Regragui claque la porte du Maroc
Il était le héros de tout un peuple, l’architecte du plus grand exploit de l’histoire du football africain. En menant le Maroc en demi-finale de la Coupe du Monde 2022, Walid Regragui était devenu intouchable, une icône nationale. Mais le football a la mémoire courte, et l’état de grâce n’est jamais éternel. La cruelle défaite en finale de la CAN à domicile face au Sénégal a tout balayé. La pression est devenue insoutenable. Le point de rupture a été atteint.
L’ingratitude marocaine, Regragui s’en va
Le couperet est tombé. Selon les informations de Foot Mercato, Walid Regragui a présenté sa démission à la Fédération Royale Marocaine de Football. Une décision forte, qui n’est pas une surprise tant le climat s’était alourdi ces dernières semaines. Le technicien, qui sentait son crédit s’effriter, aurait décidé de prendre les devants. Des touches avec des clubs saoudiens, qui lui font les yeux doux depuis plusieurs mois, auraient également pesé dans sa décision.
Cette issue semblait inévitable. Malgré un bilan objectivement exceptionnel, le sélectionneur a été la cible de critiques de plus en plus virulentes. Le souvenir de l’épopée qatarie s’est estompé, laissant place au traumatisme de cette finale perdue à Rabat. Pour une partie de l’opinion publique, le verdict était sans appel : après l’échec de la CAN 2023, c’était la deuxième contre-performance de rang dans la compétition continentale. Le jeu jugé trop frileux et la dépendance aux héros de 2022 ont fini par lasser.
Poussé dehors par la pression populaire
Plutôt que de s’accrocher à son poste et de faire face à des appels au départ incessants, Walid Regragui a choisi de jeter l’éponge. Il reste fidèle à la ligne qu’il s’était lui-même fixée avant la compétition, lorsqu’il avait conditionné son avenir à un sacre continental. L’homme a tenu parole. Il a été poussé dehors par une pression populaire devenue irrespirable, et par le sentiment que son cycle touchait à sa fin.
Reste désormais à savoir si la FRMF acceptera cette démission. Le faire à quelques mois d’une Coupe du Monde serait un pari risqué. Mais le mal semble fait. Il restera de cette histoire le sentiment d’un immense gâchis et d’une certaine ingratitude envers l’entraîneur qui a placé le Maroc sur le toit du monde. Le héros s’en va, et le football marocain entre dans une nouvelle ère d’incertitude.