Dépenses publiques : la France victime d’hémiplégie économique
Les dirigeants politiques français souffrent d’un mal étrange : une forme d’hémiplégie économique. Une incapacité chronique à penser le monde et la politique macroéconomique autrement que binaire. Les querelles budgétaires lunaires de ces derniers mois en sont une nouvelle manifestation. La gauche ayant réussi un hold-up sur les débats, l’essentiel des discussions a porté sur le volet recettes du budget – en clair les impôts.
Taxe Zucman sur les ultra-riches, surtaxe sur les multinationales, relèvement de l’imposition des revenus du capital… Rien ou si peu sur les dépenses. Rien ou si peu sur l’efficacité de l’argent public et l’évaluation des politiques. Rien non plus sur notre modèle social, coûteux et boursouflé en comparaison à ceux de nos voisins.
Un creusement affolant des déficits et de la dette
Si la politique de l’offre d’Emmanuel Macron a raté en partie son objectif – augmenter durablement le potentiel de croissance du pays – c’est parce que le chef de l’Etat et ses gouvernements successifs se sont arrêtés en chemin, allégeant la pression fiscale en omettant d’ajuster la dépense en face, avec pour conséquence un creusement affolant des déficits et de la dette. Étonnant paradoxe pour l’inventeur du "en même temps".
Comme la relance socialiste de 1981 s’est fracassée sur le mur de la compétitivité, le macroniste a buté sur le modèle social et le mythe du ruissellement. Certes, la dissolution ratée et une Assemblée nationale écartelée n’ont guère aidé à poser clairement les enjeux. Mais ce travail de pédagogie devra être au cœur de la prochaine présidentielle. Au risque de voir la France dévaler encore l’escalier.