Cambriolage au Louvre : ce que l’on sait de l’interpellation de deux suspects
L’enquête avance. Deux hommes sont actuellement en garde à vue dans le cadre des investigations liées au cambriolage du musée du Louvre. Les faits, le 19 octobre, s’étaient produits en plein jour. À l’aide d’un chariot élévateur, des malfaiteurs avaient accédé aux salles du musée parisien, dérobant plusieurs bijoux précieux de la Couronne de France dans la galerie d’Apollon. Depuis, ils étaient en fuite et activement recherchés par les autorités. Ces interpellations, ce week-end, sont les premières dans cette affaire qui a fait le tour du monde.
Où et quand les suspects ont-ils été arrêtés ?
Dans un communiqué publié dimanche 26 octobre, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a confirmé "que les enquêteurs de la BRB (Brigade de répression du banditisme) [avaient] procédé à des interpellations dans la soirée [de] samedi". D’après une source proche du dossier, interrogée par l’AFP, l’un des deux hommes arrêtés se trouvait à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (Val-d’Oise) au moment de son interpellation par les policiers. Il s’apprêtait à quitter le territoire français. Selon BFMTV et TF1-LCI, le second mis en cause a pour sa part été placé en garde à vue après avoir été retrouvé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
D’abord révélées par Le Parisien et en partie par Paris-Match, les interpellations de ces deux suspects ont donc rapidement fuité dans la presse. Or, selon Laure Beccuau, ces informations "ne peu [vent] que nuire aux efforts d’investigation de la centaine d’enquêteurs mobilisés, dans la recherche tant des bijoux volés que de l’ensemble des malfaiteurs", a-t-elle regretté.
Quel est le profil des deux suspects ?
Peu d’informations précises ont filtré sur cette question. Toujours d’après une source proche du dossier citée par l’AFP, les deux hommes auraient une trentaine d’années et seraient originaires de Seine-Saint-Denis. Ils seraient déjà connus des services de police pour de précédents faits de vols lors d’opérations "sophistiquées", selon Le Monde. Ils ne seraient néanmoins pas les seuls à avoir activement participé au cambriolage du musée parisien, mené sur place par un commando de quatre personnes au total. Le butin, estimé à 88 millions d’euros, n’a par ailleurs pas été retrouvé durant ces interpellations.
Comment vont se poursuivre les recherches des enquêteurs ?
Les gardes à vue des deux hommes pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs criminelle peuvent durer jusqu’à 96 heures. Les investigations, confiées à la BRB et à l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC), mobilisent aujourd’hui une centaine d’enquêteurs. Au total, plus "de 150 prélèvements de traces ADN, papillaires et autres ont été réalisés" sur les lieux du cambriolage, avait annoncé jeudi Laure Beccuau. Dans leur fuite, les malfaiteurs ont abandonné entre autres des gants, un casque, deux disqueuses, un chalumeau, un gilet jaune et un talkie-walkie sur lesquels des prélèvements ont été effectués.
Les voleurs n’ont pas eu le temps d’incendier le camion-élévateur, qui a aussi été examiné par les enquêteurs. Toujours selon les éléments fournis par la procureure jeudi, la vidéosurveillance a "permis de suivre" le parcours des malfaiteurs à Paris et dans des départements limitrophes. Des "images disponibles grâce aux caméras publiques ou privées (autoroutes, banques, entreprises…)" devaient alors encore être à exploiter par les autorités.