Plus mauvaise attaque de Ligue 1, le Clermont Foot doit réparer sa panne offensive
Il y a finalement une certaine justice à avoir vu Montpellier égaliser en fin de partie après la main - certes involontaire - mais indiscutable d’Ogier (1-1), mercredi soir. Personne ne peut en tenir rigueur au capitaine clermontois, par ailleurs l’un des meilleurs de son équipe avec le gardien Mory Diaw à La Mosson.
Non, pour le Clermont Foot, là où cela cloche vraiment, c’est devant. Qu’on le prenne dans tous les sens, en ciblant pêle-mêle la finition ou l’animation, Clermont connaît là un déficit qui explique beaucoup de ses difficultés actuelles.
Sur les treize rencontres disputées à ce jour après la mise à niveau du calendrier, les hommes de Pascal Gastien en ont vécu près de la moitié (six) sans connaître l’ivresse du but… Un scénario qui aurait pu se répéter à Montpellier sans la frappe de mule de Gonalons (7e).
Nicholson ressemble à l'ile de Clipperton, perdue au milieu du PacifiqueLa délivrance et le point du nul sont venus de la part d’un garçon qui l’avoue lui-même, « fait plus de passes que de frappes ». Car pour le reste, c’est le désert intersidéral, que ce soit en termes d’occasions ou seulement de tirs. Et on ne parle pas des cadrés, à l’image de Cham ou Allevinah, encore à l’ouest dans le dernier geste.
Conscient de ses insuffisances, Clermont est allé chercher Shamar Nicholson comme attaquant de pointe, reléguant Grejohn Kyei sur le banc et jetant Komnen Andric aux oubliettes. Si les qualités du colosse caribéen ne sont surtout pas en cause, il est souvent esseulé, jusqu’à parfois ressembler à l’île de Clipperton perdue au milieu de l’océan Pacifique nord.
Boutobba bientôt titulaire ?Pascal Gastien en a d’ailleurs convenu à chaud à Montpellier, son nouvel arrivant est trop seul « et manque de soutien ». Pourtant, et même si comparaison n’est pas raison, quand il part en sélection, il claque. Depuis son arrivée, il n’a marqué qu’une fois sous le maillot auvergnat, et encore sur penalty (contre Lorient, Ndlr).
Pour sauver sa place en Ligue 1, Clermont va devoir marquer plus pour gagner plus. Des solutions autres existent-elles en interne ? Faut-il attendre une ou deux arrivées au mercato en janvier pour entrevoir la lumière et secouer le cocotier ?
En attendant, et dès ce dimanche (15 heures) à Brest, Clermont va devoir revoir sa copie offensive. Cham est un peu dans le dur, à l’image de sa reprise ratée face à Lecomte devant le but. Allevinah pêche durablement dans la finition. Autre atout qui a disparu des radars clermontois, depuis le départ de Berthommier : les coups de pied arrêtés. Dans ce domaine, ce que soit sur coup franc ou corner, Clermont est le plus souvent… inoffensif.
À Brest, ce dimanche Troisième match en neuf jours pour Clermont qui, après Lens samedi dernier (0-3), Montpellier mercredi (1-1), sera à Brest dimanche (15 heures).
Quid des solutions en interne ? Gastien répète à l’envi que « Boutobba n’est pas loin ». Sa patte technique peut-elle être une solution, lui qui a tenu à flot Niort et beaucoup marqué ? Certes, c’était en L2. Maurer peut-il aussi s’inscrire dans un schéma plus offensif ? Rashani revient et c’est une bonne nouvelle.
Une chose est sûre, Clermont ne peut pas continuer à présenter des bilans offensifs aussi faméliques s’il veut s’en sortir. À La Mosson, les statistiques ont frisé la caricature. Montpellier a tiré 32 fois alors que Clermont ne l’a fait qu'à 5 reprises pour un seul tir cadré et gagnant de près de 35 mètres. Cela ne se terminera pas toujours aussi bien et Diaw ne tiendra pas le mur indéfiniment.
Voilà un défi majeur pour Clermont alors que se présente un mois de décembre copieux : sorties à Brest et Marseille, réceptions de Lille et Rennes. Le but, c’est évidemment d’accrocher le maintien après un départ raté. Cela passe par plus d’occasions et de facto plus de buts…
Le chiffre : 9 C’est le nombre de buts inscrits par Clermont en 13 matches. Et encore, il y a eu trois matches à deux buts (Monaco, Toulouse, Lyon) et sept sans marquer.
Valéry Lefort