Visite du président israélien en Australie: le Premier ministre "anéanti" par les violences
Le chef de l'Etat israélien a entamé lundi un déplacement de quatre jours en hommage aux victimes de l'attaque antisémite qui a fait 15 morts en décembre sur la plage de Bondi.
Mais un rassemblement propalestinien a donné lieu à des affrontements dans la soirée lorsque les forces de l'ordre ont tenté d'empêcher les protestataires de sortir de la zone autorisée au cœur de la plus grande ville d'Australie.
"Ce sont vraiment des scènes qui, selon moi, ne devraient pas se produire", a réagi M. Albanese sur une radio locale, se disant "anéanti". "Les gens devraient pouvoir exprimer leurs opinions pacifiquement, mais la police a été très claire sur les itinéraires à suivre pour ceux qui souhaitaient défiler", a-t-il ajouté.
La police a fait état de 27 arrestations, dont 10 pour violences contre les forces de l'ordre.
Elle a été en particulier critiquée à la suite d'une vidéo circulant sur les réseaux sociaux où l'on voit des agents bousculer des hommes musulmans priant près de la mairie de Sydney, où se tenait la manifestation.
Ce rassemblement avait été organisé par le groupe Palestine Action, qui accuse M. Herzog de "génocide" dans la bande de Gaza et demande à ce qu'il fasse l'objet d'une enquête conformément aux engagements internationaux de Canberra.
Si le Conseil exécutif des juifs australiens, la principale organisation représentant la communauté juive, a salué la venue de M. Herzog, le Conseil juif d'Australie, plus libéral, a désavoué cette visite, reprochant au chef d'Etat "la destruction en cours" de la bande de Gaza.
Plus de 70.000 Palestiniens y ont été tués par la campagne militaire israélienne de représailles à l'attaque du 7 octobre 2023, d'après le ministère local de la Santé. L'attaque du 7-Octobre menée par le Hamas, sans précédent en Israël, a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.
Famille des victimes
Le Premier ministre de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a souligné les "circonstances incroyablement difficiles" auxquelles a été confrontée la police.
Non loin des manifestations, a-t-il relevé, M. Herzog participait avec des milliers de personnes à un hommage aux victimes de l'attaque du 14 décembre, la plus meurtrière en Australie en plus de trois décennies.
Mardi matin, le président Herzog a rencontré les élèves d'un établissement juif en banlieue de Sydney. Il doit plus tard s'entretenir avec des familles de victimes, parmi lesquelles figurent un rescapé de la Shoah de 87 ans, un couple ayant tenté d'arrêter l'un des assaillants ou encore une enfant de dix ans.
Sajid Akram et son fils Naveed sont accusés d'avoir ouvert le feu sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur l'emblématique plage de Bondi, en périphérie de Sydney. Le premier a été tué par la police tandis que le second a été inculpé pour crimes terroristes et meurtres.
Selon les autorités, leur attentat était inspiré par l'idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais les deux hommes n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste.
Des manifestants ont appelé à un nouveau rassemblement mardi à 17H30 (06H30 GMT) dans le centre-ville de Sydney contre "les violences policières".