Philippe d’organiser une présidentielle anticipée, assurant que "quand la mer tangue, il faut qu’on tienne tous la barre fermement chacun à son poste" et qu’il ne fallait "pas déstabiliser les institutions".
07h45
Sébastien Lecornu a fixé un ultimatum à LR en brandissant la menace de la gauche ou d’une dissolution, selon Laurent Wauquiez
Laurent Wauquiez a affirmé mardi, lors d’une visio avec les députés LR, que le Premier ministre démissionnaire avait fixé mardi un ultimatum jusqu’à mercredi soir aux Républicains pour qu’ils décident s’ils sont prêts à participer à un gouvernement avec la macronie.
"Leur interrogation c’est de savoir si après la position de Bruno Retailleau" qui a fait voler en éclats dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu, "on est toujours dans cette logique d’entente avec la macronie", a expliqué le patron des députés LR qui a été reçu dans l’après-midi par Sébastien Lecornu à Matignon, séparément du président du parti Bruno Retailleau, a indiqué à l’AFP un participant.
Selon Laurent Wauquiez, Sébastien Lecornu souhaite que le prochain chef du gouvernement soit "issu d’une entente qui a le plus de députés à l’Assemblée nationale […], leur première option étant le fameux socle commun" qui réunit la macronie et LR. Pour éviter une dissolution ou qu’un chef de gouvernement de gauche soit nommé, le locataire de Matignon demande "un retour à la situation de dimanche", en d’autres termes la décision des parlementaires LR de participer au gouvernement avant d’en connaître la composition et d’en claquer la porte."On va devoir maintenant répondre avec Bruno Retailleau et définir une position collective", a ajouté le député de Haute-Loire.
07h25
Pour Roland Lescure, des "voies de passage existent" sur le budget
Le ministre de l’Economie démissionnaire Roland Lescure estime que "des voies de passage existent" entre les différentes forces politiques pour doter la France d’un budget pour 2026, dans un entretien donné au Parisien. S’il reconnaît partir de la "copie Lecornu", le nouveau locataire de Bercy, nommé à ce poste dimanche, ouvre la porte au dialogue : "Je suis là pour lever les incertitudes politiques, et les voies de passage existent. Je vous garantis que la copie de sortie sera très différente de celle d’entrée".
Roland Lescure se dit également "pleinement au travail", aux côtés de la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, reconduite dimanche à ce poste par le Premier ministre démissionnaire. Le remplaçant d’Eric Lombard a échangé avec le patron du Medef, Patrick Martin, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, ainsi qu’avec le chef des Républicains, Bruno Retailleau, le président du groupe PS à l’Assemblée, Boris Vallaud, le premier secrétaire du PS Olivier Faure ou encore le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel. Il "espère pouvoir poursuivre (son) action, dans la mesure du possible", précise-t-il au Parisien.
07h10
Sébastien Lecornu abat la carte retraites avant sa négociation de la dernière chance avec le PS
Sébastien Lecornu joue son va-tout : avant de recevoir les socialistes à Matignon, le Premier ministre démissionnaire a ouvert la porte à une "suspension" de la réforme des retraites, pour arracher un accord d’ici mercredi soir comme demandé par Emmanuel Macron. Sébastien Lecornu a demandé il y a 15 jours au ministère de l’Économie une évaluation du coût de l’ensemble du projet de budget alternatif du Parti socialiste, où figure une suspension de la réforme des retraites, a indiqué l’entourage du Premier ministre mardi, confirmant une information du Parisien.
Sa prédécesseure Élisabeth Borne, aujourd’hui ministre démissionnaire de l’Education, avait ouvert le bal, affirmant que cette suspension était possible, "si c’est la condition de la stabilité du pays". Presque en même temps, Raphaël Glucksmann se félicitait à la sortie de Matignon que cette revendication qui "était impossible il y a quelques jours, aujourd’hui devien (ne) possible". La main tendue affichée sur les retraites, "c’est un réveil tardif, mais c’est un réveil positif", a réagi de son côté le patron du PS Olivier Faure. "Mais ce que je souhaite, c’est que nous puissions maintenant porter des débats à l’Assemblée", a-t-il ajouté.
07h00
Sébastien Lecornu reçoit les partis de gauche, mais pas LFI
Après avoir reçu la veille les présidents du parti Place publique, Raphaël Glucksmann et Aurore Lalucq, le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, doit recevoir ce mercredi le Parti socialiste à 10 heures, et les Ecologistes à 12h15. Les communistes ont également été conviés, à un horaire non précisé. Seule LFI a refusé la rencontre à Matignon. "Nous n’avons rien à négocier avec la macronie agonisante. Maintenant Macron doit partir, et vite !", a justifié la présidente du groupe à l’Assemblée, Mathilde Panot.
Hier, les Ecologistes et LFI ont appelé toute la gauche à "agir ensemble" pour porter un "programme de rupture au pouvoir", à la sortie d’une réunion qui les rassemblait, mais sans le Parti socialiste. Une nouvelle rencontre de la gauche devrait se tenir mercredi.