Plus d’un demi-million de personnes contraintes de vivre chez des proches faute de toit en France
Ce rapport accablant met en lumière une dégradation continue des indicateurs du mal-logement en France, où 1,1 million de personnes n'ont pas de domicile personnel. Parmi elles, 600 000 se trouvent forcées de vivre chez des proches ou des amis, un phénomène en hausse de 15 % depuis 2013, exacerbé par la pauvreté touchant 15,4 % de la population.
Un mal-logement invisible et croissant
La Fondation pour le logement des défavorisés, anciennement Fondation Abbé Pierre, dénonce dans son rapport annuel une spirale inquiétante après des années d’abandon par l’État. Les coupes budgétaires depuis 2018 ont réduit la part de la richesse nationale allouée au logement, rendant impossible de faire plus avec moins. Résultat : la précarité résidentielle explose, nourrie par les séparations conjugales, le chômage, les emplois précaires et l’immigration.
????️"Je pense que nous sommes nombreux à vouloir construire une société plus apaisée, plus juste, et à ne pas vouloir baisser les bras face à l'inacceptable" @chrstphe_robert.
— Fondation pour le Logement (@Fond_Logement) February 3, 2026
Clap de fin pour le #REML2026 ! Merci à tous les intervenants et participants pour ces échanges… pic.twitter.com/IQqQoj64SG
Parmi les situations les plus préoccupantes, l’hébergement chez un tiers concerne un large spectre : jeunes adultes chez leurs parents, personnes âgées sans lien familial direct, ou migrants en situation irrégulière. En 2020, 590 000 personnes étaient hébergées chez des amis, cousins ou enfants, contre 513 000 en 2013. « On est souvent fatigués, on est 10 dans la maison, des fois c’est compliqué pour dormir, parce que c’est trop petit ou bruyant », témoigne Haviva, une enfant de 6 ans hébergée avec sa mère dans l’Isère.
Cette cohabitation forcée, qualifiée de « solution palliative pénalisante », peut mener à des abus, violences ou pertes d’intimité. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation très marquée à gauche, liste les profils touchés : jeunes sortants de l’aide sociale à l’enfance, exilés, ou personnes en rupture conjugale. Jean-Baptiste Eyraud, du DAL, alerte : c’est « la dernière marche avant la rue ». Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. La députée LFI Anaïs Belouassa Cherifi tweete : « La Fondation pour le logement a publié son rapport annuel 2025 sur l’état du mal-logement en France. Cette année encore, le constat est accablant. 350 000 personnes sont aujourd’hui sans domicile et 912 personnes sont mortes à la rue en 2024. Dans la 7ème puissance mondiale, mourir à la rue n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques ».
La @Fond_Logement a publié son rapport annuel 2025 sur l’état du mal-logement en France.
— Anaïs Belouassa Cherifi (@BelouassaAnais) February 3, 2026
Cette année encore, le constat est accablant. 350 000 personnes sont aujourd’hui sans domicile et 912 personnes sont mortes à la rue en 2024.
Dans la 7ᵉ puissance mondiale, mourir à la… pic.twitter.com/yuVK1PvXgh
De son côté, le ministère de l’Écologie et du Logement répond : « Face à la réalité du mal-logement, l’État agit à la fois dans l’urgence et dans la durée ».
Face à la réalité du mal-logement, l’État agit à la fois dans l’urgence et dans la durée. ???? @VincentJeanbrun@dihal_gouv
— Min. Ecologie Territoire Transports Ville Logement (@Ecologie_Gouv) February 3, 2026
La Fondation appelle à des solutions structurelles : reconnaissance institutionnelle, accompagnement renforcé et actions locales. À l’approche des municipales, elle interpelle les élus pour respecter la loi SRU, lutter contre la précarité énergétique et encadrer les loyers.
L’association, fondée par le controversé abbé Pierre, appelle à la construction de 400 000 logements par an promise par le gouvernement. Sans cette mesure, la crise s’aggravera, touchant 4,2 millions de mal-logés et 12,3 millions de fragilisés.