Qui est Pierre Soissons, ce photographe tombé amoureux des paysages du Cantal, il y a quarante ans ?
Une brume matinale, une vache salers allongée sur l’herbe, la chaîne des puys, un ruisseau de montagne, un buron, un ciel de nuages, des ambiances tantôt un peu dramatiques, tantôt un peu romantiques… Son regard est devenu sa marque de fabrique.Depuis une quarantaine d’années, Pierre Soissons met magnifiquement en lumière les paysages du Cantal, dont il est tombé amoureux. S’il reconnaît que l’œil du photographe est capital, « mes photos sont sublimées grâce au Cantal ». « Je trouve ce territoire profondément beau, tout simplement », a-t-il expliqué, le vendredi 24 novembre, dans la galerie qu’il a ouverte avec Laurence Adnet, depuis 2016, au cœur d’Aurillac.
Arrivé « un peu par hasard » au début des années 80Au début des années 80, ce Parisien, lassé par le tumulte de la capitale, s’installe en Châtaigneraie cantalienne, « un peu par hasard ». Il ouvre un atelier photos à Montsalvy.
Au début, j’allais peu en montagne, j’étais plutôt attiré vers le sud, l’Aubrac, les Causses, raconte Pierre Soissons. Et puis un jour, j’ai découvert vraiment les monts du Cantal. Et depuis, ça ne m’a pas quitté
De cette passion naît, il y a bientôt trente ans, une petite maison d’édition, Quelque part sur terre…, spécialisée dans les tirages photos, l’édition de cartes postales et de beaux livres de photographies.
À l'origine des premières cartes panoramiques d'AuvergnePierre Soissons est à l’origine de la publication des premières cartes panoramiques d’Auvergne. Un format de cartes postales que le photographe a réalisé pour se diversifier, et qui est depuis longtemps apprécié des Cantaliens et des touristes.
C’était en 1986, Fuji venait tout juste de sortir un appareil spécifique, qui offrait la possibilité de faire des cartes postales panoramiques. Moi, j’ai sauté dessus
Il est le premier. Pas grand monde n’y croit… Succès aidant, il va pourtant vite être copié.
La rencontre avec l'éditrice Laurence AdnetSa rencontre avec Laurence Adnet, éditrice, permettra la publication d’ouvrages photos – plus d’une trentaine à ce jour – dès les années 1990. La maquettiste graphiste et le photographe sortent un premier ouvrage, Cantal, bleu et vert tout à l’envers, une commande de l’Institut des études occitanes.
Plutôt que de se faire éditer chez les autres, on a décidé de se lancer, tous nos ouvrages sont imprimés et reliés en France, on y tient.
L’un de leurs premiers livres Quelque part le Cantal, paru en 1996, montre qu’ils ont eu raison. « Il reste le plus gros tirage de Quelque part sur terre… », confie Laurence Adnet. Réédité à plusieurs reprises, il a aussi connu une deuxième version, en 2011, Quelque part le Cantal, l’autre voyage, avec de nouvelles photos et de nouveaux textes.
Une nouvelle version de Quelque part le Cantal, avec des photos jamais publiéesUne version augmentée de ce beau livre, qui fera un facile et précieux cadeau de Noël, vient de paraître. Rassemblés dans Quelque part le Cantal, un nouveau voyage…, des photos – jamais publiées – de Pierre Soissons, des illustrations de Marie Deschamps et de nouveaux textes de Denis Couderc emmènent le lecteur à la découverte des paysages des petites régions du département comme la Châtaigneraie, la Xaintrie, les monts du Cantal, le Cézallier, la Margeride, ses grands événements comme le Festival de théâtre de rue d’Aurillac, sans oublier les thèmes spécifiques au territoire (les burons, les vaches, la gastronomie, la faune et la flore, les pierres…). Parmi les nouveautés, un chapitre consacré aux Cantaliens célèbres.
Il est également traduit en langue anglaise. Les libraires ont constaté que les jeunes offraient souvent ce petit livre quand ils partaient en voyage scolaire, à l’étranger
En attendant un prochain livre, Pierre Soissons, lui, va continuer à promener sa silhouette sur les flancs du plus grand volcan d’Europe, dont il arpente le massif en long et en large, de bas en haut, au milieu des paysages et des hommes qui habitent ce territoire.
Il y aura encore et toujours des endroits à découvrir. Très souvent, il m’arrive de partir en balade et, au détour d’un bosquet, de tomber sur un nouveau point de vue sur les montagnes que je ne connaissais pas encore
Pratique. Quelque part le Cantal, un nouveau voyage… de Pierre Soissons (photos), Denis Couderc (rédaction) et Marie Deschamps (illustratrice) aux éditions Quelque part sur terre… 192 pages, 26 €.
Emmanuel Tremet