Ségolène Royal : « mère de la nation » ou grand-mère de l’État-nounou ?
L’ancienne ambassadrice des Pôles prend les électeurs pour des pingouins. Ségolène Royal vient de faire paraître un ouvrage intitulé Mais qui va garder les enfants ?, ce qui signifie peut-être qu’elle sait écrire. Nous avouons toute honte bue que nous ne l’avons pas lu et que nous ne le lirons pas, les articles parus dans la presse suffisant à satisfaire notre curiosité.
Selon Le Figaro (28 octobre 2025), la notion centrale utilisée par l’inventrice de la « bravitude » est la « dette générationnelle » qui se décline tous azimuts : dettes démocratique, financière, éducative, écologique, sanitaire, sociale. Mais la notion qui a retenu notre attention est autre. Comment gouverner ? C’est là où le titre de l’ouvrage, en apparence surprenant, s’éclaire. Il conviendrait, rapporte le quotidien, de gouverner le peuple… de la même manière qu’on éduque un enfant. « Présider, c’est aimer, écouter, dialoguer. Comme une mère aime ses enfants », avance Ségolène Royal. Et d’ajouter : « les qualités que l’on prête à l’amour maternel -vigilance, patience, constance, exigence- sont précisément celles que les citoyens inquiets attendent de leurs dirigeants ».
Pourquoi opère-t-elle cette comparaison ? Mais parce que la maternité, on allait dire : le matriarcat, s’oppose au « virilisme toxique ». « Il est peut-être temps d’avoir une mère de la nation ! », conclut-elle.
A vrai dire, la notion de « mère de la nation » n’est pas nouvelle sous sa plume ou dans sa bouche puisqu’elle l’utilisait déjà en 2013 lorsqu’elle était une inoubliable ministre de l’Ecologie (« Ségolène Royal, mère de la nation », Paris Match, 7 février 2015). Mais la candidate permanente à la candidature du PS à l’élection présidentielle (Le Figaro, 21 juillet 2025) s’est-elle relue ? Sa condescendance à la sauce féministe est stupéfiante. Non, Madame Royal, nous n’avons pas besoin de « dirigeants » qui, du haut de leur suffisance et de leur insuffisance, prennent les citoyens pour des mineurs !
Mais, tout bien considéré, la sortie de l’ancienne ministre peut se comprendre. D’abord parce qu’elle a activement participé depuis les années 1990 à l’État-nounou le plus pesant de l’univers. Ensuite parce qu’elle est l’héritière d’une conception monarchiste du pouvoir, à des années-lumière des valeurs démocratiques dont elle s’enorgueillit. Ségolène, c’est vraiment Royal !
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