Le PS, qui n’a obtenu que 1.75 % à la dernière présidentielle, veut encore alourdir les impôts
Céder à un chantage revient généralement à encourager le suivant. Fort de sa victoire dans son bras de fer avec le gouvernement sur la réforme des retraites, la seule du quinquennat et demi du président Macron, finalement suspendue, et malgré le fait qu’il n’a obtenu que 1.75 % à la dernière présidentielle, le Parti socialiste est revenu à la charge vendredi. Son premier secrétaire, Olivier Faure, a lancé un ultimatum au gouvernement, prévenant que « s’il n’y a pas d’évolution d’ici lundi » sur le projet de budget 2026 concernant notamment la taxation des ultra-riches, il votera la censure du gouvernement. Dans ce cas-là, le gouvernement de Sébastien Lecornu se sera déballonné sur les retraites pour gagner seulement quelques semaines de répit et tomber sans gloire, « S’il n’y a pas d’évolution d’ici lundi » sur le budget, « ce sera terminé », a déclaré M. Faure sur BFMTV. Il a dénoncé « toutes ces séries d’horreurs » qu’il faut retirer du projet du gouvernement, évoquant « l’abattement sur les retraités », « le gel des pensions de retraites », « le gel des prestations sociales ».
Son braquage ? Quinze à vingt milliards d’euros d’impôts supplémentaires », qui permettraient de corriger la copie » du gouvernement, mais « pour l’instant, on est très loin du compte ». Une hausse d’impôts pour le pays du monde où la pression fiscale est déjà la plus élevée, à l’équivalent de 47 % du revenu national, et qui détient en outre le record du monde du nombre de millionnaires s’expatriant, que voilà une bonne idée ! Les propositions de la gauche en faveur de la taxation des plus fortunés, au premier rang desquelles un amendement sur la taxe Zucman sur les très hauts patrimoines, mais aussi un « ISF climatique » (en gros, si vous êtes riche c’est que vous avez contribué de manière disproportionnée au réchauffement de la planète) seront normalement examinées samedi. « Il faut taper sur les ultra-riches et sur les super-héritages », a martelé Olivier Faure. Le Premier ministre a invité à « trouver les voies du compromis », tandis que son ministre de l’économie, Roland Lescure, affirmait à l’Assemblée de manière cryptique que « concession ne veut pas dire déraison ». Il a affirmé qu’il se montrerait « particulièrement vigilant » au « respect » de la trajectoire budgétaire, « car le compromis politique que nous atteindrons ne fera pas de lui-même disparaître notre dette ». Sébastien Lecornu présentera lui-même les orientations du gouvernement dans l’hémicycle. Celui-ci ambitionne une trentaine de milliards d’euros d’économies en 2026, pour ramener le déficit à 4,7% du PIB, contre 5,4% anticipé en 2025.
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