Foot: Le Paris FC "est sur une dynamique positive", affirme Gaëtane Thiney
Q: Le Paris FC féminin se prépare à jouer deux grands matches, le PSG samedi et le Real Madrid mercredi, des signes que le projet avance ?
R: "Avec la volonté des nouveaux propriétaires de continuer à développer ce projet où la mixité est une valeur forte, avec les garçons montés en Ligue 1, le club est sur une dynamique positive. Le football féminin est aujourd'hui en hyper croissance dans tous les pays d'Europe, il faut que la France prenne le bon virage. Notre masse salariale est incomparable avec les clubs que je vais vous citer, mais nous sommes parmi les huit équipes encore en lice dans toutes les compétitions européennes et nationales, avec des institutions comme Barcelone, Lyon, le Bayern Munich ou Chelsea, et parmi elles nous avons le plus petit budget. Donc nous avons un savoir-faire et un potentiel, c'est très beau ce qu'on fait."
Q: Êtes-vous en train de doubler le PSG ?
R: "C'est l'objectif sportif, mais je mettrais une nuance: nous avons un projet solide, qu'il faut structurer, et amener par petites touches plus de joueuses avec un potentiel international pour que nos jeunes pousses puissent apprendre à leurs côtés. La différence avec le PSG est là: elles ont déjà beaucoup de ces joueuses confirmées. Pour le mercato de cet été, nous sommes à la recherche de profils à la hauteur de notre potentiel financier. Notre pyramide salariale évolue mais sans être à la hauteur de Lyon et du PSG. Mais nous sommes capables d'apporter à la joueuse un développement personnel autour. Je pense qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie et le foot féminin n'est pas le foot masculin en miniature. Nous avons prolongé Clara Matéo, tout comme Melween N'Dongala, une pépite très demandée. Notre projet est solide, une jeune joueuse qui arrive chez nous se retrouve souvent en équipe de France."
Q: Votre nomination comme directrice sportive contribue-t-elle à cette attraction ?
R: "Peut-être, cela montre qu'il y a encore plus de garantie et de solidité pour la suite. Il n'y a pas que la dimension financière, il y a les infrastructures. Aujourd'hui au Paris FC, les joueuses s'entraînent sur un terrain hybride, l'année prochaine elles auront encore de meilleures conditions et l'année d'après ce sera encore mieux. On va structurer aussi toute la partie communication, essayer de devenir une référence pour l'affluence au stade."
Q: C'est vrai que la première fois que vous avez découvert les installations à Orly vous avez versé une larme ?
R: "Oui, et dans le vestiaire aussi. Ça paraît peut-être un peu bisounours, mais j'ai joué 25 ans à haut niveau, j'ai connu les époques avec trois terrains d'entraînement différents dans la semaine et les affaires dans la voiture... Là, voir son propre casier, l'intendance, le linge lavé sur place, les terrains hybrides, c'était un aboutissement qui m'avait rempli d'émotions, parce que des gens comme (le président) Pierre Ferracci ont cru en nous. Et le nouveau propriétaire a aussi envie de lancer une dynamique supplémentaire."
Q: Ferracci dit que vous nommer à ce poste était "une évidence". Avez-vous hésité avec d'autres propositions ?
R: "J'étais déjà cadre technique de la Fédération (FFF), je leur ai proposé de travailler sur un périmètre un peu différent, avec une vision un peu novatrice, une approche de la haute performance féminine différente, mais nous ne sommes pas tombés d'accord. Soit l'institution est trop traditionnelle, soit je suis trop novatrice, on n'a pas trouvé le juste milieu. J'ai eu des sollicitations, notamment aux États-Unis pour un rôle de manager. Mais quand Paris m'a appelée, évidemment c'était le choix numéro un. J'y ai joué 17 ans, c'est mon club de cœur. J'ai été cadre technique pendant 12 ans et j'ai passé toutes mes formations pour être manager. Ce qui m'a séduite au-delà du nom Paris FC, c'est qu'en face de moi j'avais des dirigeants qui me faisaient confiance pour proposer des choses novatrices."
Propos recueillis par Alice LEFEBVRE et Emmanuel BARRANGUET