Un Français sur dix dépend des minima sociaux
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé vient de publier son ouvrage annuel « Minima sociaux et prestations de solidarité ». Dans cette édition 2025 de près de 330 pages, on apprend que le nombre d’allocataires des minima sociaux a augmenté de 1,3% en 2024, pour atteindre 4,25 millions. En incluant les conjoints et les enfants à charge, 6,9 millions de personnes sont couvertes par les minima sociaux, soit une personne sur dix en France métropolitaine. Pour un coût de 33,3 milliards d’euros (Md€), en hausse de 3,2% par rapport à 2023 (en euros constants, c’est-à-dire en neutralisant l’effet de l’inflation).
Une douzaine d’aides sont englobées dans les « minima sociaux », mais quatre représentent 96% des allocations versées : le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation aux adultes handicapés (AAH), le minimum vieillesse et enfin l’allocation de solidarité spécifique (ASS)versée par France Travail aux personnes dont les droits arrivent à terme et dont les ressources ne dépassent pas un certain plafond. Alors que les bénéficiaires du RSA baissent légèrement (-0,5%), tous les autres augmentent dans des proportions importantes : +4,3% pour le minimum vieillesse, +4,7% pour l’ASS et +3,3% pour l’AAH (après +4,5% en 2023).
La Drees met en avant le fait que les prestations sociales représentent 37% du revenu disponible des ménages pauvres. Jointes à la fiscalité directe, elles diminuent le taux de pauvreté de 6,9 points. Aujourd’hui, 14,4% de la population métropolitaine est considérée comme pauvre (9,1 millions de personnes), contre 21,3% (13,5 millions) qui le seraient si ces prestations et les impôts directs n’existaient pas.
Que l’on s’en réjouisse ou s’en désole, cette redistribution importante des revenus ne doit pas empêcher de s’interroger sur l’augmentation continue des allocataires. Que 10% de la population émarge aux minima sociaux devrait interpeller tous nos élus sur la pertinence de notre modèle économique et social. Car les bénéficiaires de ces minima sociaux ont augmenté de près de 50% depuis 1990 où ils étaient moins de 2,9 millions.
Les recettes appliquées jusqu’à maintenant ne font que nous appauvrir. Il faut en changer et prendre l’exact contrepied de ce que proposent nos députés depuis des semaines, c’est-à-dire réformer l’État, baisser massivement les dépenses publiques et remettre à plat la fiscalité.
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