Les locaux français du réseau social X perquisitionnés, Elon Musk bientôt entendu par la justice
Elon Musk sera-t-il coopératif ? Le patron du réseau social X, anciennement Twitter, est convoqué le 20 avril par le parquet de Paris pour des "auditions libres", alors que ses locaux français sont actuellement perquisitionnés pour diverses dérives présumées, a indiqué mardi 3 février la procureure de Paris dans un communiqué.
Outre Elon Musk, Linda Yaccarino, l'ancienne directrice générale de X, et des salariés de la plateforme sont convoqués du 20 au 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoin, "les auditions devant leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées", a poursuivi la magistrate. Et de préciser que le choix de convoquer les protagonistes en "audition libre" reflète l’état d’esprit des enquêteurs : "La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive, dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national", a-t-elle expliqué.
Un danger pour la démocratie
Ces actes d’enquête sont dirigés dans le cadre d’une investigation ouverte début 2025, à la suite notamment des signalements du député macroniste Eric Bothorel et du député socialiste Arthur Delaporte. Ces derniers reprochaient à X une "réduction de la diversité des voix et des opinions", un "manque de clarté quant aux critères qui ont conduit aux changements d’algorithmes et aux décisions de modération", ou encore des "interventions personnelles d’Elon Musk dans la gestion de sa plate-forme". Pour ces élus, le réseau social s’éloignait ainsi de l'objectif de "garantir un environnement sûr et respectueux à tous", et représentait par conséquent "un véritable danger et une menace pour nos démocraties".
La plate-forme est également dans le collimateur de la justice française à cause de son intelligence artificielle Grok, qui a nié, fin 2025, dans un post vu en France près d’un million de fois, la finalité criminelle des chambres à gaz, une "contestation de crime contre l’Humanité" punie par la loi française. Le logiciel est également accusé d'avoir "conduit à la diffusion de deepfakes à caractère sexuel", si bien que la liste des infractions pénales portées par les investigations du parquet se soit élargie à la "complicité de détention d'images de mineurs présentant un caractère pédopornographique".
Des enquêtes contre les géants du numérique
La perquisition en cours dans les locaux français du réseau social est menée avec l’unité nationale cyber de la gendarmerie et en présence d’Europol, l'agence européenne de police criminelle. Si l'entreprise n'a pas commenté cette opération pour l'heure, le patron de X France, Laurent Buanec, avait assuré le 22 janvier 2025 que "X a des règles strictes, claires et publiques visant à protéger la plate-forme des discours de haine", à lutter "contre la désinformation" et que son algorithme était "construit de manière à éviter de proposer des contenus de type haineux".
La justice française n’en est pas à son coup d’essai contre les géants du numérique, sur lesquels la section spécialisée du parquet de Paris s’efforce d’enquêter. Outre Kick, secoué par la mort récente du streamer Jean Pormanove, elle a aussi dans son viseur le fondateur de la messagerie cryptée Telegram, Pavel Durov, soupçonné de ne pas agir contre l’échange de contenus criminels, ou encore des géants asiatiques comme Shein et AliExpress, après l’affaire des poupées sexuelles à l’apparence d’enfants.