L’agriculture française doit faire sa révolution
Lors de sa convention annuelle, le groupe InVivo – un des leaders français de l’agroalimentaire avec 15.000 collaborateurs et 11,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires – a dévoilé une étude menée avec d’autres grands acteurs du monde agricole (Sofiproteol, Unigrains et Crédit agricole) sur l’avenir de l’agriculture à l’horizon 2050.
Car si le secteur reste une « source de création de valeur majeure », il ne cesse de s’affaiblir. Comme le note InVivo, pour la première fois depuis 1978 la balance agricole française pourrait être déficitaire en 2025 ; les coûts de production ont augmenté de 25% en cinq ans ; les rendements baissent en raison des aléas climatiques. Parallèlement, comme l’a souligné Contrepoints, le revenu agricole par unité de travail a chuté de plus de 19% en 2024.
Pour maintenir la performance de l’agriculture française, l’étude a identifié quatre catégories de leviers : diversification des assolements, mise en œuvre de nouvelles pratiques culturales, utilisation accrue des technologies, mobilisation de leviers économiques et organisationnels (photovoltaïque sur les bâtiments, réintroduction de modèles de polyculture-élevage, etc.).
Combinés et déployés de manière systématique, ces leviers garantissent, selon l’étude, « la résilience de la Ferme France à l’horizon 2050 et sont finançables sur 15-20 ans ». Réjouissons-nous de constater que tout n’est pas perdu pour l’agriculture française et que des acteurs majeurs comme les commanditaires de l’étude y croient encore.
Cependant, nous nous étonnons que n’ait pas été évoquées ouvertement la réglementation et la fiscalité qui sont, tout de même, des freins majeurs au développement du secteur agricole et agroalimentaire. Par exemple, l’autorisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des nouvelles techniques génomiques (NGT) apporterait d’énormes progrès.
Nous avons évoqué dernièrement la suppression de 1000 normes sur le vin en Argentine. Dans le même temps, en France, le Conseil d’État interdisait d’afficher la mention « Sud de France » sur les étiquettes des vins de la région Occitanie. Cela était de « nature à induire le consommateur en erreur sur la qualité ou la provenance du produit » en faisant référence à un espace géographique indéfini !
Certes l’agriculture a besoin de se transformer pour faire face aux nouveaux défis du siècle. Encore faut-il que les agriculteurs ne se tirent pas eux-mêmes une balle dans le pied, par exemple en s’en prenant à leurs collègues qui osent aller de l’avant (ferme des 1000 vaches par exemple). Ou en demandant d’être protégés « quoi qu’il en coûte » par l’interventionnisme étatique. Comme tous les secteurs économiques, l’agriculture a surtout besoin d’être libérée.
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