Les propriétaires de résidence secondaire, dindons de la farce macronienne
Les amendements de La France Insoumise ont été rejetés sur ces points le 17 octobre, mais ils sont révélateurs du climat néo-communiste qui règne sur certains bancs de l’Assemblée nationale : amendement présenté par Eric Coquerel pour le groupe LFI proposant « le rétablissement de la taxe d’habitation pour les 20 % des contribuables les plus riches » ; amendement d’Aurélien Le Coq proposant d’étendre la taxe d’habitation sur les résidences secondaires « à tout le territoire » et en plus de la « rendre progressive ». En revanche, l’amendement de Mathilde Feld mettant « réellement » en place la révision annuelle des valeurs cadastrales « afin de rendre la taxe foncière plus juste » a, lui, été adopté le même jour. Finalement, les députés ont aussi adopté en commission l’amendement LFI sur la possibilité laissée aux communes d’augmenter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (Le Figaro, 20 octobre 2025).
La commission des finances de l’Assemblée nationale a vu se jouer comme chaque année la foire à la démagogie fiscale.
Rappelons que la taxe d’habitation a été supprimée des vœux d’Emmanuel Macron, mais de manière macronienne… D’abord, la taxe n’a pas été supprimée pour tous et sa suppression, contrairement à la promesse initiale, a été étalée dans le temps. Finalement, la taxe a disparu au 1er janvier 2023. Mais, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires a, elle, été maintenue. Certains contribuables, notamment les Parisiens, en savent quelque chose… Le Figaro donne les derniers chiffres : 3,7 millions de ménages possèdent une résidence secondaire, ce qui représente 9,8 % du nombre des logements en France ; sur 3.697 communes éligibles, 1.461 ont augmenté la taxe d’habitation de 5 à 60 %, dont 539 au taux maximal.
A priori, les libéraux devraient se réjouir de la disparition d’un impôt. Pourtant, la suppression, en fait partielle, de la taxe d’habitation sans réforme globale de la fiscalité locale et plus largement sans réforme de la décentralisation, a été une grave erreur très représentative du mépris du chef de l’État pour la propriété privée, assimilée de manière stupéfiante à une « rente ».
En effet, la fiscalité locale pèse en apparence presque uniquement sur les propriétaires. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères peut, elle, être remboursée au propriétaire par le locataire, sauf pour les frais de gestion, s’agissant de charges récupérables. Mais en réalité, l’État a officiellement compensé la perte fiscale consécutive à la suppression de la taxe d’habitation, ce qui a entraîné deux conséquences négatives, elles-mêmes liées. D’abord, la fiscalité locale dépend aujourd’hui encore plus de l’État central, au mépris du principe des libertés locales. Ensuite, dépendant de ce dernier, les collectivités locales se sont trouvées encore plus sujettes aux baisses de dotations. C’est exactement l’inverse qui aurait dû être fait avec la mise en place du principe de subsidiarité, qui comprend la subsidiarité fiscale. Mais il va de soi que les gouvernants centralisateurs ont tout fait pour éviter une concurrence fiscale entre les collectivités locales…
Quant aux propriétaires de résidences secondaires, ils sont les dindons de la farce. Occupant par principe leur propriété quelques mois au plus dans l’année, ils subissent de plein fouet une hausse de la fiscalité dont ils ne profitent que très partiellement. On en arrive à cette situation effarante où l’électeur n’est plus pour l’essentiel celui qui paye, au mépris de l’histoire du consentement à l’impôt ! La porte ouverte à toutes les démagogies au plan local ! Et n’oublions pas que depuis l’entre-deux-guerres, il n’est plus possible pour une personne de voter plusieurs fois en tant que multipropriétaire, puisqu’elle doit choisir un lieu de votation unique.
L’article Les propriétaires de résidence secondaire, dindons de la farce macronienne est apparu en premier sur Contrepoints.