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"J'avais peur de devenir une cible" : sous Donald Trump, l'exil des chercheurs américains en Europe

En octobre dernier, Peter* a glissé sa fameuse Green card dans une enveloppe, et l’a renvoyée aux autorités américaines par la poste. Par ce geste, hautement symbolique, cet historien d’origine belge a définitivement renoncé à son statut de résident permanent légal aux États-Unis, pays dans lequel il s’était établi en 2015. Après une décennie passée au sein d'une grande université de la côte Est, ce chercheur spécialisé dans l’histoire des sciences et des technologies a préféré s’installer avec sa famille en Allemagne, où il vient de décrocher un contrat d'un an à l'université de Düsseldorf, après avoir obtenu une prestigieuse bourse de recherche par la fondation allemande Alexander von Humboldt.

Cette bourse s'inscrit dans le contexte de la Global Minds Initiative Germany, un programme lancé en juillet dernier par le ministère fédéral de l'Education et de la Recherche afin d’offrir "un refuge sûr pour la liberté académique" à des chercheurs internationaux. Dont de nombreux Américains, plus qu’inquiets des atteintes répétées de l’administration Trump dans le secteur de la recherche. Depuis l’élection du candidat républicain, il y a un an, beaucoup ont été victimes de coupes budgétaires soudaines, d’annulations de leurs bourses, voire de licenciements brutaux. À ce titre, et alors qu'il doit encore finaliser différentes déclarations administratives aux Etats-Unis ou y honorer des voyages de recherches, l'historien préfère rester anonyme, tout comme la majorité de ses collègues interrogés par L'Express. Leur méfiance dit tout du climat anxiogène qui règne outre-Atlantique. "Étant donné la manière dont l'administration actuelle cible toute personne qui la critique, je ne veux pas risquer d'attirer l'attention", justifie Peter.

Depuis la France, Brian Sandberg, professeur d'histoire dans une université du nord des Etats-Unis, abonde. "La liberté d’enseigner est clairement menacée, parfois en application directe des politiques de Donald Trump, parfois par anticipation. Il ne s'agit pas que de coupes budgétaires ou de perturbation de projets en cours, mais aussi de contrôle politisé de la recherche. Dans ce contexte, beaucoup préfèrent rester silencieux", résume-t-il. Sans compter les menaces qui pèsent sur les chercheurs ou étudiants internationaux, qui peuvent rencontrer, selon leur statut, des problèmes de visa. "Beaucoup craignent de se faire expulser", indique le professeur.

Avant de quitter les Etats-Unis, il y a quelques mois, Peter a ainsi observé une mise en place "très rapide et visible" de la politique de Donald Trump. Certains de ses collègues, qui travaillaient sur des sujets de santé mondiale financés par l’Agence des États-Unis pour le développement international [USAID, ciblée par Trump], ont été renvoyés du jour au lendemain. Au sein de son université, qui dépend fortement du financement du gouvernement fédéral, de nombreuses subventions ont été annulées, tandis que certains de ses projets professionnels en partenariat avec des organismes publics ont été menacés.

Dans son quartier, des voisins, employés fédéraux, ont également perdu leur emploi sans réelle justification, victimes des "saignées" voulues par la présidence américaine dans les effectifs des fonctionnaires. "En résumé, il y avait beaucoup de panique et d’anxiété. Non seulement sur le volet financier, mais aussi à propos de la liberté d’expression ou de la censure sur certains sujets comme le genre", liste le chercheur. Qui préfère désormais s'orienter vers de nouvelles opportunités professionnelles en Europe.

Intérêt croissant pour l'Europe

Ces dernières ne devraient pas manquer. En réponse aux difficultés vécues par leurs collègues américains, de nombreuses universités européennes, fondations ou associations de chercheurs ont mis en place, depuis le printemps dernier, différentes initiatives pour les accueillir. En mai, le Conseil européen de la recherche (CER), dépendant de la Commission européenne, a même lancé un nouveau programme de financement dans le cadre de l’initiative "Choose Europe for Science", permettant aux lauréats issus du monde entier d’obtenir de "super-subventions" pouvant atteindre jusqu’à 7 millions d’euros, pour une durée maximale de sept ans - l’appel à candidature devrait être lancé au printemps 2026.

En attendant, le CER indique à L’Express avoir "constaté un intérêt croissant des chercheurs basés aux Etats-Unis" pour candidater à ses subventions déjà existantes, dotées d’un financement supplémentaire d’un million d’euros dans le cadre de "Choose Europe for Science". Entre 2024 et 2025, le nombre de candidatures à ces différentes bourses en provenance des Etats-Unis a ainsi augmenté de près de 120 %. Au niveau local, les universités européennes observent le même type d'engouement. Selon un sondage réalisé fin 2025 par le German Academic Exchange Service (DAAD), qui promeut la coopération universitaire entre l’Allemagne et l’étranger, 67 % des universités allemandes interrogées ont signalé une augmentation de l’intérêt des étudiants américains pour leur établissement, 70 % font état d’une demande en hausse concernant les postes de jeunes chercheurs, et 68 % concernant les postes de professeurs.

Certains organismes constatent par ailleurs une forte augmentation de demandes internationales, hors Etats-Unis. C'est le cas de la fondation Von Humbolt, qui a vu les inscriptions en provenance de la Chine ou de l'Inde s'accélérer. "La situation actuelle a un impact profond sur les projets des chercheurs internationaux. Nous constatons que des universitaires qui auraient auparavant privilégié les Etats-Unis se recentrent désormais sur la possibilité de faire des études en Allemagne ou en Europe", souligne Katrin Amian, secrétaire générale adjointe de l'organisme.

Climat "très anxiogène"

Même bilan en France, où le président d’Aix-Marseille Université (AMU) Eric Berton est encore surpris par "le foisonnement de candidatures américaines" reçues depuis mars dernier. Son établissement est alors le premier en Europe à communiquer sur un programme d’accueil de chercheurs américains, baptisé "Safe place for Science" et doté de 15 millions d’euros financés par la fondation Amidex. "En trois semaines, nous avons reçu 300 candidatures. Puis 300 autres après la clôture de la plateforme", souligne-t-il. Le soir même de la publication du communiqué, un premier chercheur américain a envoyé son dossier. Il travaillait sur la sociologie des populations LGBT+ en Afrique, et était à ce titre "particulièrement ciblé", commente Eric Berton.

Comme lui, tous les candidats entendus par l'AMU sont menacés d'une manière ou d'une autre par des coupes budgétaires, des licenciements, l’effacement total ou partiel de leurs bases de données, ou une certaine pression sur leurs thématiques de recherche - notamment sur le climat, les sciences humaines et sociales, la géographie, l’histoire, l’épidémiologie ou l’aérospatial. Un scientifique de la Nasa a même candidaté, l’agence spatiale ayant un temps été menacée d’être amputée de plus d’un quart de son budget par la Maison-Blanche.

Pour certains, la démarche reste néanmoins lourde à porter. "Plusieurs chercheurs nous ont contactés sur des messageries cryptées, de peur d’être détectés et impactés dans le reste de leur carrière", raconte Eric Berton. L’un des candidats a ainsi envoyé son dossier via l’adresse mail de son épouse, quand un autre est passé par celle de son fils. "Le climat aux Etats-Unis est devenu très anxiogène ces derniers mois. Beaucoup de mes collègues restés sur le territoire craignent que leurs conversations ou leurs échanges de mails ne soient surveillés", commente Alicia*, historienne de l’architecture et de l’art, qui fait partie des candidats américains retenus par l’AMU.

Salaire et avantages

Après 18 ans passés dans une grande université de Californie et une longue hésitation à y garder un temps partiel, la chercheuse a officiellement quitté son poste en 2025. "Ce que j’y ai vécu en 2024 m’a convaincue de partir définitivement", souffle-t-elle, citant pêle-mêle la violence de la campagne présidentielle, la montée en puissance de la désinformation ou du racisme, la peur quotidienne d'une fusillade dans l'école de sa fille, ou encore la répression "brutale" contre des étudiants qui manifestaient pour Gaza au sein de son campus. "Tout cela, couplé au fait que mes projets de recherche pourraient prochainement être menacés… Ça ne m’a vraiment pas donné envie de rester", résume Alicia. À l'AMU, elle s’est vue attribuer un contrat de trois ans, renouvelable une fois pour deux ans, ainsi qu’une bourse de 600 000 euros pour continuer sereinement ses recherches.

Une aide financière importante, qui permet à l'université de rester compétitive face aux salaires américains. "En arrivant en France, certains chercheurs peuvent diviser leur salaire par deux ou trois", précise Denis Bertin, vice-président délégué de la fondation Amidex. Pour combler ce manque à gagner, l’université insiste sur le système social français avantageux, et a travaillé sur un "welcome package" comprenant des aides à l’installation, à l’ouverture de comptes bancaires, à la recherche d’emplois pour les conjoints ou d’écoles internationales pour les enfants.

Malgré cet accompagnement, tous les recrutements ne vont néanmoins pas jusqu’au bout : sept candidats sur 31 ont arrêté le processus à l'AMU, "la majorité du temps pour des raisons familiales ou parce qu’ils avaient reçu d’autres offres très concurrentielles ailleurs en Europe", souligne Denis Bertin. À CentraleSupélec, école d'ingénieur qui a également rejoint le programme "Safe place for Science" avec un budget de trois millions d’euros, le directeur Paul-Henry Cournède confirme que ces installations, parfois délicates, peuvent prendre du temps. "Les discussions, notamment sur le salaire, sont longues. On ne veut pas créer d’inégalités avec les autres chercheurs, et certains ont du mal à s’aligner", souligne-t-il.

Rumeurs et paranoïa

D'autres ont du mal à quitter leur prestigieux poste de titulaire, ou refusent de laisser en plan des projets de recherches très ambitieux. "Certains travaillent depuis quatre ou cinq ans sur leur projet, et pourraient voir le fruit de leurs recherches disparaître s'ils quittaient leur poste", rappelle Julia*, chercheuse en biologie évolutive. Après plusieurs mois passés à la faculté de médecine de Harvard (Massachussetts), cette scientifique d’origine française vient de s’installer en Autriche, où elle a décroché une bourse de recherche APART-USA de quatre ans, pour un montant de 500 000 euros. Ce programme, créé en juillet 2025 par l’Académie autrichienne des sciences dans le but d'attirer des chercheurs américains, a permis la création de 25 postes dédiés dans différentes universités autrichiennes - neuf universitaires se sont déjà installés.

"La bourse finance mon salaire, des conférences, des cours d’allemand, et l’intégralité de mes recherches. L’institut m’a également offert un appartement quand je suis arrivée", résume Julia depuis Vienne. Son expérience américaine garde néanmoins un goût amer. Avant même l'arrivée officielle de Donald Trump au pouvoir, elle témoigne d'un "environnement général instable", rythmé par "beaucoup de rumeurs, de paranoïa par rapport aux coupes budgétaires, à la guerre presque politique entre l’école et Trump". À partir de janvier 2025, la situation se détériore sérieusement. "Pour les chercheurs étrangers, comme moi, il y avait des incertitudes sur la durée des visas. Mais aussi sur le financement, la possibilité de commencer de nouveaux projets... J’avais peur de devenir une cible, tout simplement", ajoute la doctorante, qui ne compte pour le moment pas retourner aux Etats-Unis.

*Les prénoms ont été modifiés.

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