Добавить новость
World News

Новости сегодня на DirectAdvert

Новости сегодня от Adwile

Diplômes, enquête sur le krach qui vient : "Nous devrions nous en inquiéter sérieusement"

"Les diplômés d’aujourd’hui sont fichus". En juin, le magazine The Economist choisissait un titre choc pour alerter sur une tendance de fond : dans de nombreux pays, les diplômés sont en train de perdre leur position privilégiée. Longtemps, le diplôme a fait figure de meilleur rempart contre le chômage. En France, nation qui a aboli les privilèges de la noblesse pour lui substituer ceux des grandes écoles, il vous octroyait même un rang à vie. "Nous sommes l’un des rares pays où un cadre de 55 ans se présente encore en disant : 'J’ai fait telle école lorsque j’avais vingt ans'!" ironisait dans nos colonnes Olivier Sibony, professeur de stratégie à HEC. Mais un vent mauvais souffle sur les mortiers et toges, ces tenues traditionnelles arborées lors des cérémonies universitaires. Même le patron de l’Essec Vincenzo Vinzi a mis en garde dans L’Express : "Hier encore, c’était un passeport pour la vie professionnelle, valable de longues années. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un visa temporaire".

Aux Etats-Unis, les récents chiffres ont tout d’un avertissement. En mars, le taux de chômage chez les diplômés américains âgés entre 22 et 27 ans a atteint les 5,8 %. Pour la première fois, il est largement supérieur au niveau national (un peu plus de 4 %). Les données gouvernementales compilées par des chercheurs de l’université de Chicago montrent que les titulaires d’un diplôme universitaire représentent un tiers des chômeurs de longue durée (plus de six mois), contre un cinquième il y a dix ans. Même les écoles d’élite n’échappent pas au phénomène. En 2024, 80 % des diplômés de l'école de commerce de Stanford avaient trouvé un emploi trois mois après avoir quitté l’université, contre 91 % en 2021. Selon une estimation de The Economist, le salaire médian des diplômés universitaires était en 2015 supérieur de 69 % à celui des diplômés du secondaire. L’année dernière, cet écart se réduisait à 50 %.

"Inflation scolaire"

Les Etats-Unis et l’Europe ne sont de loin pas les seuls concernés. En Chine, le taux d’emploi des diplômés universitaires entre 2020 et 2024 se situe officiellement à 56 %, mais selon une estimation de Ding Xueliang, professeur émérite de l’Université des sciences et technologie de Hong Kong, on serait bien plus proche des 30 %, avec "une armée de 30 millions de chômeurs diplômés". Au Maghreb, les diplômés de l'enseignement supérieur représentent 31,4 % de la population au chômage en Algérie, tandis que le taux de chômage des jeunes diplômés tunisiens frôle les 38 %. Une crise qui alimente la gronde de la "Gen Z", comme l’illustre actuellement le Maroc.

Aujourd'hui, l'écart entre diplômés et non-diplômés face au chômage se réduit.

En France, c’est le calme apparent avant la tempête. Selon l’OCDE, le taux de chômage des 25-34 ans avec diplôme de l’enseignement supérieur s’élève à 6,3 %, contre 5,8 % en 2019. Mais parallèlement, les jeunes adultes sans diplômes du deuxième cycle du secondaire ont connu une amélioration spectaculaire, passant en dix ans de 27,5 à 18,5 %. Pour Eric Charbonnier, analyste en chef à l’OCDE sur les questions d’éducation, "le diplôme qui fait la différence en France, c’est un master". Avec cependant des écarts importants en fonction des filières. Le taux de chômage des jeunes diplômés dans les Stim (science, technologie, ingénierie et mathématiques) n’est que de 3,2 % contre 6,1 % pour ceux en littératures, humanités et sciences sociales.

Mais l’expert ne cache pas son inquiétude face au risque d’une "inflation scolaire". Aux Etats-Unis, où les études coûtent cher et doivent être rentabilisées, le nombre d’étudiants inscrits dans les programmes de licence a déjà diminué de 5 %. En France, pays de la quasi-gratuité des universités, plus d’un quart des jeunes adultes sont aujourd’hui titulaires d’un master, contre un cinquième il y a encore six ans. "Sur les 25-34 ans, 53 % des jeunes ont désormais un diplôme de l’enseignement supérieur. C’est une progression énorme par rapport à une trentaine d’années" souligne Eric Charbonnier. "Pour l’instant, le taux de chômage reste stable. Mais face au développement de l’IA, nos masters préparent-ils bien aux changements qui s’annoncent sur le marché du travail ?". Pour l’économiste, se pose notamment une question de compétences. "La part des jeunes diplômés a connu une croissance rapide, mais tous ne sont pas équipés. 5 % des diplômés du supérieur n’ont pas les compétences en lecture d’un enfant de dix ans". Aux Etats-Unis, une enquête de l’université de Pittsburgh a montré qu’une majorité d’étudiants en anglais ne comprenaient pas les premières phrases du classique Bleak House de Charles Dickens.

Le coup de grisou de l'IA

Le plus alarmant, c’est que cette crise des diplômes se dessine alors même que le tsunami de l’intelligence artificielle n'a pas encore déferlé. Les révolutions technologiques précédentes ont exercé leur destruction créatrice sur les professions manuelles, des artisans du textile aux ouvriers spécialisés. Mais la révolution de l’IA menace, elle, les taches intellectuelles et donc les diplômés universitaires, là où aides-soignants, plombiers ou pâtissiers semblent à l’abri du couperet. Pour l’instant, seuls les nouveaux entrants trinquent. Une récente étude menée par Erik Brynjolfsson, chercheur à l’université Stanford, a fait beaucoup de bruit. Intitulée "Le canari dans la mine de charbon ?", elle confirme le coup de grisou à venir pour les mineurs du XXIe siècle. Alors que les travailleurs plus expérimentés sont épargnés, l’équipe de Stanford souligne que l’emploi des travailleurs en début de carrière (âgés de 22 à 25 ans) connaît une baisse de 6 % entre fin 2022 et juillet 2025 dans les professions les plus exposées à l’IA, telles que les développeurs de logiciels. A l’inverse, l’emploi des jeunes moins exposés à l’IA a progressé sur la même période.

Chercheur à l’université d’Oxford, Carl Benedikt Frey avait dès 2013 cosigné une célèbre étude sur l’automatisation des emplois. A L’Express, il confirme qu'il y a toutes les raisons de se faire du mouron pour les profils "juniors" dans les secteurs juridiques, financiers ou de consulting. "Ce qui est préoccupant, c'est que, comme de nombreux emplois de débutants sont automatisés, les entreprises sont moins incitées à miser sur la formation. Avant, si vous étiez McKinsey ou une banque, vous embauchiez un diplômé qui faisait d’abord des présentations PowerPoint, de la modélisation financière, un travail utile pendant les deux premières années, pendant lesquelles vous investissez dans sa formation. Mais aujourd’hui, ces jeunes ne font plus un travail utile pour vous, car il peut être en partie réalisé par l’IA, ou délocalisé à Manille ou Bangalore vu que l’IA réduit l’écart de productivité. En plus, ce jeune risque d'être débauché au bout de quelques années". Pour Carl Benedikt Frey, nous ne sommes pas préparés aux "pertes de statut" à venir pour tous les diplômés. "Si vous avez un emploi qui était auparavant relativement prestigieux dans le domaine du conseil, de la banque, du droit ou de l’enseignement supérieur, et que soudainement, grâce à l’IA, beaucoup peuvent faire ce que vous faites, c’est une remise en question de votre salaire et de votre place dans la société. Nous devrions nous en inquiéter sérieusement."

Dans le provocateur Ne faites plus d’études (Buchet-Chastel), les essayistes Laurent Alexandre et Olivier Babeau vont jusqu’à annoncer l’obsolescence programmée des longues études. Citant Sam Altman, qui a abandonné Stanford à l’âge de 20 ans ou Alexandr Wang, plus jeune milliardaire de la planète n’étant resté que très peu de temps au prestigieux MIT, le duo estime que les diplômés portent une "cible sur le dos" à l’heure du "taylorisme algorithmique". De passe-partout, le diplôme serait devenu un boulet indiquant aux employeurs une méconnaissance des réalités technologiques : "Pour les recruteurs qui construisent l’avenir dans l’IA, la biotech, la robotique, un long cursus universitaire n’est plus une preuve de compétence mais un mauvais signal".

Une contre-élite dangereuse pour l'ordre en place

Est-ce si grave si les diplômés perdent leurs positions dominantes ? Sur le plan de l’équité, on pourrait se réjouir d’un nivellement des hiérarchies cognitives. Mais l’Histoire nous rappelle que quand les personnes ambitieuses n’atteignent pas leurs grandes espérances, le chaos guette. On doit à Peter Turchin, professeur à l’université du Connecticut, le concept de "surproduction d’élites". Celle-ci intervient quand une société produit trop de candidats à l’élite par rapport à sa capacité à les absorber dans les structures du pouvoir. Pour Peter Turchin nous sommes aujourd’hui clairement dans cette situation du fait d’une production industrielle de diplômés. Or ce phénomène est selon lui récurrent dans les périodes précédant les crises sociales, comme lors des révolutions de 1848. "Trop d’aspirants à l’élite se disputent un nombre fixe de positions de pouvoir. C’est comme un jeu des chaises musicales : le nombre de chaises est constant, alors que le nombre de joueurs augmente. Résultat : le jeu crée des perdants qui sont frustrés et en colère. Lorsque la pyramide sociale devient trop lourde au sommet, les conséquences sont désastreuses pour la stabilité des sociétés" avertit-il. D'autant plus que ce sont les diplômés précaires, et non les catégories populaires, qui représentent la classe sociale la plus dangereuse pour l’ordre établi. "Ces personnes sont ambitieuses, nombre d’entre elles sont intelligentes, travaillent dur et ont de bonnes relations. Elles savent donc s’organiser pour se transformer en contre-élite, ce qui représente une combinaison très dangereuse". Dans son livre Le Chaos qui vient (Le Cherche-Midi), Peter Turchin note que les avocats frustrés figurent parmi les professions les plus dangereuses pour un régime en place, Robespierre, Lénine, Castro ou Gandhi ayant tous exercé ce métier. "Aux Etats-Unis nous surproduisons des avocats et juristes, avec trois fois plus de diplômés qu’il n’y a de postes disponibles. Et l’arrivée de l’IA pourrait supprimer jusqu’à la moitié de leur travail. Ce qui signifierait qu’il y aurait six fois plus d’aspirants que de postes à pourvoir pour cette profession !"

Que faut-il étudier ?

Reste la question à un million : qu’étudier aujourd’hui ? Pour Carl Benedikt Frey, il faut arriver à se distinguer dans le nouveau monde de l’intelligence artificielle. "Si l'IA rédige vos mails comme ceux des autres, les résultats seront de plus en plus homogènes. La façon dont vous allez vous démarquer passera donc par la communication en personne. Les compétences relationnelles vont devenir plus importantes à l'avenir". Par ailleurs, les humains garderont une longueur d’avance dans les activités les plus imprévisibles, volatiles et changeantes. "L’IA est performante dans les domaines où il existe de nombreux précédents, et elle peut vous donner une réponse mieux structurée. A moins que vous ne soyez l'un des meilleurs experts dans un domaine, l'IA sera meilleure que vous. En revanche, elle n’est pas aussi performante lorsqu’il s’agit de situations nouvelles. La plupart des gens savent qu'AlphaGo a battu le champion du monde de go en 2016. Mais ce qu'ils ignorent, c'est qu'en 2023, des amateurs humains équipés d'ordinateurs portables ont surpassé AlphaGo en l'exposant à de nouveaux concepts et positions. La question se pose donc toujours de savoir comment ces systèmes réagissent face à de nouvelles circonstances" observe le chercheur d'Oxford.

Ne croyant pas à la fin du travail, Laurent Alexandre et Olivier Babeau parient sur l’émergence de nouveaux métiers complémentaires de l’IA, comme les "prompt engineers". Auteur de Nexus (Albin Michel), l’historien israélien Yuval Noah Harari estime qu’il faudra "trouver un équilibre entre compétences intellectuelles, sociales et manuelles". Mais tous s’accordent sur le fait que, dans ce nouveau monde, la capacité à se former en permanence et à se réinventer sera la clé du succès, bien plus qu’un document tamponné. Les diplômés ne sont peut-être pas fichus, mais ils ont du pain sur la planche.

Читайте на сайте


Smi24.net — ежеминутные новости с ежедневным архивом. Только у нас — все главные новости дня без политической цензуры. Абсолютно все точки зрения, трезвая аналитика, цивилизованные споры и обсуждения без взаимных обвинений и оскорблений. Помните, что не у всех точка зрения совпадает с Вашей. Уважайте мнение других, даже если Вы отстаиваете свой взгляд и свою позицию. Мы не навязываем Вам своё видение, мы даём Вам срез событий дня без цензуры и без купюр. Новости, какие они есть —онлайн с поминутным архивом по всем городам и регионам России, Украины, Белоруссии и Абхазии. Smi24.net — живые новости в живом эфире! Быстрый поиск от Smi24.net — это не только возможность первым узнать, но и преимущество сообщить срочные новости мгновенно на любом языке мира и быть услышанным тут же. В любую минуту Вы можете добавить свою новость - здесь.




Новости от наших партнёров в Вашем городе

Ria.city
Музыкальные новости
Новости России
Экология в России и мире
Спорт в России и мире
Moscow.media









103news.com — быстрее, чем Я..., самые свежие и актуальные новости Вашего города — каждый день, каждый час с ежеминутным обновлением! Мгновенная публикация на языке оригинала, без модерации и без купюр в разделе Пользователи сайта 103news.com.

Как добавить свои новости в наши трансляции? Очень просто. Достаточно отправить заявку на наш электронный адрес mail@29ru.net с указанием адреса Вашей ленты новостей в формате RSS или подать заявку на включение Вашего сайта в наш каталог через форму. После модерации заявки в течении 24 часов Ваша лента новостей начнёт транслироваться в разделе Вашего города. Все новости в нашей ленте новостей отсортированы поминутно по времени публикации, которое указано напротив каждой новости справа также как и прямая ссылка на источник информации. Если у Вас есть интересные фото Вашего города или других населённых пунктов Вашего региона мы также готовы опубликовать их в разделе Вашего города в нашем каталоге региональных сайтов, который на сегодняшний день является самым большим региональным ресурсом, охватывающим все города не только России и Украины, но ещё и Белоруссии и Абхазии. Прислать фото можно здесь. Оперативно разместить свою новость в Вашем городе можно самостоятельно через форму.

Другие популярные новости дня сегодня


Новости 24/7 Все города России



Топ 10 новостей последнего часа



Rss.plus


Новости России







Rss.plus
Moscow.media


103news.comмеждународная интерактивная информационная сеть (ежеминутные новости с ежедневным интелектуальным архивом). Только у нас — все главные новости дня без политической цензуры. "103 Новости" — абсолютно все точки зрения, трезвая аналитика, цивилизованные споры и обсуждения без взаимных обвинений и оскорблений. Помните, что не у всех точка зрения совпадает с Вашей. Уважайте мнение других, даже если Вы отстаиваете свой взгляд и свою позицию.

Мы не навязываем Вам своё видение, мы даём Вам объективный срез событий дня без цензуры и без купюр. Новости, какие они есть — онлайн (с поминутным архивом по всем городам и регионам России, Украины, Белоруссии и Абхазии).

103news.com — живые новости в прямом эфире!

В любую минуту Вы можете добавить свою новость мгновенно — здесь.

Музыкальные новости




Спорт в России и мире



Новости Крыма на Sevpoisk.ru




Частные объявления в Вашем городе, в Вашем регионе и в России