Près de 40% des entreprises sont économiquement inactives
Nos dirigeants se gargarisent souvent de la vitalité de l’entreprenariat dans notre pays. Régulièrement, la croissance du nombre de créations d’entreprises est mise en avant. En 2024, on se réjouissait que plus de 1,1 million d’entreprises aient été créées, soit 59 700 de plus qu’en 2023. En août 2025, l’Insee notait une « accélération des créations d’entreprises », avec le dépassement du seuil des 100 000 créations mensuelles (102 961 précisément) pour la première fois depuis l’an 2000. En août 2009, il n’y a eu qu’un peu plus de 51 000 créations. En 16 ans, nous avons donc connu un doublement des créations d’entreprises. Mais derrière des chiffres mirobolants, il y a la réalité.
Un article récent de l’Insee s’intéresse aux entreprises économiquement actives, c’est-à-dire, pour faire simple, réalisant un chiffre d’affaires dans l’année étudiée. Se basant sur des données de 2022, l’organisme a pu recenser 8,9 millions d’entreprises dont 5,5 millions économiquement actives. Cela signifie que plus de 38% des entreprises immatriculées au répertoire Sirene (Système national d’identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements) sont inactives.
Osons une interprétation : s’il y a autant d’entreprises fantômes en France, c’est parce qu’il existe trop d’aides à la création. Dans une interview au magazine en ligne Business Times, la ministre déléguée chargée du Commerce, de l’Artisanat, des PME et de l’Économie sociale et solidaire, Véronique Louwagie, explique que l’accompagnement des primo-entrepreneurs est une priorité de l’État : financement de programmes pour des publics spécifiques comme les jeunes, les femmes et les habitants des quartiers prioritaires ; aides au financement comme les microcrédits (via l’ADIE), les prêts d’honneur ou encore les aides à l’innovation de Bpifrance ; fonds de soutien au commerce rural, soutien aux tiers-lieux, valorisation des métiers artisanaux, aides spécifiques pour l’outre-mer.
Toutes ces aides dopent assurément la création d’entreprises… qui ne sont pas toutes durables. Comme Contrepoints l’a récemment souligné, moins de trois micro-entrepreneurs sur dix – micro-entrepreneurs qui représentent 65% des créateurs d’entreprises – sont encore actifs cinq ans après leur lancement.
La suppression des aides aux entreprises couplée à la baisse des impôts et des charges permettrait d’économiser des milliards d’euros et de limiter les créations d’entreprises non viables.
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