La chanteuse belge Helena, le succès en toute simplicité
La chanteuse de 23 ans fait partie des artistes les plus nommés aux Victoires de la musique, qui se tiendront vendredi. Elle est citée dans quatre catégories: révélation féminine, révélation scène, album de l’année et chanson originale pour "Mauvais garçon".
Son premier opus, sorti en mars 2025, est à son image: grimace sur la pochette et surnom en titre, "Hélé" distille dans ses ballades pop les tranches de vie d’une jeune femme de son époque.
"Pour écrire des chansons, j'ai besoin de vivre une vie normale", confie à l’AFP l’ancienne pensionnaire du château de Dammarie-les-Lys, passée en deux ans d’étudiante à personnalité de la nouvelle scène francophone.
Membre de la promo 2023-2024 de la Star Academy, la demi-finaliste s'est inclinée face au futur vainqueur, Pierre Garnier. Les deux amis suivent désormais chacun une trajectoire ascendante.
Avec "Mauvais garçon", récit d'une relation toxique, "Summer Body", qui s'érige contre les diktats planant encore sur le corps des femmes, ou "Capuche" pour dénoncer le harcèlement de rue, ses paroles rencontrent un large écho.
"J'ai rapidement compris qu'à travers ma musique, ce qui était le plus important pour moi, c'était de faire passer de jolis messages, avec toujours beaucoup d'espoir dans chacune de mes chansons. J'ai envie que les gens écoutent ma musique peut-être en pleurant, mais qu'à la fin, ils aient le sourire", explique-t-elle.
Malgré le succès, elle avance encore à tâtons. "Le plus dur à faire, c'est d'accepter de tomber, de faire des erreurs, mais c'est ça aussi qui me permet de me sentir en connexion avec moi-même, avec mon métier. Si j'étais parfaite, ce serait pas drôle", sourit Helena.
L'artiste, qui a déjà fait face au harcèlement scolaire, doit affronter certains commentaires négatifs voire grossophobes qui fleurissent sur les réseaux sociaux.
Dans cette nouvelle vie médiatique, "la meilleure manière de m'en sortir c'est d'être bien entourée, professionnellement et personnellement, d'avoir mes amis, ma famille autour de moi", souligne-t-elle, ravie de conserver une "déconnexion du monde de la musique" auprès de ses "meilleures copines".
"Pas starifiée"
Originaire de Braine-l’Alleud, au sud de Bruxelles, Helena estime être née "dans la bonne famille".
Ses parents ont la primeur de ses nouveautés, son grand frère et sa belle-sœur l’accompagnent dans son projet artistique. "Avec mon frère on a 14 ans d'écart, on n'a pas joué ensemble quand on était petits, et là on s'est rassemblés sur mon projet", s’enthousiasme-t-elle.
Avec son style vestimentaire souvent décontracté – source de tendances sur les réseaux -, Helena se définit comme "une jeune fille qui découvre la vie, le monde du travail aussi", en restant "très loin de la pop star".
Signée chez Sony, elle a embrayé sur une grande tournée à travers la France, choisissant là encore de tisser un lien avec son public intergénérationnel.
"J’adore le fait que les gens puissent s'identifier, que je ne sois pas starifiée. C'est ce qui permet cette proximité en concert ou quand je rencontre les gens dans la rue", estime Helena, consciente d'être perçue comme "la copine, la fille ou la petite-fille" de certains fans.
"Petite, j'aurais adoré avoir une artiste que j'écoutais au quotidien et me dire que j'aurais pu être elle", songe-t-elle.
Dans l’amour de la chanson française transmis par sa mère, se trouvent surtout "des artistes masculins, qui datent un petit peu", se souvient-elle. Puis "un jour, Angèle est apparue".
L’interprète de "Balance ton quoi", jeune Belge, blonde et pianiste comme elle, agira comme un déclic, ou comme l'autorisation pour Helena d'affirmer sa singularité, tout en demeurant "Hélé".