Remaniement : le ministre de la Fonction publique David Amiel remplace Amélie de Montchalin aux Comptes publics
L'actuel ministre délégué chargé de la Fonction publique, David Amiel, a été nommé à la tête du ministère des Comptes publics en remplacement d'Amélie de Montchalin, a annoncé dimanche l'Elysée.
Amélie de Montchalin quitte de son côté le gouvernement après sa nomination controversée comme Première présidente de la Cour des comptes, poste qu'elle occupera à compter du 23 février. A 40 ans, elle devient ainsi la première femme à occuper le poste de Première présidente de la Cour des comptes, chargée de contrôler les finances publiques du pays.
La nomination d'Amélie de Montchalin fait polémique
Sa nomination, avancée dans la presse ces derniers jours, a suscité de nombreuses critiques dans l'opposition. "Jamais une personne six mois auparavant ministre des Comptes publics n'a donné à l’automne un avis sur le budget qu’elle a elle-même préparé. Difficile d’être davantage juge et partie", a dénoncé mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le député La France insoumise (LFI) Eric Coquerel.
La présidente du groupe Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a fustigé sur X "une énième preuve de la dérive illibérale d’un régime agonisant, prêt à toutes les transgressions éthiques pour placer ses fidèles et perturber la future alternance démocratique".
"Nommer une ministre en exercice à la tête de la Cour des comptes, c’est transformer une autorité de contrôle en annexe du pouvoir", ont dénoncé de leur côté les Républicains (LR) sur X mardi. "Comment croire à l’impartialité d’une institution chargée de juger un budget conçu par celle qui la dirige ?", ont-ils ajouté.
La porte-parole du gouvernement a assuré que sa nomination ne posait "pas de conflit d’intérêts". L'entourage d'Emmanuel Macron a qualifié les critiques visant cette nomination de "totalement infondées" et jugé dangereux que "des partis républicains remettent en cause une prérogative du président".
La suite du remaniement attendra au moins mercredi. Selon les informations du Parisien, l’entourage du Premier ministre indique qu’il "attend de savoir quand sera discutée l’éventuelle motion de censure du Rassemblement national". Le parti, furieux contre la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) récemment dévoilée par l’hôte de Matignon, menace de déposer un texte pour faire chuter le locataire de Matignon. La motion devrait être examinée mercredi au Palais-Bourbon.