Xavier Bertrand exécute Edouard Philippe devant Emmanuel Macron, Bruno Le Maire mijote sa revanche
Qui est le Premier ministre ? En fait, c’est une colle… Sébastien Lecornu est à Matignon, il vient d’arriver mais son sort paraît comme suspendu… Le second quinquennat d’Emmanuel Macron est décidément à nul autre pareil. Chaque semaine qui passe nous réserve de nouvelles surprises.
Fin de vie : la bataille du calendrier
C’est le texte maudit du quinquennat, victime de tous les aléas politiques du mandat : la proposition de loi sur la fin de vie sera normalement discutée au Sénat le 12 janvier. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, très attachée à cette PPL, a demandé au gouvernement de s’engager par écrit sur le respect de ce calendrier (qui permet aussi aux députés de se pencher sur le texte avant la fin de la mandature) et de s’assurer que Gérard Larcher tiendra les délais. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a publiquement exprimé le souhait de l’exécutif de voir la question tranchée avant 2027.
Bruno Le Maire, revanchard débridé
Le Maire outragé ! Le Maire martyrisé ! Mais Le Maire libéré… et prêt à en découdre ! Après avoir démissionné du gouvernement suite aux cris d’orfraie de Bruno Retailleau, l’éphémère ex-ministre des Armées, loin d’être au fond du seau, est semble-t-il bien décidé à prendre sa revanche. Selon l’un de ses amis et interlocuteurs réguliers, l’épisode malheureux a "fait péter les derniers verrous qui étaient dans la tête de BLM" pour le motiver encore davantage sur sa route vers l’élection présidentielle de 2027. "Il n’a abdiqué aucune de ses ambitions et ça l’a même débridé, glisse ce proche. Il ne retiendra plus ses coups, vis-à-vis de la classe politique en général, et en particulier vis-à-vis de tous ceux qui lui ont demandé des services, des postes, qui lui ont passé la brosse à reluire pendant sept ans et qui ne l’ont pas défendu, voire torpillé." Dans cet océan d’ingratitude, Bruno Le Maire a toutefois grandement apprécié le geste de Gérald Darmanin qui a publiquement pris sa défense : "Ça l’a vraiment touché et il s’en souviendra longtemps." Le Maire-Darmanin, nouveau ticket gagnant ?
Xavier Bertrand exécute Edouard Philippe devant le président
Edouard Philippe s’est invité dans la conversation téléphonique entre Emmanuel Macron et Xavier Bertrand le 10 octobre, après que l’ancien Premier ministre eut demandé une élection présidentielle anticipée. "Quand tu n’aimes pas César, tu n’aimes pas non plus Brutus", a fait remarquer le président de la région Hauts-de-France au chef de l’Etat.
Lecornu et Braun-Pivet : jamais l’un sans l’autre
Yaël Braun-Pivet a (presque) sursauté en entendant Sébastien Lecornu annoncer son intention de mener lui-même les débats budgétaires lorsque le projet de loi des finances sera examiné dans l’hémicycle. Explication : la tradition veut que ce soit la présidente de l’Assemblée nationale qui occupe le perchoir lorsque le chef du gouvernement est présent sur les bancs. Les deux ont prévu de s’organiser ensemble pour prévoir leur présence.
Macron-Valls, ultimes échanges
Avant la formation du gouvernement Lecornu I, Emmanuel Macron appelle Manuel Valls pour lui annoncer qu’il sera reconduit au ministère des Outre-mer. Les deux hommes en profitent alors pour revenir sur le fameux Conseil des ministres de l’été au cours duquel Manuel Valls avait critiqué la reconnaissance de la Palestine. "Ce n’est pas moi qui ai fait fuiter l’échange", précise le ministre d’Etat. "Je sais et je sais qui l’a fait", répond le président. Huit jours plus tard, Manuel Valls est évincé du gouvernement Lecornu II. Nouvel échange. "Je pars ce soir en Egypte, je te rappelle à mon retour", indique Emmanuel Macron. "Non, c’est fini", rétorque Manuel Valls.
Les calculs de Jordan Bardella
C’est bien connu : Jordan Bardella s’imagine déjà à Matignon. Avant la dissolution, il avait même demandé à Gabriel Attal s’il pouvait visiter les appartements privés. Le jeune Premier ministre avait évidemment refusé et l’avait raconté au Tout-Paris. Mais le président du RN s’imagine aussi au second tour de l’élection présidentielle, face à Jean-Luc Mélenchon. Et il n’est pas convaincu de plier le match. "Il sait que Mélenchon sera habile et jouera très bien sa partition. Il s’imagine plutôt l’emporter avec 56 ou 57 % des voix", rapporte un proche qui a récemment partagé un verre avec l’eurodéputé.
Union des droites : le vent souffle fort
"Ça sent fort l’union des droites. Le RN va avaler Les Républicains tout cru, sans les mâcher", glisse une députée proche de Gabriel Attal. Et, au sein du groupe d’Éric Ciotti, Union des droites pour la République (UDR), on s’en frotte les mains. "Avant la dissolution, ceux qui pouvaient nous rejoindre se comptaient sur les doigts d’une main. Aujourd’hui, je ne compte plus les LR qui viennent me voir pour me demander s’il nous reste des circonscriptions gagnables", jure un cadre UDR. Et d’affirmer qu’en cédant sur le "totem" des retraites, les LR ont déjà acté qu’il n’y avait plus de différence entre le RN et eux. "Les LR sont déjà morts mais ne le savent pas encore", achève un lieutenant de Marine Le Pen.
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