La directrice de la Berlinale défendue par des centaines de professionnels, dont Swinton
Convoquée par le ministre de la Culture Wolfram Weimer, la réunion du conseil de surveillance de la société organisatrice du festival, la KBB, a eu lieu jeudi matin à la chancellerie, a indiqué le ministère sollicité par l'AFP.
"Les discussions sur l'orientation de la Berlinale se poursuivront dans les prochains jours" entre Tricia Tuttle et le conseil de surveillance, indique encore le ministère sans mentionner de décision sur l'avenir de la directrice.
D'après des participants, les discussions, "constructives et ouvertes", ont aussi abordé le sujet des "déclarations hostiles à Israël faites lors de la remise des prix" samedi.
Mercredi, le journal Bild avait affirmé que le ministre voulait limoger Mme Tuttle après les déclarations du réalisateur syro-palestinien Abdullah Al-Khatib qui avait samedi accusé Berlin d'être "complice du génocide commis à Gaza par Israël".
Des acteurs et des réalisateurs se sont empressés de "défendre", dans une lettre ouverte, Tricia Tuttle et "la Berlinale pour ce qu'elle est: un lieu d'échanges".
"Aucune de ces déclarations" tenues lors de la cérémonie "n'émane de la direction du festival, mais de cinéastes invités", soulignent-ils, chérissant un "espace de notre démocratie qu'il faut protéger".
Selon Bild, Tricia Tuttle était aussi menacée pour avoir posé avec l'équipe du film "Chronicles from the Siege", dont certains membres étaient vêtus de keffieh et brandissaient un drapeau palestinien.
"Se laisser photographier avec des invités internationaux fait partie de la pratique d'un tel festival", estiment les près de 700 signataires de la lettre ouverte.
Parmi eux, le réalisateur américain Sean Baker, primé à Cannes et aux Oscars avec Anora, mais aussi l'actrice britannique Tilda Swinton qui avait reçu un Ours d'or d'honneur en 2025.
Tilda Swinton figurait parmi les plus de 80 professionnels qui avaient critiqué dans une autre lettre ouverte le festival, l'accusant de censurer les artistes "qui rejettent le génocide" commis selon eux par Israël à Gaza.
Le débat avait démarré avec le refus du président du jury Wim Wenders de prendre position sur l'attitude de l'Allemagne vis-à-vis d'Israël.
En raison de sa responsabilité historique dans la Shoah, l'Allemagne est l'un des principaux soutiens d'Israël, ce qui lui vaut de nombreuses critiques compte tenu, notamment, de la situation dans la bande de Gaza.