Immobilier : nos trois conseils pour dénicher un bien de caractère
Manoir en pierre blonde flanqué d’une tourelle ; longère en colombage ; chalet coiffé d’une toiture en bardeaux de bois… En France, chaque région a son histoire, ses matériaux et son style architectural. Autant dire que, si vous rêvez de devenir propriétaire d’un bien de caractère, vous pouvez le trouver sur tout le territoire. Mais attention : dans ce marché immobilier très hétérogène, les prix s’érodent depuis 2024, et ce parfois sérieusement. Aussi, avant de vous lancer, vous faut-il garder en tête les trois points suivants
1) Triez le bon grain de l’ivraie
Il n’existe pas de définition précise d’un bien de caractère, car les amateurs de vieilles pierres ont des goûts très éclectiques. Seuls points communs, "l’environnement compte, car une petite chaumière dans un écrin de verdure vaut souvent plus cher qu’un grand manoir entouré de terres agricoles", précise Patrice Besse, directeur du groupe du même nom.
Les rénovations réalisées doivent aussi avoir conservé la typicité du logement. Un mas provençal dont les tomettes patinées ont été remplacées par du carrelage immaculé, ou une maison bourguignonne avec des stores électriques en PVC en lieu et place des volets en bois typiques de la région, vaudront moins cher qu’un bien "dans son jus". Qu’une gentilhommière dispose du confort moderne n’est évidemment pas un problème, mais à condition que les traces du passé, qui en font tout le charme, aient été conservées.
2) Entourez-vous de spécialistes
Ce marché des biens de caractère est réservé à des réseaux de spécialistes, comme le cabinet Le Nail, Emile Garcin, le groupe Mercure ou Patrice Besse. Des acteurs régionaux, agences immobilières indépendantes familiales et études de notaires locales en tête, disposent parfois d’une offre intéressante, souvent peu mise en avant sur les sites de petites annonces. Il faut donc être prêts à arpenter les zones rurales pour dénicher ces pépites.
Comme l’offre dépasse largement la demande, deux stratégies s’offrent à vous si vous souhaitez faire "une bonne affaire". Soit surveiller les petites annonces et visiter rapidement toute nouvelle mise en vente. Soit négocier âprement les biens proposés depuis plusieurs années.
Dans les deux cas, veillez à bien vous entourer car "acheter un édifice patrimonial nécessite des compétences dans plusieurs domaines", souligne Patrice Besse. En plus des contraintes propres au bâti et au foncier (terres agricoles, forêts…), il vous faut vérifier que les travaux effectués ont été réalisés dans les règles. A cela s’ajoutent, selon la région et le bâti, le respect des lois littoral, montagne ou de protection du patrimoine.
3) Payez le juste prix
A plus de deux heures de route d’une grande métropole, grandes maisons bourgeoises et fermes cossues à rénover sont disponibles pour moins de 150 000 euros. Si elles sont plus proches ou situées dans une campagne prisée, elles sont proposées de deux à quatre fois plus cher. A surface comparable, une belle maison sur les côtes normande et basque, dans les Alpilles ou en Haute-Savoie vaudra donc largement plus qu’un joli manoir en Mayenne, à l’intérieur de la Bretagne, sur les contreforts de l’Ardèche ou dans l’arrière-pays pyrénéen.
En moyenne, comptez entre 250 000 et 400 000 euros pour un petit château dans une région éloignée, avec des rafraîchissements à prévoir. Plus près des grands axes routiers ou ferroviaires et en bon état, la même propriété se négociera plutôt entre 400 000 et 700 000 euros. Au-delà de ce seuil symbolique, le bien de caractère, pour justifier son prix, devra se trouver à proximité de la mer, au pied des pistes ou disposer d’une jolie piscine, d’un tennis et d’un grand parc.