Le gouffre était trop grand : Liverpool écrase un OM fantomatique
Le Vélodrome avait revêtu ses habits de lumière, espérant une de ces soirées européennes irrationnelles dont il a le secret. Il n’a eu droit qu’à un brutal retour à la réalité. Surclassé, dévoré dans l’impact et trahi par ses propres faiblesses, l’Olympique de Marseille a subi la loi d’un Liverpool impitoyable (0-3). Plus qu’une défaite, c’est un constat d’impuissance qui frappe l’OM, relégué à une inquiétante 19e place et désormais contraint à l’exploit en Belgique pour survivre dans cette Ligue des Champions. La marche était trop haute, bien trop haute.
Le pari perdu de De Zerbi, la malice de Szoboszlai
Roberto De Zerbi avait tenté un coup de poker en laissant ses meilleures gâchettes, Paixao et Aubameyang, sur le banc. Un choix qui s’est avéré désastreux. Apathiques et sans idées, les Marseillais ont subi les vagues rouges, ne répondant que par une timide occasion de Gouiri (27e). En face, Liverpool, mené par un Mac Allister patron, a patiemment tissé sa toile. Et au pire moment, juste avant la pause, la sanction est tombée. Dominik Szoboszlai, d’un coup franc vicieux glissé sous un mur marseillais disloqué, trompait la vigilance de Rulli (45e). 0-1. Un coup de massue sur la tête des Phocéens.
On attendait la révolte, on a vu la résignation. La seconde période fut un calvaire pour l’arrière-garde olympienne, assiégée par les assauts de Wirtz et Ekitike. Si l’OM a survécu un temps, il a fini par craquer sur une action symbole de sa faillite. Le Néerlandais Jeremie Frimpong, intenable, a mystifié Igor Paixão – éliminé avec une facilité déconcertante – avant de centrer fort. Malheureux, Gerónimo Rulli déviait le cuir dans ses propres filets (2-0). Un but gag pour sceller une prestation indigne.
Dos au mur à Bruges
L’OM était K.O., mais Liverpool voulait l’achever. Dans une fin de match aux allures de porte ouverte, où les Marseillais avaient déserté les tâches défensives, Cody Gakpo profitait des boulevards pour inscrire le troisième but dans les arrêts de jeu (91e). 0-3. La messe était dite. Les 3 300 supporters des Reds pouvaient chanter, couvrant les murmures de dépit d’un Vélodrome désabusé.
Cette soirée est à oublier, mais les conséquences, elles, restent. L’OM a mesuré le gouffre qui le sépare encore du gratin européen. Contrairement à ses défaites encourageantes contre l’Atalanta ou le Sporting, cette copie-là est raturée de partout. Désormais maîtres de leur destin mais sans filet, les Marseillais joueront leur survie européenne lors de la dernière journée face au Club Bruges. Il faudra montrer un tout autre visage, sous peine de voir l’aventure s’arrêter net.