Un projet immobilier de 23 logements sur la colline de Boisséjour fait débat dans le Puy-de-Dôme
Prévu sur la colline de Boisséjour, à Ceyrat (Puy-de-Dôme), le projet d’une résidence d’habitation est actuellement suspendu à une procédure auprès du tribunal administratif. Le promoteur immobilier a formulé un recours contre la décision municipale qui lui a retiré son permis de construire.
Le projet en question a été lancé officiellement le 15 novembre 2021, quand la SCI Vural basée à Ceyrat a demandé un permis de construire pour bâtir sur les hauteurs de la rue du Granit une résidence de 23 logements complétée de 46 places de stationnement.
Instruite par les services de Clermont Auvergne Métropole, la demande a reçu un accord tacite qui a rapidement été contesté par la commune de Ceyrat.
Avis défavorable de la mairie« Dès la phase d’instruction du permis de construire, la mairie a émis un avis défavorable au regard du PLU en vigueur, explique la municipalité dans un communiqué. Des pièces complémentaires ont été demandées comme très souvent pendant la phase d’instruction. Cela a eu pour conséquence de prolonger le délai d’instruction. Toutefois, suite à une erreur d’interprétation des services de la métropole relative à la date limite de réponse, le demandeur a bénéficié d’un accord tacite le 27 avril 2022. La commune a immédiatement engagé une procédure de retrait du permis de construire. Un recommandé a été adressé au porteur de projet le 17 juin 2022 l’invitant à modifier son projet. Sans aucune réponse de sa part, madame le maire a signé le 19 juillet 2022 un arrêté de retrait implicite du permis de construire ».
Opposition d'un collectif de riverainsLes membres du collectif Les Plaines, Granit, Bourgailloux ont garé une vingtaine de voitures dans la rue du Granit, dimanche 4 décembre, pour alerter sur les nuisances que pourrait entraîner la construction d’une résidence de 23 logements.Parallèlement à ces démarches de la collectivité, les riverains réunis au sein du collectif Les Plaines, Granit, Bourgailloux ont déposé un recours gracieux en mairie, le 29 juin. Le 4 décembre dernier, ils ont également organisé un rassemblement pour dénoncer les nuisances potentielles : hausse de la circulation, perte d’espaces verts…
Des arguments qui ne tiennent pas pour le promoteurDes arguments que réfute le représentant de la SCI Vural : « La construction projetée se situe au plan local d’urbanisme en zone Ug, c’est-à-dire une zone qui n’est pas uniquement pavillonnaire et où les habitats collectifs sont autorisés. La zone ne présente aucun caractère remarquable ou particulier nécessitant la prise en compte d’une harmonie architecturale ou un intérêt patrimonial quelconque, contrairement à ce que soutient le collectif. La construction [prévue] sera d’une architecture moderne, façade en crépi blanc, menuiseries anthracites et toiture terrasse. De nombreuses constructions environnantes disposent de la même architecture et notamment la maison voisine. Le traitement des espaces verts précise qu’il sera implanté pelouses et arbres, la parcelle ne pouvant être intégralement bétonnée comme l’affirme à tort le collectif. »
Malgré son action en justice, le promoteur affirme « demeurer à l’écoute de la commune et des riverains afin d’aboutir à la réalisation d’un projet immobilier ».
Maud Turcan