Après « l’ambassadeur aux pôles », le « consul aux chiens de traîneau » ?
Il y a quelques années, l’ineffable Ségolène Royal a été nommée « ambassadeur aux pôles » (pardon ambassadeur.i.ce aux pôles) ». De son propre aveu, elle n’y a jamais voyagé, tout en percevant une rémunération publique.
Le ministère des Affaires étrangères vient de charger un de ses diplomates désœuvrés, Jean-Noël Poirier, d’une mission éminemment stratégique : celle de « préfigurer l’ouverture du consulat de France à Nuuk », capitale désormais bien connue du Groenland au-delà des spécialistes du Trivial poursuit et autres routards ou, dans leur version luxueuse, passagers de la compagnie du Ponant. Les agents consulaires ont pour fonction « d’assurer la protection des ressortissants français en difficulté et de leurs intérêts, qu’ils soient résidents ou de passage. »
Le ministère des Affaire étrangères affirme que la présence d’un consulat français au Groenland est une sorte de signal envers Donald Trump : s’il touche au Groenland, il touche aussi à la France. Certes, la situation est assez préoccupante pour que l’on cherche des parades. Néanmoins, il est difficile de retenir quelques réflexions ricanantes. Car enfin, combien la France compte-t-elle de ressortissants dans ce pays à la population modeste (57 000 habitants) ? Six, selon une source ministérielle récente.
Or, l’administration française étant ce qu’elle est, il n’est pas totalement exclu d’imaginer que notre futur consul puisse y développer l’emploi public, notre spécialité inégalée, celle que le monde entier nous envie : recrutement d’un adjoint, d’une secrétaire polyglotte de préférence issue de la « diversité » inuite (sauf qu’il s’agit au Groenland de la presque totalité de la population), d’un chauffeur, d’un ou deux coopérants « en administration ». La recherche de locaux est urgente. Le consulat doit ouvrir le 6 février !
L’administration américaine tremble par avance des répercussions que pourrait avoir le soutien de la France à la culture inuite, que notre futur représentant ne manquera pas d’organiser. Par chance, l’état de nos finances publiques en retardera peut-être la mise en œuvre…
Quant à notre consul, faute de ressortissants, il pourra obtenir le permis moto neige. A moins que, venant d’un pays qui privilégie les « mobilités douces », il ne s’autoproclame « consul aux chiens de traîneau » !
L’article Après « l’ambassadeur aux pôles », le « consul aux chiens de traîneau » ? est apparu en premier sur Contrepoints.