« Morituri », par Yasmina Khadra
Dans « Morituri » le style de Yasmina Khadra est aussi varié que la société d’Alger lors des années 90. L’auteur l’écrivit sous le coup de l’émotion due à des attentats qui le bouleversèrent et dont il ne se remit jamais. Il le reprend en 2025, entremêlant enquêtes policières, témoignages historiques, enrichissements de magnats protégés par une classe dirigeante aveugle à l’islamisme radical montant. Derrière Alger la Blanche se trament de noirs trafics, proxénètes corrompus aux luxueux palaces, qui contrastent avec la misère de certains quartiers et les maigres salaires des fonctionnaires. Des passages plein de poésie sur cette ville brûlante de soleil autant que de mauvaises mœurs alternent avec les répliques insolentes des uns, les menaces des autres et la probité héroïque du commissaire Llob et ses lieutenants appelés à élucider plusieurs crimes, l’assassinat d’Anissa, la mort du directeur de la Banque nationale avant de se lancer dans la disparition de la jeune Sabrine, fille du riche Ghoul Malek.
Il suffit de s’arrêter sur la beauté du titre choisi par l’auteur quand on connaît la traduction latine de sa maxime complète qui laisse derrière elle une tristesse infinie, celle de la mort ou de l’abandon définitif d’un pays bienaimé.
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