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"En se reniant sur les retraites, Elisabeth Borne sacrifie l’avenir des Français" : la charge de l’économiste Maxime Sbaihi

Alors que le pays s’enfonce un peu plus, chaque jour, dans la crise politique, un vent de renoncement souffle sur une partie de la Macronie. Dans les colonnes du Parisien, l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, a ouvert la porte à une "suspension" de la réforme des retraites. Celle qui, il y a encore deux ans, parlait de "choix politique essentiel" et fustigeait l’irresponsabilité et les "mesures démagogiques" de l’opposition, appelle aujourd’hui à "ne pas faire de cette réforme des retraites un totem". Au nom, soutient-elle, du compromis.

"Le signal envoyé est catastrophique", se désole Maxime Sbaihi. Depuis 2022, cet économiste, auteur de deux essais remarquables sur la démographie (Le Grand vieillissement, Les Balançoires vides, aux Éditions de l’Observatoire), fait des pieds et des mains pour alerter sur la gravité de la situation. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il ait accueilli la déclaration d’Elisabeth Borne avec effroi : "On donne l’exécrable sensation que cette réforme, pourtant indispensable, n’était ni sincère ni nécessaire depuis le début." Plutôt que de "brader l’avenir au nom d’une stabilité politique précoce", il faut une prise de conscience collective et adapter le pays à la réalité démographique, insiste-t-il. Entretien.

L’Express : L’ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dit, ce mardi, favorable à une "suspension" des retraites. Qu’est-ce que cette perspective vous inspire ?

Maxime Sbaihi : C’est un sabordage en bonne et due forme. Au-delà des graves conséquences sur notre modèle social et sur notre économie qu’aurait une telle suspension, et en filigrane une abrogation, de la réforme des retraites de 2023, le plus inquiétant dans cette histoire c’est le reniement de la parole politique. Il y a deux ans, le gouvernement expliquait aux Français que cette réforme était absolument nécessaire, aujourd’hui on leur dit qu’elle peut être simplement suspendue. Comment prendre au sérieux une telle parole ? Comment ne pas avoir la désagréable impression que tous ces débats interminables étaient factices et que les opposants à la réforme avaient finalement raison ? On donne l’exécrable sensation que cette réforme, pourtant indispensable, n’était ni sincère ni nécessaire depuis le début. Pire, on fait croire que les extrêmes qui pensent pouvoir s’affranchir de la réalité démographique ont raison depuis le début. Et tout ça pour gagner quelques mois de fausse stabilité politique ? Le signal envoyé est catastrophique.

Quelles seraient les conséquences économiques et budgétaires d’une suspension, voire d’une abrogation, de la dernière réforme des retraites ?

Le coût budgétaire immédiat serait d’une dizaine de milliards d’euros de déficit social supplémentaire sur un horizon de dix ans, au moment même où nous devons trouver 120 milliards d’économies rien que pour stabiliser la dette publique.

Au lieu de continuer les efforts pour équilibrer nos comptes sociaux, fortement déficitaires, et pour tenter de maîtriser un minimum nos dépenses de retraite, devenues notre premier poste de dépense publique, on envisage donc de creuser les déficits et de nous endetter davantage sur le dos de nos enfants. C’est plus grave que ça. L’immense bénéfice de la réforme des retraites de 2023 est d’améliorer continuellement le taux d’emploi des seniors qui reste en France très inférieur à nos voisins européens. Si la population active continue d’augmenter, c’est uniquement grâce à cet effet horizon qui nous a permis de porter nos taux d’activité et d’emploi à des niveaux record et de compenser une démographie déjà déficitaire sur un marché du travail victime de départs massifs à la retraite non-compensés par des entrées concomitantes.

Nous vivons en France dans une bulle spatio-temporelle

La réforme de 2023 nous a donc indirectement permis de continuer à produire la richesse collective nécessaire en rattrapant un peu de notre retard du nombre d’heures travaillées à l’échelle du pays. Enfin, on oublie souvent que faire joujou comme nous le faisons avec l’âge de départ à la retraite c’est aussi mettre en péril tous les efforts engagés pour changer la perception culturelle de l’emploi des "seniors" : il n’y a plus qu’en France, où l’âge de départ à la retraite reste parmi les plus précoces, qu’un quinquagénaire est considéré un quasi-retraité ! Ce réflexe hérité des années Mitterrand est non seulement stigmatisant mais en plus il nous prive d’une force de travail expérimentée et précieuse par les temps qui courent.

Ceux qui, dans la majorité présidentielle, se montrent ouvert à une suspension de la réforme des retraites plaident le sens de la responsabilité et du compromis. Au fond, quand on connaît l’étendue de l’opposition à cette réforme (à gauche comme à droite), et que tout le monde appelle au compromis, n’est-ce pas naturel que le bloc central lâche du lest à ce sujet ?

La responsabilité est-elle de brader l’avenir au nom d’une stabilité politique forcément précoce ou d’adapter le pays à une réalité démographique qui ne nous attend pas ? Nous vivons en France dans une bulle spatio-temporelle. Tous nos voisins ont compris que le vieillissement de la population nous forçait à travailler plus longtemps sur la vie. En Allemagne, les débats portent actuellement sur la nécessité de porter l’âge de départ de la retraite au-delà de 67 ans. En Italie, les finances publiques s’améliorent, non pas grâce aux réformes inexistantes de Georgia Meloni mais par héritage de ses prédécesseurs qui ont dû faire le sale boulot dans l’urgence en prenant des décisions trop longtemps repoussées. Je pense notamment au gouvernement technocratique de Mario Monti et sa ministre Elsa Fornero qui ont dû, sous la menace des partenaires de la zone euro et du FMI, repousser en une nuit l’âge de départ à la retraite à 67 ans. Je me souviens encore de la conférence de presse de la ministre Fornero, annonçant en pleurs des mesures radicales dont la brutalité n’était que le corollaire du manque de courage de tous ses prédécesseurs. Le scénario de l’ajustement radical sous la contrainte est désormais ce qui nous guette aussi. La démographie est une botte souveraine qui se chargera de refacturer chèrement tous les efforts refusés aujourd’hui et toutes les volte-face du présent.

On critique la démission d’une partie de la Macronie sur la question des retraites. Mais le problème ne vient-il pas des positions profondément démagogiques, à l’extrême droite comme à gauche, sur la question des retraites ?

Il y a en France un mal profond que j’appelle déni de démographie. Nous refusons de regarder notre miroir démographique, nous considérons à tort que la démographie est une toile de fond statique. Or nos naissances s’effondrent, notre solde naturel devient négatif, et le baby-boom est devenu un papy-boom qui gonfle comme jamais la pyramide des âges par le haut au moment où elle maigrit par le bas. Cette nouvelle réalité est en train de fissurer les piliers de notre modèle social par répartition et son ciment de la solidarité intergénérationnelle. Nous nous lamentons à juste titre sur le travail qui ne paie plus, sur une productivité atone, sur une croissance déprimée et des finances publiques dans le rouge vif, sans toutefois vouloir nous avouer qu’une pyramide des âges inversée est à l’origine de ces maux.

A ce déni collectif, il faut rajouter un gigantesque malentendu sur lequel surfent allégrement tous les démagogues. Dans une récente étude que nous avons menée avec le Club Landoy, nous avons découvert que seule la moitié des salariés a conscience de ne pas financer sa future pension par ses propres cotisations retraites. Autrement dit, l’autre moitié des salariés ne comprend pas la logique du système par répartition. Trop d’électeurs ont été induits en erreur à penser que la retraite est un salaire différé et que si leurs cotisations sont si élevées c’est parce que leur retraite le sera. Ironie suprême, ils raisonnent par capitalisation dans un système par répartition ! Je suis frappé de voir à quel point les jeunes générations d’actif peinent à réaliser qu’ils cotisent bien davantage que leurs parents, vont devoir travailler plus longtemps qu’eux et toucher des retraites moindres. Cette rupture d’équité intergénérationnelle est la plus grave à mes yeux et probablement la plus grande source de tensions entre les âges. En 1991, dans un livre blanc sur les retraites, Michel Rocard nous avait pourtant mis en garde contre ce piège tendu par la démographie : "Ceux qui, pour des gains politiques à courte vue, croiraient flatter l’opinion en niant le problème, programmeraient sûrement une guerre des générations."

Sous la question des retraites une autre facture démographique nous attend : la dépendance

Même si la réforme des retraites actuelle n’était pas suspendue, suffirait-elle à résoudre sur le long terme le problème structurel de notre système des retraites ?

On envisage de suspendre une réforme qui ne suffit même pas à garantir l’équilibre budgétaire de nos comptes sociaux… Même avec la réforme de 2023 pleinement opérationnelle, nous sommes encore en déficit aujourd’hui et leur accumulation future fera augmenter d’ici 2045 la dette du régime général de 300 milliards d’euros et celui des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers de 100 milliards d’euros. La trajectoire financière de notre système de retraites est déjà "hors de contrôle" pour reprendre les mots d’un récent rapport de la Cour de comptes que tout le monde semble avoir oublié.

Pour équilibrer structurellement notre régime des retraites, les projections montrent qu’il faudrait au moins porter l’âge de départ à la retraite à 66 ans en 2045 et 67 ans en 2070. Ces chiffres ne sont pas idéologiques, ils sont démographiques. Nous avons aujourd’hui un nombre record de 18 millions de retraités qui passent un temps -là aussi record - à la retraite et avec des pensions qui leur assurent un niveau de vie désormais équivalent aux actifs qui les financent. Nous n’avons jamais connu ça, et pour cause : cette situation est intenable. Pour y remédier, il va falloir d’urgence contenir la dépense sociale, prendre l’habitude de dépolitiser et désindexer les pensions de retraites, rééquilibrer les efforts entre actifs et retraités, notamment en portant le taux de CSG des retraités au même niveau que celui des actifs, et instaurer de nouveaux mécanismes de solidarité intragénérationnelle pour ne pas rompre la corde usée de la solidarité intergénérationnelle. Car sous la question des retraites une autre facture démographique nous attend : la dépendance. Les premiers baby-boomers commencent à arriver massivement à des âges de perte d’autonomie. Cette nouvelle longévité dépendante va coûter cher et nous ne savons toujours pas comment la financer en tant que société. La fameuse loi "grand âge" attendue depuis plusieurs quinquennats se fait toujours attendre. Elle est devenue une énième victime collatérale de notre crise politique.

Nous semblons plus enclins à nous mentir à nous-même qu’à reconnaitre nos problèmes

Au regard des positions des différents partis sur le sujet, et de l’instabilité politique, n’êtes-vous pas inquiet et pessimiste pour la France quant à son incapacité à réformer le pays ? On a du mal à voir un candidat, en 2027, proposer un programme économique qui soit à la hauteur des enjeux et de la réalité de la situation économique et budgétaire du pays…

Comme beaucoup de concitoyens, je m’inquiète de notre incapacité à regarder la réalité en face. Sur tant de sujets, l’idéologie a pris tellement de place qu’elle a remplacé le principe de réalité. Nous semblons plus enclins à nous mentir à nous-même qu’à reconnaître nos problèmes. Or la première étape vers la résolution d’un problème c’est la prise de conscience de son existence. Commençons par-là, par nous avouer que nous sommes devenus un pays de "vieux" qui se prend encore pour un pays de jeunes, par cesser de mépriser la démographie pour l’élever au même niveau que les mégatendances technologiques et climatiques qui vont radicalement changer notre quotidien.

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