Tête de porc devant chez Estrosi: mises en examen et soupçons de manipulation
Une source proche de l'enquête a indiqué à l'AFP vendredi soir qu'il y a une "dimension de manipulation" dans cette affaire, après la diffusion d'informations en ce sens par plusieurs médias, assurant toutefois qu'il était encore impossible de savoir "qui manipule qui".
Deux hommes de nationalité tunisienne avaient été interpellés et placés en garde à vue mercredi après la découverte, fin février, d'une tête de porc "coupée en deux" accompagnée d'une affiche avec une étoile de David et l'insulte "connard" devant le domicile du maire de Nice, qui a à de nombreuses reprises manifesté publiquement son soutien à Israël.
Ils ont été mis en examen pour violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence et placés en détention, a annoncé vendredi soir le procureur de Nice, Damien Martinelli.
Le visionnage de caméras de surveillance a permis de voir "un individu, vêtu de noir et porteur d’un sac cabas, accrocher la tête de porc et l'affiche", et d'identifier un véhicule, évoquant "la possible participation de quatre personnes", avait indiqué plus tôt vendredi le magistrat dans un communiqué.
Le premier mis en cause, localisé à Nice, a été interpellé le 4 mars, soit cinq jours après les faits, alors qu'il était en train de prendre une photo du maire de Nice près d'un restaurant dans le centre-ville.
Il "se présente comme titulaire d'un doctorat en informatique et autoentrepreneur", selon le parquet. Déjà condamné notamment pour vol en réunion, il est titulaire d'un récépissé de demande d'asile.
Le second, en situation irrégulière et interpellé en Seine-et-Marne, a lui été condamné dans des affaires de stupéfiants.
Le procureur de Nice a précisé que "le premier mis en cause contestait toute participation aux faits tandis que le second reconnaissait la participation à certains actes préalables tout en contestant son implication directe et volontaire".
Selon Europe1, un des hommes interpellés dans cette affaire était "en lien étroit avec l'équipe de campagne" du maire sortant, engagé dans une campagne très dure contre son ancien allié devenu ennemi Eric Ciotti, rallié au Rassemblement national, donné en tête dans les sondages.
Le quotidien Nice Matin a de son côté affirmé dans la soirée que "selon des sources proches du dossier, l'exploitation du téléphone portable d'un des mis en cause aurait permis de déceler plus d'une dizaine d'échanges téléphoniques entre celui-ci et une membre du cabinet du maire de Nice".
Sur X, Christian Estrosi a estimé être "victime d'une barbouzerie inédite", expliquant qu'un des mis en cause avait "tenté d'infiltrer (son) entourage et de s'immiscer au sein de (son)équipe de campagne". "Un de mes collaborateurs a été entendu comme témoin", ajoute-t-il.
"S'agit-il d'une mafia organisée ? D'une ingérence en provenance d'un pays étranger ? D'opposants capables du pire ?", s'interroge le maire de Nice.
Plus tôt dans la soirée, son avocat Me Olivier Baratelli avait indiqué à l'AFP qu'il se portait partie civile.